Mécaniser ou non la production d’ail?
Publié le 01 juin 2025
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La plantation manuelle de l’ail prend entre 350 et 500 heures à l’hectare, tandis que la plantation au moyen d’un planteur mécanique et d’une pailleuse nécessite entre 200 et 300 heures, en incluant l’égrenage des caïeux à l’aide d’un craqueur. La mécanisation entraîne donc un gain en efficacité, mais celui-ci varie d’une machine à l’autre. Par exemple, le planteur mécanique et la pailleuse permettent de travailler presque deux fois plus vite, alors que le craqueur fait l’égrenage une fois et demie plus rapidement. Cependant, le coût d’investissement pour ces trois machines est non négligeable, soit de 25 000 à 35 000 $, le planteur mécanique comptant pour la moitié de ce coût, selon sa taille.
Le calcul de la valeur actuelle nette (VAN) permet d’évaluer la rentabilité d’un tel projet d’investissement. Dans une version simplifiée de ce calcul, lorsqu’on additionne les flux monétaires, soit la différence entre le coût d’utilisation de ces machines et l’économie du coût de la main-d’œuvre, on peut constater que l’achat se rembourse de lui-même après un certain temps. Pour le planteur d’ail, ce remboursement complet a lieu 8 ans après l’achat. Pour la pailleuse et le craqueur de caïeux, il faut compter 13 ans (Graphique 1).
La récolte de l’ail, comme sa plantation, est une opération exigeante en main-d’œuvre. Par ailleurs, si elle nécessite plus de 10 jours, les pertes au champ augmentent grandement. Selon ADJM Agri-distribution, certaines récolteuses qu’on installe sur un tracteur permettent de récolter et d’équeuter jusqu’à 1 hectare d’ail par jour plutôt que 0,1. Cela dit, ce gain d’efficacité est variable d’une entreprise à l’autre.
Selon le budget des Références économiques, la récolteuse peut mettre beaucoup de temps à se rembourser, soit jusqu’à 18 ans. Reste que son achat se justifie pour les travaux de récolte sur de grandes superficies mais aussi en raison du confort qu’elle procure aux travailleurs.
Ainsi, la machinerie et les équipements spécialisés pour la production d’ail sont certainement des investissements à considérer lorsqu’on prévoit cultiver de l’ail pendant plusieurs années et sur de vastes superficies. Pour une courte période ou de moindres surfaces, mieux vaut continuer avec la bonne vieille méthode du labeur manuel.
Pour bien comprendre vos budgets :
Ce texte a été publié originalement dans le magazine les Primeurs maraîchères en juin 2025.
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