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La course au bonheur!

Pour certains, le bonheur repose sur la présence d’émotions positives et l’absence d’émotions négatives. Selon l’avis de plusieurs chercheurs, cette définition s’avère très limitée et peut même conduire au malheur.

 
 
Ne serait-ce pas fabuleux de n’éprouver que des émotions extrêmement positives? Demander à ceux qui souffrent du trouble bipolaire (anciennement appelé trouble maniaco-dépressif) si c’est toujours extraordinaire. Il semble que nos émotions négatives soient tout aussi importantes que nos émotions positives, voire parfois plus appropriées.

En 2011, la psychologue June Gruber de l’Université Yale et ses collègues ont publié dans la revue Perspectives on Psychological Science une analyse du « côté sombre » du bonheur, décrivant les conditions dans lesquelles les émotions positives cessent d’être utiles et commencent à être nuisibles. Il semblerait que de vouloir à tout prix être heureux entraînerait bel et bien l’effet contraire. Au cours de l’histoire, les êtres humains ont évolué avec un riche répertoire de réactions affectives, allant de la tristesse à la joie, en passant par la culpabilité, la honte, l’anxiété, la colère, la satisfaction, etc.

Grâce à Darwin, on sait aujourd’hui que toutes ces émotions ont servi à s’adapter pour survivre. Nous ferions donc fausse route en pensant que toutes les émotions positives sont positives et que toutes les émotions négatives sont négatives. Tout dépend du contexte, de la durée et de l’intensité de l’émotion. Bien dosées, elles permettent des comportements prosociaux et contribuent à de meilleures relations, puis enfin à bâtir une meilleure société. Imaginer un instant qu’à la suite de la perte d’un être cher, nous ayons le sourire et l’humeur à la fête?

Lorsqu’un jeune enfant fait du mal à un autre, la culpabilité vécue lui permet de vouloir réparer. En tant qu’être humain, ressentir la culpabilité nous empêche donc de faire du mal à autrui. Comme les psychopathes et les grands narcissiques n’éprouvent pas ce genre de sentiment, ceux-ci peuvent détruire l’autre sans éprouver un remord de conscience.

De son côté, la peur nous évite parfois de nous mettre dans des situations dangereuses, nous incite à être plus prudents. Bien que l’anxiété puisse nous paralyser, elle peut aussi nous sauver la vie ou même notre fond de pension!
Nos émotions sont comme un écosystème, un vaste répertoire pour préserver notre survie. Quand une émotion prend le dessus, notre écosystème émotionnel devient en déséquilibre. On a qu’à prendre l’exemple de l’homme qui tente d’éliminer certaines espèces nuisibles, ce qui crée un débalancement écologique. En fait, nos émotions négatives nous aident à survivre.

Les dernières approches valorisent le développement de notre flexibilité psychologique en acceptant la présence de nos émotions, tant négatives que positives, et de s’en distancer, le cas échéant. La capacité de s’en éloigner, de les regarder sans être englouti permet de fonctionner adéquatement et d’agir selon ses objectifs et ses valeurs.

Il est impossible de toujours vivre des émotions positives. Il y a des moments où la tristesse permet de faire son deuil, où la honte (ou la culpabilité) donne l’opportunité de réparer ou d’éviter de blesser, où la colère permet de se défendre ou de défendre une chose à laquelle on tient. Il ne tient qu’à nous d’écouter nos émotions et d’y réagir adéquatement. Ce n’est pas parce que je suis en colère que je dois frapper ou détruire. Je peux tout aussi bien canaliser cette émotion de façon constructive.

En résumé, il semble que toute forme d’excès est à éviter, même la poursuite du bonheur.

Pierrette Desrosiers, M.Ps.
Psychologue du travail, conférencière, formatrice et coach d’affaires.
Spécialisée en transfert d’entreprises familiales

 

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Organisation : Pierrette Desrosiers Psycoaching
Collaborateur(s) : Pierrette Desrosiers
Date de publication : 20 septembre 2020

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