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Le fumier de cheval : comment optimiser sa gestion

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Le fumier de cheval est chargé d’éléments fertilisants et gagne à être bien géré. Voyons comment et pourquoi.
D’abord, qu’est-ce qui compose ce fumier? On y trouve des matières fécales et de l’urine, de la litière, des refus d’aliments, des poils, du sol, des nutriments tels que l’azote, le phosphore et le potassium de même que plusieurs micronutriments.

Sa composition est influencée par l’espèce animale ainsi que par l’état de santé et les aliments que l’individu consomme. Le fumier produit par un cheval (dont la fermentation des aliments se produit dans l’intestin postérieur) sera différent du fumier produit par un ruminant (dont la fermentation se produit dans le rumen) ou par un cochon (qui ne fermente pas les aliments et qui est monogastrique).

Pourquoi gérer le fumier de cheval

Ce fumier contient des nutriments précieux nécessaires au développement des plantes.
Cependant, un fumier mal entreposé ou mal valorisé est plus susceptible de contribuer à la saturation des sols et au ruissellement des éléments fertilisants vers les eaux de surface et souterraines.
Une bonne gestion du fumier permet également de limiter les odeurs et de réduire la présence :
  • de mouches;
  • d’agents pathogènes;
  • de parasites;
  • de mauvaises herbes;
  • de rongeurs.
Les quantités de fumier peuvent s’accumuler rapidement! Selon l’Université d’État du Michigan, un cheval de 450 kg produit 22 kg de matières fécales et d’urine par jour, ce qui correspond à 680 kg par mois. En ajoutant la litière, ce même cheval produit 884 kg de fumier par mois.
La quantité de litière n’est pas à négliger : il doit y en avoir suffisamment pour assurer le confort des chevaux et les garder propres. Elle est nécessaire autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.
 
Saviez-vous que l’enfouissement de déjections animales dans un lieu d’enfouissement technique est interdit au Québec, selon l’article 4 du Règlement sur l’enfouissement et l’incinération de matières résiduelles?

Entreposage du fumier

Un site d’entreposage bien choisi assure à la fois la réduction des risques de contamination des eaux de surface et souterraines et l’efficacité des opérations de manutention du fumier.
Au Québec, l’article 9.3 du Règlement sur les exploitations agricoles (REA) stipule que l’entreposage en amas de fumier solide à proximité du bâtiment d’élevage d’où proviennent ces fumiers est permis dans le respect des conditions suivantes :
  1. l’ensemble des bâtiments du lieu d’élevage a une production annuelle de phosphore (P2O5) résultant de sa gestion sur fumier solide de 1 600 kg ou moins;
  2. les eaux contaminées en provenance de l’amas ne doivent pas atteindre les eaux de surface;
  3. les eaux de ruissellement ne doivent pas atteindre l’amas;
  4. l’amas doit être complètement retiré et valorisé ou éliminé dans les 12 mois du premier apport de fumier solide le constituant, conformément à l’article 19.
À titre comparatif, 1 600 kg de phosphore correspond à la production annuelle de 60 juments et de leur progéniture non sevrée ou encore à 69 hongres.
Au-delà de 1 600 kg de phosphore, l’entreprise doit disposer d’ouvrages de stockage étanches pour les déjections animales qui y sont produites ou bien elle doit procéder à l’entreposage en amas de fumier solide dans un champ cultivé (sous certaines conditions).
De plus, l’article 59 du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) stipule que l’amas de fumier doit être situé minimalement à 30 m d’un puits d’approvisionnement en eau sur sa propriété ou à 100 m de celui d’un voisin. Dans certaines situations, ces distances doivent être augmentées. Pour plus d’informations, consultez le Guide d’application du règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection.
De plus, le type de sol influence le choix du site d’entreposage, car il faut limiter les risques de contamination des eaux souterraines. Les sols sableux ont une perméabilité rapide, ce qui signifie que l’eau s’infiltre facilement. Ils ont aussi une capacité de rétention faible qui permet aux nitrates de se déplacer rapidement dans le sol jusqu’aux eaux souterraines (phénomène de lessivage). Les sols limoneux ou argileux ont une perméabilité plus lente et une meilleure capacité de rétention qui aide à retenir les nitrates dans le profil du sol. Ces derniers sont donc à prioriser lors du choix du site d’entreposage.
Dans cette décision, il faut également considérer le type de machinerie qui récupérera le fumier pour avoir l’espace nécessaire à la circulation.

Compostage du fumier

Le compostage du fumier permet de limiter la perte des nutriments et d’en augmenter la stabilité. Il réduit également la quantité de mauvaises herbes, de pathogènes et de parasites.
Il existe plusieurs références sur les bonnes pratiques de compostage du fumier. En voici deux intéressantes : Le choix de l’emplacement pour le compostage est important puisque les distances des puits prévues dans le RPEP s’appliquent aussi au compostage.

Épandage du fumier

Selon le REA, l’exploitant d’un lieu d’élevage qui procède à l’épandage de déjections animales doit détenir suffisamment de parcelles en culture pour absorber la totalité de ses engrais organiques et minéraux. L’exploitant peut disposer des parcelles en culture soit en propriété, en location ou par ententes d’épandage écrites avec un tiers.
Il est permis de procéder à l’épandage de matières fertilisantes du 1er avril au 1er octobre inclusivement. La période d’épandage peut toutefois se prolonger après le 1er octobre si l’agronome qui conçoit le plan agroenvironnemental de fertilisation de l’exploitant y précise une nouvelle date limite et que le sol n’est pas encore gelé ou enneigé.

Adaptation et traduction libre de Marie-Ange Therrien, agronome, conseillère en productions animales, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Rédigé à partir du webinaire « Stable Solutions : Managing Manure in Winter », organisé par Mary Keena, spécialiste en gestion environnementale du bétail, Carrington Research Extension Center, Université d’État du Dakota du Nord, dans NDSU Extension Horse Management Webinar Series.
Visionner le webinaire
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Article révisé par Chloé Boucher-Ravenhorst, agronome et ingénieure, conseillère en génie agricole, et Hugo Tremblay, médecin vétérinaire, conseiller en bien-être animal, MAPAQ.

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Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Date de publication : 19 février 2026

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