Ajouté à Mes favoris.

Logo Agri-Réseau
S'informerLe savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire
Logo Agri-Réseau
S'informerLe savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire

S'informer

Le savoir et l'expertise du réseau agricole et agroalimentaire

Chargement en cours

Filtrer la recherche
  • Sujet(s) :
  • Production(s) :

Votre trousse « Résistance des mauvaises herbes » pour 2019

Image Agri-Réseau

Ce billet a été rédigé par un groupe de travail composé de Brigitte Duval (MAPAQ), Sandra Flores-Mejia (CÉROM), Annie Marcoux (MAPAQ), Stéphanie Mathieu (MAPAQ) et David Miville (MAPAQ).

Les mauvaises herbes résistantes aux herbicides sont de plus en plus présentes dans les champs du Québec. Si vous soupçonnez un cas de résistance dans vos champs, la première chose à faire est de confirmer le diagnostic. Comment procéder? Voici les étapes à suivre et les références utiles.

Est-ce qu’il s’agit bien d’un cas de résistance?

Avant de procéder à des tests pour la résistance, il est important de vérifier si d’autres facteurs pourraient avoir nui au contrôle de la mauvaise herbe (traitement effectué au mauvais stade de croissance de la mauvaise herbe, conditions météo non favorables, erreur de produit, herbicide non homologué contre la mauvaise herbe, etc.). L’élimination des facteurs mentionnés précédemment et la présence des éléments suivants renforcent l’hypothèse de la résistance :
  • Seule une espèce de mauvaise herbe a survécu au traitement
  • Le patron de distribution de la mauvaise herbe est aléatoire
  • Dans cette population de mauvaise herbe, le niveau de dommages dus à l’herbicide varie d’une plante à l’autre
  • Le même problème a été observé au cours des dernières années dans ce champ lorsque des herbicides du même groupe ont été utilisés
  • Des herbicides du même groupe ont été utilisés à répétition, année après année, dans ce champ
Si un fort soupçon de résistance persiste, deux types de tests peuvent être réalisés. Ils sont offerts gratuitement en 2019.

Tests moléculaires

Le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ offre gratuitement en 2019 le service de détection moléculaire de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides. Les tests moléculaires1 sont disponibles seulement pour certaines espèces de mauvaises herbes et certains groupes d’herbicides : amarante tuberculée (glyphosate et groupes 2 et 14), amarante à racines rouges (groupe 2), amarante de Powell (groupe 2), canola (glyphosate), chénopode blanc (groupe 5), digitaire sanguine (groupe 1), morelle noire de l’Est (groupe 2), moutarde des oiseaux (glyphosate), petite herbe à poux (groupes 2, 5 et 7), sétaire géante (groupe 2), stellaire moyenne (groupe 2), vergerette du Canada (glyphosate). Le LEDP offre aussi le service de différenciation des espèces de Brassica (ex. : canola, moutarde des oiseaux, moutarde des champs) et des espèces d’amarantes (9 espèces).

L’échantillon doit être composé d’une dizaine de feuilles (1 feuille par plante) ou d’une dizaine de plantules complètes. Il est important que les feuilles échantillonnées soient encore vertes (pas de feuilles mortes) et qu’elles soient maintenues au frais. Pour ce faire, on peut les mettre dans un sac de plastique (rempli d’air pour éviter qu’elles ne soient écrasées pendant le transport) et ensuite dans une glacière ou au réfrigérateur jusqu’à l’envoi par courrier rapide. S’il fait très chaud, on peut ajouter une bouteille d’eau congelée (bien vissée) pour le transport. L’échantillon doit être envoyé rapidement au LEDP. Si l’échantillonnage est fait un vendredi, il faudra le conserver au réfrigérateur et l’envoyer le lundi suivant. Une demande en ligne doit être complétée en cliquant ici. Les coordonnées du LEDP sont indiquées sur le formulaire. Habituellement, les résultats sont envoyés dans un délai d’environ 2 semaines. Par contre, cela pourrait être plus long si les résultats doivent être validés par d’autres tests.

Par rapport aux tests classiques, les tests moléculaires comportent plusieurs avantages : (1) ces tests peuvent être effectués dès le stade plantule de la mauvaise herbe, donc dès le printemps; (2) le délai de réponse est très rapide. Cela permet de planifier ou d’ajuster votre stratégie de désherbage à l’intérieur de la présente saison de culture, alors que les tests classiques ne donnent des résultats que pour l’année de culture suivante.

Pour plus d’informations sur les tests moléculaires du LEDP, cliquez ici.

Tests classiques

Les tests classiques sont effectués dans deux situations : (1) le test moléculaire n’est pas disponible pour l’espèce et/ou le groupe d’herbicide visé; (2) le test moléculaire ne détecte pas de résistance, mais d’autres mutations ou mécanismes de résistance sont possibles. Les mauvaises herbes développent de la résistance par différentes mutations génétiques ou autres mécanismes (ex. : surexpression d’un gène, résistance métabolique, etc.). Un test moléculaire est spécifique et ne cible qu’une mutation ou un mécanisme en particulier. Il est donc possible que certaines analyses moléculaires ne soient pas en mesure de détecter certaines mutations ou mécanismes. Ainsi, malgré que le test moléculaire soit négatif, la mauvaise herbe peut quand même être résistante à l’herbicide.

Le test classique permet de détecter tout type de résistance puisqu’il consiste à faire pousser les mauvaises herbes à partir de graines matures et d’appliquer le ou les herbicides sur les plantules pour vérifier leur réaction au traitement. Contrairement à la croyance populaire, il est souvent difficile de faire pousser des graines de mauvaises herbes en laboratoire, car ceci nécessite de lever la dormance des graines. Plusieurs semaines de travail sont donc nécessaires à la réalisation des tests et les résultats sont habituellement envoyés au tout début du printemps.

Les échantillons de graines pour les tests classiques doivent être envoyés au LEDP au plus tard le 29 novembre 2019. Par la suite, les tests seront effectués au CÉROM pendant l’hiver. Un échantillon pour le test classique est constitué de graines matures. Elles doivent être récoltées sur au moins 40 plantes ayant survécu au traitement et représentatives de la zone infestée. Les graines matures sont dures et se détachent facilement de la plante. L’échantillon doit contenir au moins 1 000 graines et doit remplir un contenant d’environ 500 ml. On doit placer les graines dans un sac de papier bien identifié et en retirer le plus possible les débris végétaux. Avant l’envoi au LEDP, le sac doit être conservé au sec, à température ambiante afin d’éviter la formation de moisissures.

Pour les détails sur la méthode d’échantillonnage des graines et pour les particularités liées à certaines plantes (ex. : morelle noire de l’Est), cliquez ici.

Informations importantes à envoyer avec l’échantillon

Peu importe le type de test réalisé, certains compléments d’information sont d’une grande importance pour fins d’identification, d’interprétation des résultats, etc. Ces renseignements devraient être envoyés par courriel au LEDP :
  • Des photos de la mauvaise herbe et de son environnement
  • Le ou les points GPS indiquant l’emplacement des mauvaises herbes (ex. : pour retourner y récolter des graines matures plus tard en saison, au besoin, et pour tracer un portrait de la résistance au Québec)
  • L’historique du champ pour les 5 dernières années, incluant les cultures et les traitements herbicides effectués
  • D’autres informations jugées pertinentes.
Les résultats de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides sont compilés à des fins de statistiques provinciales. La confidentialité des entreprises agricoles concernées est assurée en tout temps.

Mesures de biosécurité

Certaines entreprises agricoles sont aux prises avec un problème de mauvaises herbes résistantes, non à cause d’une mauvaise gestion des herbicides, mais dû à une contamination des champs avec des graines de mauvaises herbes résistantes. Lors des visites au champ, des déplacements de machinerie, etc., il est donc important d’adopter certaines mesures de biosécurité telle que le nettoyage des bottes. Pour plus de détails, consultez la Trousse d’information sur la biosécurité dans le secteur des grains.

Pour en savoir plus

Le CÉROM propose une affiche qui regroupe plusieurs liens vers les informations utiles pour la détection et la gestion de la résistance des mauvaises herbes (cliquez ici). Vous pouvez également consulter le site web « Gérez la résistance maintenant », une plateforme créée par CropLife Canada pour aider à minimiser l’émergence de populations de mauvaises herbes, d’insectes et d’agents pathogènes résistants aux pesticides.

Vous pouvez aussi visionner une vidéo de la Coordination services-conseils sur le dépistage des mauvaises herbes résistantes en cliquant ici. Pour visionner une vidéo détaillée de la série Resistance management school (en anglais) sur l’échantillonnage de graines matures de différentes espèces de mauvaises herbes, cliquez ici.

Une enquête sur la résistance au glyphosate aura lieu encore cette année en Montérégie, dans le Centre-du-Québec et dans Lanaudière. Les cinq espèces de mauvaises herbes suivantes sont ciblées : amarante tuberculée, moutarde des oiseaux, petite herbe à poux, grande herbe à poux et vergerette du Canada. Si vous suspectez de la résistance au glyphosate chez l’une de ces espèces de mauvaise herbe et que vous désirez participer au projet, contactez la responsable du projet, Marie-Édith Cuerrier.

Les résultats à jour de détection des mauvaises herbes résistantes ainsi que la liste des mauvaises herbes confirmées résistantes au Québec sont disponibles sur le site web du CÉROM (cliquez ici). Les résultats de la saison 2018 seront publiés au cours du mois de juin 2019 sur le même site ainsi que sur Agri-Réseau.

Rappelons que de vérifier la présence de mauvaises herbes résistantes aux herbicides afin d’éviter les arrosages inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable!

1 « Technologie sous licence d’Agriculture et Agroalimentaire Canada »
 
Commentaires (0)
Me connecter

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Collaborateur(s) : Sandra Flores-Mejia (CÉROM), Annie Marcoux (MAPAQ), Stéphanie Mathieu (MAPAQ) et David Miville (MAPAQ)
Date de publication : 13 juin 2019