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Des abeilles sauvages en santé : c’est l’affaire de tous!


Une façon très concrète d’aider les abeilles sauvages est de participer au projet Abeilles citoyennes
Voir les détails à la fin de ce blogue.

Bien que timide, le printemps est bien arrivé. Avec lui vient aussi le réveil des abeilles sauvages qui s’étaient mises en pause durant la saison froide. En autant qu’on en prenne grand soin, ces précieux pollinisateurs peuvent contribuer efficacement à la pollinisation des arbres fruitiers et d’un grand nombre de cultures, notamment maraîchères. 

Des alliées précieuses

En y récoltant le nectar et le pollen dont elles ont besoin, les abeilles contribuent à la pollinisation de la majorité des plantes à fleurs et des cultures de fruits, de légumes, et de noix. Au Québec, on compte quelques centaines d’espèces différentes d’abeilles sauvages qui se partagent le territoire en fonction des habitats et des ressources disponibles. Elles préfèrent généralement les habitats ensoleillés où les fleurs abondent, mais, bien qu’elles passent la plupart du temps inaperçues, elles sont partout : dans les jardins, le long des ruisseaux, sur les balcons, dans les cultures, en campagne tout comme en ville.

Parmi les différentes espèces, on note une grande variété de taille, de couleurs, de cycle de vie et de comportement.  Ainsi, dans les régions plus froides, ce sont les bourdons qui dominent, ces grosses abeilles qui possèdent une bonne fourrure et sont capables de thermorégulation. Leur fonction pollinisatrice y est partagée avec des mouches très discrètes, les syrphes.
 
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Abeille de l'espèce Ceratina calcarata

Joseph Moisan-De-Serres

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Syrphe du genre Syrphus

Joseph Moisan-De-Serres



Qu’ont-elles de spécial, ces abeilles sauvages?
  • Sauf les bourdons et quelques autres espèces, la plupart sont solitaires et n’ont donc pas de reine ni d’organisation sociale.
  • Elles ne produisent pas de miel. Le nectar et le pollen qu’elles récoltent sert à nourrir leurs larves.
  • Elles sont très discrètes, presque farouches. Bien que les femelles aient un dard, elles sont douces et ne piquent que si elles se sentent en danger.
  • Les femelles vivent rarement plus de quelques semaines, les mâles encore moins longtemps.
  • Selon l’espèce, leur alimentation peut se limiter à une seule famille de fleurs (comme Peponapis pruinosa qui se spécialise dans la pollinisation des fleurs de la famille des courges et autres cucurbitacées) ou comprendre une grande diversité de fleurs différentes (comme les bourdons qui butinent un peu de tout).
  • Selon l’espèce, l’abeille sauvage fait son nid au sol ou dans des cavités existantes sur du bois mort ou parmi des enchevêtrements de branches ou d’autres matériaux tel que des tiges creuses.
  • La distance de vol des abeilles solitaires ne dépasse pas quelques centaines de mètres de leur nid, souvent moins. Les bourdons peuvent butiner plus loin, allant parfois jusqu’à un ou deux kilomètres de leur nid.
Si on n’y prend garde, l'urbanisation et l'agriculture conventionnelle peuvent entraîner une fragmentation du territoire et une simplification du paysage. Ces situations menacent la biodiversité en causant une diminution des ressources florales et des sites de nidification essentiels pour la survie des abeilles sauvages. De plus, l’usage à grande échelle d’insecticides et d’herbicides fragilise directement les populations d’insectes pollinisateurs.

Comment peut-on les aider?
 

Pour aider les abeilles sauvages, plusieurs actions peuvent être mises en œuvre. Que ce soit à l’échelle de chaque citoyen, d’une entreprise agricole ou d’une municipalité, il faut protéger les habitats existants et en créer de nouveaux. Ainsi, on peut laisser en friche une partie d’un terrain ou d’une terre, tondre moins souvent la pelouse, installer des cultures intercalaires d’intérêt pour les abeilles, ou planter des haies le long de ses champs. Dans le jardin, on peut préférer les plantes nectarifères indigènes et on peut laisser des espaces nus non aménagés pour ainsi offrir gîte et couvert aux abeilles sauvages. Le Guide d’identification et de gestion - Pollinisateurs et plantes mellifères du CRAAQ réunit une foule d’informations et de conseils concrets pour aider les abeilles sauvages. 

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Abeille de l'espèce Bombus impatiens

Joseph Moisan-De-Serres



Une autre façon très concrète d’aider les abeilles sauvages est de participer au projet Abeilles citoyennes.
Abeilles citoyennes : un projet au service des insectes pollinisateurs

Abeilles citoyennes est un projet de science participative d’une durée de deux ans qui vise à inventorier la diversité des insectes pollinisateurs indigènes (abeilles et syrphes) du Québec et à mieux comprendre les facteurs qui expliquent cette diversité. Mené par une équipe de recherche de l’Université Laval, le projet fait appel à l’aide des citoyens, qu’ils soient producteurs agricoles ou non, pour récolter des insectes dans les différentes régions agricoles du Québec.

En quoi ça consiste

Une fois par mois de mai à septembre, les participants récoltent eux-mêmes les spécimens d’insectes sur leur terrain ou leur terre agricole à l’aide de 9 pièges bols remplis d’eau savonneuse qui doivent être mis au sol pour des périodes de 24 heures. Après chaque récolte, les insectes sont conservés au congélateur puis acheminés en fin de saison au laboratoire où l'identification des spécimens est effectuée. Les opérations à effectuer par les participants sont très simples et rapides, et tout le matériel est fourni par le projet!
 
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Anne Leboeuf






Qui peut participer?

Abeilles citoyennes s’adresse à tous les citoyens québécois qui vivent en zone rurale et ont à cœur la protection des abeilles sauvages, qu’ils soient ou non agriculteurs. Les producteurs agricoles, notamment les producteurs maraîchers et de fruits dont la production dépend de la pollinisation par les insectes, sont bien sûr les bienvenus, ainsi que les personnes qui vivent à proximité de terres agricoles.

Conditions de participation:
  • Avoir accès à un site d’échantillonnage (ex. ferme, cour arrière, grand jardin, clairière) dans une région rurale du Québec.(toutes les régions sauf les villes de Montréal et de Québec).
  • Votre site doit être suffisamment grand (au minimum un carré de 5m x 5m, idéalement une bande de 24m de long) et présenter les caractéristiques suivantes :
    • Lieu ouvert, c.-à-d. sans arbres ni arbustes qui recouvrent les bols;
    • Ensoleillement maximal;
    • Couvert d’une végétation basse ou de sol nu;
    • Être peu fréquenté pour éviter le renversement.
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Anne Leboeuf


Pourquoi participer?
  • Vous participerez au recueil d’informations sur la diversité et la distribution des pollinisateurs du Québec et sur les facteurs environnementaux qui influencent cette biodiversité.
  • Vous obtiendrez un portrait des abeilles indigènes présentes dans votre environnement immédiat, et vous pourrez le comparer à ce qui aura été inventorié ailleurs au Québec.
  • Vous recevrez de l’information sur les abeilles sauvages et syrphes du Québec ainsi que sur les aménagements qui contribuent à leur abondance.

Comment manifester son intérêt?

Vous pouvez signifier votre intérêt en allant sur la page Inscription de notre site internet : www.abeillescitoyennes.ca/inscription/  . Il faut noter que nous devons limiter le nombre de participants à 150 par année tout en nous assurant de couvrir toutes les régions.

Vous pouvez aussi communiquer avec nous pour toute information additionnelle :

Chercheure principale : Valérie Fournier, Université Laval
Étudiante à la maîtrise : Anne Leboeuf, Université Laval
Initiatrices et collaboratrices : Amélie Gervais, Université Laval, et Sabrina Rondeau, Guelph University
Collaboration : Insectarium de Montréal
Financement : programme Innov’Action (MAPAQ-AAC).


 
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Organisation : Université Laval et Insectarium de Montréal
Collaborateur(s) : Valérie Fournier (1), Amélie Gervais (1), Anne Leboeuf (1), Sabrina Rondeau (2); 1=Université Laval, 2=Université de Guelph
Date de publication : 13 mai 2020

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