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Savez-vous ce qui peut se cacher dans vos arbres fruitiers?

Pour plusieurs jardiniers amateurs, posséder des arbres fruitiers est comme la cerise sur le « sunday ». Il est facile de s’imaginer sortir à l’automne, tendre la main, cueillir et croquer dans un fruit parfaitement mûr. Plusieurs croient qu’une fois l’arbre planté, l’essentiel du travail est fait. Détrompez-vous! La plupart des arbres fruitiers, et particulièrement les pommiers, nécessitent de l’entretien. Pour obtenir de bons résultats, un jardinier doit avoir une connaissance approfondie des exigences de ses arbres fruitiers. Mais surtout bien connaître les maladies, les insectes ravageurs et les organismes bénéfiques qui s’y cachent.
 
Image Agri-Réseau

Source : CRAAQ

Vole, vole et virevolte

La mouche de la pomme, Rhagoletis pomonella, est un petit insecte, d’environ 5 mm, très présent dans les régions pomicoles. Les adultes ont une tache blanche à l’extrémité du thorax et leurs ailes sont marquées de bandes noires en une forme de « F ». L’espèce s’attaque surtout aux pommiers, mais on la retrouve aussi chez le prunier domestique, le poirier et le cerisier. Après un hiver passé dans le sol sous forme de pupe, les adultes commencent à émerger vers la fin du mois de juin, l’émergence étant à son maximum au milieu ou à la fin du mois de juillet. Les femelles peuvent pondre jusqu’à 300 œufs sous la pelure du fruit. Après l’éclosion, de petites larves se nourrissent de la chair, laissant derrière elles des galeries brunâtres. Le ramassage des fruits tombés au sol contribue à interrompre le cycle de vital de la mouche, en empêchant les larves de faire une pupe dans le sol.

Un certain papillon de nuit, le carpocapse de la pomme, s’attaque aussi à vos arbres fruitiers et notamment aux pommiers. Les ailes de ce papillon sont striées de lignes brun-gris avec une tache ovale cuivrée présente à l’extrémité des ailes antérieures. La femelle pond ses œufs sur les feuilles et les fruits. Émerge ensuite des larves qui pénètrent dans les fruits jusqu’au centre où elle se nourrit des graines et de la chair. Lorsqu’on parle de « vers » dans une pomme, c’est bien souvent de larves de carpocapse dont il est question. En plus de creuser des galeries dans le fruit, les larves laissent des amas de fientes rougeâtres là où elles sont entrées. Ensuite, la larve sort du fruit pour aller passer l’hiver sous forme de pupe dans les interstices de l’écorce de l’arbre.

Des visiteurs appréciés et bienvenus

Tous les insectes ne sont pas là pour nuire à vos arbres fruitiers. Certains d’entre eux vous rendent même service en s’attaquant à des ravageurs ou en offrant des services de pollinisation. C’est notamment le cas des coccinelles. Avec leurs élytres de couleurs vives et marquées de points ou de taches noires, ces petits coléoptères sont facilement reconnaissables. Mais avez-vous déjà vu une larve de coccinelle? Elle ressemble un peu à un tout petit crocodile. Tant les adultes que les larves sont de redoutables prédateurs de pucerons, d’acariens et d’autres insectes.

Les services de pollinisation sont offerts, le plus souvent, par les bourdons et les abeilles domestiques. Ces insectes contribuent à la pollinisation croisée, nécessaire pour la mise à fruits de plusieurs arbres fruitiers, dont le pommier.

Il est donc primordial de savoir reconnaître les ravageurs qui s’attaquent aux arbres fruitiers et de les distinguer des organismes bénéfiques. Si les ravageurs ne sont pas identifiés au bon moment, il peut s’avérer difficile de contrôler les dégâts. Il existe différentes méthodes de lutte peuvent être utilisées par les jardiniers amateurs, mais celles-ci peuvent parfois être coûteuses, nécessiter un travail important ou un suivi rigoureux. Certaines méthodes de lutte peuvent également affecter les organismes bénéfiques qu’on souhaite protéger.

Des ennemis microscopiques qui causent des dommages bien visibles

Les arbres fruitiers ne sont pas attaqués que par des insectes, les maladies aussi peuvent être de la partie. La tavelure du pommier est la maladie la plus importante chez le pommier. Le responsable de cette maladie est un champignon appelé Venturia inaequalis. Il passe l’hiver sur les feuilles au sol et au printemps, ce sont des spores qui causent les infections primaires. Une fois éjectées dans l’air, les spores sont disséminées par le vent et la pluie. Elles atterrissent sur les nouvelles feuilles, prêtes à les infecter si les conditions sont réunies (températures fraîches, humidité et pluie). Des infections secondaires peuvent survenir au cours de la saison sous les mêmes conditions. Lorsqu’il y a infection, des lésions variant de vert olive à brunes apparaissent. Elles prennent, avec le temps, un aspect duveteux caractéristique. Les fruits aussi sont affectés par la tavelure. Au début, les tâches sont semblables à celles présentes sur les feuilles, mais elles prennent un aspect liégeux en vieillissant. Les fruits affectés peuvent généralement être consommés, mais la pelure peut devenir très épaisse et même se fendre lorsque l’infection est sévère, donnant ainsi une texture désagréable au fruit. Un moyen de diminuer l’incidence de la tavelure pour les pomiculteurs amateurs consiste à ramasser les feuilles et les fruits tombés à l’automne, cela permet de diminuer l’inoculum au printemps suivant. Il est toutefois recommandé de planter des variétés moins sensibles à la tavelure, puisque la maladie est difficile à contrôler avec les produits disponibles en centre jardin.

Erwinia amylovora, mieux connue sous le nom de brûlure bactérienne (ou feu bactérien) est une maladie qui touche plusieurs végétaux dont les pommiers, les poiriers et les pommetiers décoratifs. Si vos arbres sont infectés, ils peuvent contaminer les vergers aux alentours, jusqu’à 5 km! La bactérie commence à infecter les arbres le plus souvent au printemps, au moment de la floraison. Tous les organes de la plante, feuilles, fleurs, fruits, rameaux, branches et tronc, peuvent être touché. Les rameaux infectés brunissent, flétrissent et se courbent. Dans des conditions propices, l’infection peut se propager à l’arbre en entier en une seule saison. Les parties malsaines doivent être taillées rapidement à au moins 30 cm sous la zone infectée. Il est préférable de tailler par temps sec afin d’éviter de propager la maladie. 

Et la loi dans tout cela?

Il existe une loi, la Loi sur la protection sanitaire des cultures, qui vise à protéger les cultures commerciales cultivées par un producteur agricole. Il y est mentionné que « toute personne doit prendre les mesures phytosanitaires pour éviter que les végétaux […] dont elle est propriétaire ou dont elle a la garde ne propagent un organisme nuisible à une culture commerciale. » Autrement dit, vous devez prendre tous les moyens nécessaires pour éviter la propagation d’organismes nuisibles. Ceci peut aller jusqu’à l’abattage de vos arbres fruitiers si vous êtes en région pomicole ou à proximité d’un verger commercial.

Pour vous aider à identifier les insectes et maladies présents dans vos arbres fruitiers, procurez-vous le Guide d’identification – Maladies, ravageurs et organismes bénéfiques des arbres fruitiers sur le site Internet du CRAAQ.
 
  1. Agnello, A. et coll. 2018. Guide d’identification – Maladies, ravageurs et organismes bénéfiques des arbres fruitiers. Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec. 260 p.
  2. IRIIS phytoprotection. Fiche technique. Tavelure – Pomme. www.iriisphytoprotection.qc.ca/Fiche/Champignon?imageId=8675 (consulté le 6 mai 2019)
  3. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Arbres fruitiers en ville. www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/agricultureurbaine/trucsconseils/Pages/Arbres-fruitiers.aspx (consulté le 29 avril 2019)
  4. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Brûlure bactérienne. www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/Protectiondescultures/organismesnuisibles/maladies/brulure/Pages/brulure.aspx (consulté le 30 avril 2019)
  5. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Brûlure bactérienne des pommiers. Votre collaboration est essentielle. www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Depliant_Brulure_Bacterienne.pdf (consulté le 29 avril 2019)
  6. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Mes pommiers, j’en prends soin et… tout le monde en profite! www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Vergers_abandonnes.pdf (consulté le 29 avril 2019).
  7. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Tavelure du pommier. www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Productions/Protectiondescultures/organismesnuisibles/maladies/tavelure/Pages/travelure.aspx (consulté le 30 avril 2019)
  8. Morel, M., Chouinard, G. et S. Bellerose. 2013. Méthodes alternatives de protection des pommiers. Principales méthodes applicables pour le jardin domestique et la pomiculture commerciale. Nature-Action Québec. www.agrireseau.net/documents/86064/methodes-alternatives-de-protection-des-pommiers (consulté le 30 avril 2019)
Ce texte a été publié originalement dans le magazine Vivre à la campagne édition Hiver 2020.

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Organisation : Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)
Collaborateur(s) : Guillaume Breton, CRAAQ
Date de publication : 14 février 2022
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