Le ver-gris occidental du haricot : il hiverne au Québec
Détecté pour la première fois au Québec en 2009, le ver-gris occidental du haricot (VGOH) était considéré comme un migrant saisonnier : les papillons arrivaient chaque été depuis le Midwest américain, causaient des dommages dans les épis de maïs, puis mouraient avec l'hiver. Du moins, c'est ce qu'on pensait. Dans cet épisode, Julien Saguez (chercheur en entomologie, CÉROM) explique comment son équipe a testé cette hypothèse. Des larves enfouies dans des bacs en sol sableux, dans trois régions du Québec, laissées tout un hiver. Au printemps : des papillons ont émergé. L'expérience a ensuite été reproduite à grande échelle avec des cages d'émergence installées dans des champs infestés la saison précédente. Résultat : la première preuve que le VGOH complète son cycle au Québec, et la survie hivernale la plus nordique jamais documentée pour cette espèce en Amérique du Nord. Cette découverte change la donne pour les producteurs de maïs. Des populations locales qui s'ajoutent aux populations migrantes signifient des émergences plus précoces, une présence prolongée dans les champs et un risque accru de dommages directs et de mycotoxines. Julien aborde aussi les méthodes de lutte disponibles, dont les hybrides Bt, leurs limites, et les travaux de sa collègue Stéphanie Gervais sur les facteurs de risque liés au ravageur.
