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Essais de longue durée au CÉROM : effet des résidus (5 de 6)


Au Québec, il existe peu d’études de longue durée en cours de réalisation. L’une d’elles s’est amorcée en 2008 sur les terres du CÉROM, à Saint-Mathieu-de-Beloeil, en Montérégie. Dans une série d’articles de blogue, nous présentons les résultats obtenus au cours des dix premières années de l’essai, soit pour la période de 2008 à 2017. Dans le présent article, nous nous attarderons à l’effet de la gestion des résidus de culture, tous systèmes confondus. Les résidus étaient soit laissés à la surface du sol à la suite de la récolte de la culture principale, soit exportés. Les parcelles étaient par la suite labourées ou laissées en semis direct.

Exporter ou intégrer les résidus?

L’exportation ou l’intégration des résidus a eu des impacts significatifs sur les rendements en grains moyens des cultures au cours de trois des dix années de l’essai, soit en 2009, 2010 et 2014.
L’écart relatif le plus important a été observé en 2009. Les rendements moyens respectifs pour l’exportation et l’intégration des résidus de culture ont été de 3 973 et de 3 153 kg/ha, soit un écart de 820 kg/ha, ou de 26 % en valeur relative, en faveur de l’exportation des résidus.

En 2010, l’exportation des résidus s’est encore traduite par une augmentation des rendements moyens des cultures. En effet, les rendements moyens des cultures ont été de 6 446 et de 5 236 kg/ha respectivement pour l’exportation et l’intégration des résidus. Cette différence représente un écart de 1 210 kg/ha entre les deux gestions de résidus, ou de 23 % en valeur relative.

L’année 2014 représente la dernière année où nous avons observé des différences significatives entre les deux gestions des résidus de cultures. L’exportation des résidus de culture s’est alors traduite par des rendements moyens de 6 083 kg/ha, comparativement à 5 732 kg/ha lorsque les résidus étaient intégrés dans le système cultural. Cela représente une différence de 351 kg/ha en faveur de l’exportation ou de 6 % en valeur relative des rendements.

Nous n’avons observé aucune différence de rendements en grains entre les deux gestions des résidus au cours des trois dernières années expérimentales, de 2015 à 2017.

Sommaire de l’effet « gestion des résidus »

Au cours des dix premières années de l’essai, la gestion des résidus a donc eu des effets significatifs sur les rendements en grains à trois occasions. Lors de ces trois occasions, c’est l’exportation des résidus qui permettait d’obtenir de meilleurs rendements en grains.

Tous ces effets significatifs ont été observés au cours des sept premières années de l’implantation de l’essai. Il faut souligner ici que deux des sept premières années d’implantation (2011 et 2014) ont été marquées par des conditions générales qui ont été particulièrement difficiles pour le développement et la croissance du maïs-grain. Au cours des trois dernières années, soit de 2015 à 2017, nous n’avons toutefois observé aucun effet significatif de l’exportation ou de l’intégration des résidus sur les rendements en grains. Cette dernière observation pourrait laisser supposer que les systèmes en place auraient atteint un certain équilibre.

Tout ne se limite pas aux seuls rendements, bien sûr. L’intégration des résidus permet aussi de retourner au sol tout le carbone fixé par la plante et contenu dans les résidus de culture. Cette intégration des résidus permet de séquestrer le carbone et de lutter ainsi contre les changements climatiques. En plus du carbone, tous les autres éléments minéraux contenus dans les résidus retournent aussi au sol et contribuent au pool de la matière organique ainsi qu’au bilan de l’azote du sol. Ce retour des éléments minéraux au sol permet ainsi de conserver la fertilité des sols à moyen et à long terme. Au printemps 2015, nous avons échantillonné toutes les parcelles et avons analysé les contenus en éléments chimiques dans trois horizons des 20 premiers centimètres du sol. Nous avons observé très peu de différence des teneurs en éléments nutritifs des sols entre les deux gestions des résidus à la suite des sept premières années de l’essai.

Jusqu’à présent, notre analyse des données s’est limitée à l’effet des quatre facteurs principaux de l’étude : régie, rotation, fertilisation et résidus. Dans notre prochain et dernier article, nous aborderons l’importance de tenir aussi pour compte les interactions possibles entre ces quatre grands facteurs.

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Organisation : Direction régionale de la Montérégie-Est du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation
Collaborateur(s) : Marie Bipfubusa, Ph. D., chercheure en régie des cultures au CÉROM
Date de publication : 03 août 2020
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