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« Mieux vaut prévenir que guérir » : bonnes pratiques culturales pour prévenir la résistance dans le canola et des céréales à paille

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En 2024, le LEDP a confirmé l’identification de quinze espèces de mauvaises herbes ayant montré une résistance à un ou plusieurs groupes d’herbicides au Québec. Pour enrayer le phénomène, la « boîte à outils » de la gestion intégrée des mauvaises herbes (GIMH) vous offre plusieurs solutions. 
 
Culture de couverture de trèfle rouge en intercalaire dans du blé (photos : Anne Weill)

Culture de couverture de trèfle rouge en intercalaire dans du blé

Anne Weill


Outil no 1 : la biosécurité
Les bonnes pratiques de biosécurité permettent d’éviter une contamination venant de l'extérieur de la ferme, ou entre champs d’une même ferme. Toute entreprise agricole devrait établir sa stratégie de biosécurité. Nettoyer la machinerie avant le déplacement entre champs ou entre entreprises (incluant les forfaitaires) prévient la dissémination des semences de mauvaises herbes — et donc de la résistance. Identifier toutes les sources potentielles de graines résistantes pour les éliminer : des semences non certifiées ou du fumier contaminé par exemple. Si on sait qu’un champ contient une mauvaise herbe résistante, c’est celui qui devra être récolté en dernier. 

Outil no 2 : le dépistage 
La recommandation est d'appliquer systématiquement un plan de dépistage par champ. On consigne les mauvaises herbes identifiées et leur densité dans un registre. Ceci permet d’avoir des données objectives pour justifier la stratégie à adopter : un traitement herbicide… ou d’autres solutions (voir ci-dessous). Après une intervention chimique, il est important de dépister les plantes survivantes. Suivant l’évaluation complète des facteurs qui pourraient avoir nui au traitement herbicide, en cas de soupçon, prélever des échantillons de plantes survivantes et les envoyer au LEDP afin de détecter la présence de résistance. Une résistance supposée ou confirmée implique de modifier les pratiques culturales pour concurrencer efficacement la mauvaise herbe. 

Outil no 3 : la diversification et la compétition  

Diversifier le couvert végétal
Une rotation de cultures variée crée un contexte différent chaque année pour les mauvaises herbes. L’ajout d’une année d’engrais vert (comme le millet japonais) ou de culture fourragère (ray-grass italien, luzerne) offre des choix intéressants. Les céréales d’automne (blé et seigle d’automne, triticale, épeautre) sont aussi un atout grâce à leur capacité de compétition. Elles peuvent être semées au plus vite après la récolte d’une culture de printemps. Elles couvrent le sol à l’automne et leur croissance rapide au printemps empêche plusieurs espèces de mauvaises herbes de s’établir. Elles permettent souvent de réduire l’utilisation d’herbicides et justifient le choix de groupes différents. 

Les cultures de couverture ou les engrais verts, implantés dans la culture principale ou après celle-ci, exercent une compétition directe aux mauvaises herbes tout en améliorant les propriétés du sol. Différentes stratégies existent. À la dérobée, on sème la culture de couverture juste après une récolte d’automne pas trop tardive. Ce peut être par ex. un mélange de féverole, pois et radis fourragers, trèfle rouge et ray-grass. Une céréale d’automne peut être implantée avec une culture de couverture de légumineuses, comme un trèfle en intercalaire ou un pois fourrager. Les plantes intercalaires offrent plus qu'un couvert du sol : il a été démontré qu’un précédent cultural d’orge, avec un engrais vert en intercalaire de trèfles blanc et rouge, augmente le rendement du canola l’année suivante.  Autre possibilité, le seigle et le triticale en culture de couverture après une récolte hâtive assurent un bon couvert et une récupération de l’azote résiduel. Enfin, certaines espèces (crucifères, seigle, etc.) sécrètent des composés allélopathiques : en nuisant au développement d’autres plantes, elles aident à diminuer la banque de semences de mauvaises herbes dans le sol.
 
Culture de couverture de trèfle rouge en intercalaire dans du blé (photos : Anne Weill)

Culture de couverture de trèfle rouge en intercalaire dans du blé

Anne Weill


Diversifier les méthodes de lutte
S’assurer de faire une rotation des groupes d’herbicides reste déterminant dans la lutte chimique : l’utilisation répétée en saison et année après année du même groupe favorise l’apparition de la résistance. En parallèle, opter plus souvent pour les méthodes de désherbage mécanique, qui fonctionnent que les populations de mauvaises herbes soient résistantes ou non! Le hersage en prélevée (faux-semis) détruit la première levée de mauvaises herbes annuelles avant le semis ou la levée de la culture. Le sarclage en postlevée permet d’éliminer les mauvaises herbes dans les entre-rangs d’une culture.  Enfin, le sarclage en postrécolte est utilisé pour contrôler les mauvaises herbes annuelles d’hiver ou les vivaces. D’autres méthodes culturales favorisent l’évitement des herbicides : le semis plus dense, pour une meilleure compétition contre les mauvaises herbes sur le rang; ou encore, des rangs plus rapprochés combinés avec un outil de désherbage adapté (pattes d’oie, socs plats). De même, une application ciblée de l’engrais sur le rang évite que les mauvaises herbes en profitent aux dépens de la culture.  
 
Votre trousse « Résistance des mauvaises herbes » pour 2025

Publications du CRAAQ:
Ce texte a été publié originalement dans le magazine La terre de chez nous en janvier 2025.

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Organisation : Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
Date de publication : 22 janvier 2025
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