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Les bénéfices du pâturage de nuit pour les chevaux

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Faire pâturer les chevaux la nuit peut les aider à maintenir un poids santé et à réduire leur consommation de sucres, en plus d’être un moyen efficace de lutter contre la chaleur et les insectes.


Le pâturage nocturne offre aux chevaux un répit très apprécié, en réduisant l’exposition aux mouches et à la chaleur accablante des chaudes journées d’été. C’est également un excellent moyen de laisser les animaux au pré pendant de longues périodes. 

« Le pâturage nocturne est un outil de gestion des chevaux au pré qui permet d’éviter qu’ils ne prennent du poids », explique Katy Watts, biologiste végétale et propriétaire de Safergrass.org, une entreprise spécialisée dans la gestion des sucres présents dans les graminées.  

« Lorsque le soleil se couche, les plantes cessent de faire de la photosynthèse et de produire du sucre. C’est leur cycle naturel. Au fur et à mesure que la nuit avance, les plantes utilisent les sucres qu'elles ont produits pendant la journée pour se développer », ajoute l’ancienne chercheuse en agriculture. 

Un cheval au métabolisme normal - ne présentant ni résistance à l’insuline, ni syndrome de Cushing, ni fourbure ou autre trouble - qui peut passer huit heures au pâturage le jour, mais qui commence à prendre trop de poids, peut bénéficier d’un accès au pâturage durant la nuit. 

« Je suis fermement convaincue que les pâturages offrent de nombreux bienfaits que le foin ne peut tout simplement pas offrir, indique Mme Watts. Et j'ai toujours été partisane de laisser les chevaux accéder autant que possible aux pâturages, à condition que leur masse corporelle n’augmente pas trop. Il n'est pas sain d'être en surpoids. » 

Ces recommandations s’appliquent aux conditions estivales nord-américaines, où le cycle diurne des plantes entraîne une concentration minimale de sucres vers 3 h du matin, suivie d’une augmentation après le lever du soleil. En revanche, sous des latitudes extrêmes - comme en Écosse ou en Alaska - le cycle diurne est modifié et les longues périodes d’ensoleillement permettent aux plantes de continuer à produire des sucres jusque tard dans la nuit. 

Une autre option consiste à mettre les chevaux au pâturage tôt le matin, vers 6 h, et à les rentrer aux alentours de 10 h quand la production de sucres par les plantes recommence à augmenter. « C'est particulièrement utile si vous êtes une personne matinale, souligne la biologiste végétale. Tout dépend de l'heure à laquelle les gens partent travailler et de leur cycle de sommeil. Pour les lève-tôt, il peut être judicieux de les mettre au pâturage dès le matin pendant quelques heures. » 

Dès que les températures nocturnes descendent en dessous de 4 °C, il faut se méfier du pâturage de nuit. « Lorsqu’un gel intense survient, le cycle de croissance se termine et les taux de sucre restent élevés tout au long de la nuit », explique Mme Watts.  

La fin de l’été marque la fin définitive du pâturage de nuit pour la plupart des chevaux, en particulier ceux souffrant de problèmes métaboliques. Comme ils présentent souvent des troubles de régulation de l'insuline, il est généralement bénéfique de réduire la teneur en sucre de leur alimentation. En suivant les conseils de votre médecin vétérinaire, un accès limité au pâturage tôt le matin pourrait être la solution la plus sûre pour eux. Cela pourrait leur permettre de passer du temps à l’extérieur sans compromettre leur sécurité, et d’éviter l’aménagement d’un enclos sans végétation. 

Selon Katy Watts, il suffit d'être attentif et flexible. « Vos chevaux prennent-ils du poids ou en perdent-ils? ». Adaptez votre programme de pâturage en conséquence. 

Conseils pour le pâturage de nuit des chevaux 

Si vous possédez des chevaux qui pourraient tirer profit du pâturage de nuit, voici quelques conseils à suivre et à éviter. 

Bonnes pratiques : 

  • Sécurisez les clôtures et assurez-vous que toutes les entrées sont correctement fermées; 

  • Veillez à ce que les chevaux aient toujours accès à de l'eau fraîche. Des études menées sur d'autres espèces d'élevage montrent que les animaux paissent davantage et sont moins enclins à tester les clôtures lorsqu'ils disposent à la fois de nourriture et d'eau; 

  • Appliquez un répulsif avant de mettre les chevaux au pâturage, si les moustiques ou les insectes nocturnes posent un problème; 

  • Mettez en place un programme de pâturage en rotation pour éviter la surpaissance. En plus de rendre accessible seulement la partie la plus riche en sucre des plantes, la surpaissance épuise les plantes fourragères désirables et favorise la prolifération de mauvaises herbes qui peuvent contenir davantage de sucre. Les parties des plantes les plus riches en sucre sont habituellement les 7,5 cm inférieurs ainsi que les graines.  

  • Traitez chaque cheval comme un individu. Tout comme chez les humains, les besoins alimentaires d'un cheval peuvent ne pas être les mêmes que ceux d'un autre. 

  • Renseignez-vous sur le poids idéal de votre cheval. Consultez un médecin vétérinaire pour les aspects liés à la santé et un agronome pour les questions d’alimentation, particulièrement si votre cheval présente un trouble métabolique (Cushing, prédisposition à la fourbure, etc.). Tout changement alimentaire doit être effectué graduellement afin de permettre au système digestif du cheval de s’adapter. 

Éléments à surveiller : 

  • Limitez l’accès des chevaux à risque au pâturage par temps frais (4 °C et moins), surtout en cas de gel. Les plantes stockent alors des quantités très importantes de glucides, ce qui les rend extrêmement riches en sucre; 

  • Ne vous fiez pas à l’apparence de l’herbe brunie de fin d’été : les herbes jaunes, brunes ou desséchées peuvent contenir des niveaux élevés de sucres. Les pâturages sont généralement les plus pauvres en sucre durant la période de croissance active, lorsque les plantes sont vertes et non soumises au stress. Il est donc recommandé de faire paître les chevaux à risque au printemps et en été, et de restreindre leur accès aux pâturages secs ou desséchés. 

À retenir 

Si votre cheval souffre de problèmes métaboliques ou présente un risque de les développer, renseignez-vous davantage sur le sujet et demandez conseil à un professionnel en matière d’alimentation et de pâturage. 

« Nous devons tous faire preuve de créativité, a déclaré Mme Watts. Nous devons adopter les solutions qui répondent le mieux à nos besoins, à ceux de nos chevaux et qui permettent d’exploiter au mieux les pâturages. » 

 

Ce texte est une traduction libre de « The Benefits of Grazing Horses at Night » publié sur le site Web The Horse. Il a été écrit par Alayne Blickle et traduit et adapté par Marie-Ange Therrien, agronome. 

Source: https://thehorse.com/1114627/the-benefits-of-grazing-horses-at-night/?lid=10uqoz93wz3d  

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Date de publication : 03 juin 2026

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