Évolution des sécheresses hydrologiques dans le Québec méridional face aux changements climatiques - Rapport final
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Résumé
Le projet « Évolution des sécheresses hydrologiques dans le Québec méridional face aux
changements climatiques » d’Ouranos brosse un portrait intégré des sécheresses hydrologiques et
hydrogéologiques au Québec méridional entre 1970 et 2022, et évalue leur évolution potentielle
sous climat futur (2070-2100). Dans le cadre de ce projet, une sécheresse a été définie comme des
conditions (e.g. débit de rivière, niveau de nappe, précipitation) largement inférieures à la moyenne
historique (1970-2022), ce qui la distingue des étiages en ce qu’elle peut se produire à n’importe
quelle période de l’année. Les analyses produites reposent sur des séries de débit de rivière et de
niveaux nappes souterraines, jumelées à des indices météorologiques intégrant précipitations,
évapotranspiration et neige.
Les résultats ont montré une forte variabilité spatiale et temporelle des sécheresses, avec certains
événements demeurant localisés, et d’autres couvrent plus de 90 % du bassin versant. Une seule
station hydrométrique ne permet souvent pas de détecter toutes les sécheresses dans un bassin
versant donner, soulignant la nécessité de réseaux d’observation denses. Les sécheresses
hydrogéologiques se sont avérées plus synchronisées, en particulier pendant les épisodes
importants, comme celui de 2021.
La moitié des sécheresses hydrologiques (54 %) se sont vues attribuées aux processus neigeux
(l’accumulation et la fonte des neiges), ce qui place ces derniers au coeur des dynamiques de
sécheresse au Québec. Les indices intégrant la neige et l’évapotranspiration ont présenté les
corrélations les plus fortes avec les débits et ont reproduit efficacement la propagation des périodes
sèches vers les sécheresses hydrologiques. Les résultats ont montré qu’une augmentation d’un
écart-type de la sévérité des conditions sèches multiplie par cinq la probabilité de déclenchement
d’une sécheresse hydrologique.
Les projections climatiques ont indiqué un avenir paradoxal. Bien que les conditions moyennes
tendent vers une augmentation des précipitations totales, les conditions extrêmes sèches
s’intensifieront, avec des sécheresses plus courtes, mais plus fréquentes et intenses, surtout au
printemps et à l’été. Les processus derrière ces relations varient en fonction de la saison, par
exemple, une fonte trop hâtive de la neige au printemps et une évapotranspiration accrue durant
l’été. De plus, bien que la majorité de l’augmentation des précipitations soit prédite en hiver, la
capacité de stockage d’eau sous forme de neige sera compromise par une augmentation de la
température moyenne durant cette saison.
Ces résultats soulignent l’importance d’intégrer la dynamique nivale et la saisonnalité dans la
surveillance et la gestion de l’eau au Québec afin d’adapter les stratégies de résilience aux
changements climatiques.
