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Crucifères, Avertissement No 12, 15 juillet 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Crucifères
La température et l'humidité relative demeurent élevées. Le recours à l'irrigation est nécessaire en raison des faibles pluies. Les conditions sont propices aux désordres physiologiques et aux maladies foliaires. Tests de sensibilité aux fongicides et aux bactéricides pour la tache noire alternarienne et la nervation noire. Hausse des activités de certains insectes ravageurs. Après la récolte des crucifères, il est recommandé d'enfouir les résidus et de semer une culture de couverture.

 
SEMIS ET PLANTATIONS 
 
La température est demeurée élevée au cours de la dernière période, tout comme l'humidité relative de l'air. Malgré le passage de quelques cellules orageuses, les précipitations sont restées très variables et généralement insuffisantes. L'irrigation demeure nécessaire pour limiter le stress hydrique des cultures.

Les effets de ces conditions persistent. Les épisodes de chaleur, combinés au déficit en eau du sol, favorisent l'apparition de divers désordres physiologiques. La mauvaise qualité de l'air, attribuable notamment aux feux de forêt, pourrait également affecter les cultures.

Des carences minérales, comme celle en calcium qui se présente sous forme de brûlure de la pointe, sont aussi signalées dans plusieurs régions. Elles concernent principalement des éléments dont l'absorption est limitée lorsque les sols sont secs, même lorsque ceux-ci sont présents en quantité suffisante dans le sol.

 


     INSECTES RAVAGEURS
 
La fausse-teigne des crucifères est active, avec une pression de larves généralement modérée. La pression de la piéride du chou demeure faible et sous contrôle dans l'ensemble. Les altises (des navets et des crucifères) sont actives et des interventions sont requises dans les implantations récentes afin de protéger les plantules.

L'activité des thrips est généralement en hausse, tout comme celle des pucerons. Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au coeur du plant) sont observés.

La pression de la cécidomyie du chou-fleur est variable, avec une intensité élevée par endroits, particulièrement dans les secteurs avec un historique de fortes infestations.

Enfin, la 2e génération de la mouche du chou est active, sans occasionner de dommages notables. Les sols secs peuvent d'ailleurs contribuer à la mortalité des oeufs. 

 
MALADIES ET DÉSORDRES 

Les conditions des dernières semaines continuent de favoriser le développement des maladies bactériennes et fongiques. La pourriture molle bactérienne est en hausse par endroits et des symptômes de pourriture sclérotique sont observés.
 
Les symptômes de taches alternariennes, principalement la tache noire (Alternaria brassicicola), s'intensifient. La chaleur, combinée à une humidité élevée, favorise le développement de cette maladie, dont la progression peut être rapide, particulièrement dans les crucifères-fleurs où les lésions sur les inflorescences peuvent entraîner un déclassement des récoltes et des pertes de rendement. Une fiche technique sur les taches alternariennes est disponible en ligne.
 
Les cas de nervation noire sont plus nombreux dans le sud de la province, mais les symptômes demeurent sur les vieilles feuilles. Il importe de respecter les mesures de biosécurité en productions végétales lors de toute activité dans des champs affectés par cette maladie bactérienne.

Des cas de mildiou, de hernie des crucifères et de fonte des semis sont toujours rapportés, sans toutefois être en progression.

La pression de la tache bactérienne demeure faible et stable.
 
Si vous observez des symptômes de tache noire alternarienne ou de nervation noire et suspectez une diminution de l'efficacité des fongicides ou des bactéricides, communiquez avec l'équipe du RAP Crucifères. Celle-ci pourra coordonner l'envoi d'échantillons dans le cadre de projets menés par le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), en collaboration avec Phytodata et l'Université McGill.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de tache noire alternarienne (A. brassicicola) sur une feuille de chou-fleur

Photo : CIEL

Image Agri-Réseau

Symptômes de nervation noire sur une feuille de chou

Photo : CIEL

 
 

DESTRUCTION DES RÉSIDUS ET IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE

 
Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, ce qui constitue une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les crucifères de la saison, mais également sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. D'ailleurs, parmi les stratégies préventives de lutte contre la nervation noire, il est recommandé d'enfouir rapidement les résidus de culture pour accélérer leur décomposition.
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des plantes de couverture (culture simple ou mélange de plusieurs espèces). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation (travail du sol) et leur développement contribuent à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en faisant compétition aux mauvaises herbes et en nuisant au cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre les bonnes conditions de sol et météorologiques pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser. Voici quelques documents permettant de mieux connaître les cultures de couverture à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

 

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.




Cet avertissement a été rédigé par Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL) et Mélissa Gagnon, agr., (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Crucifères
Date de publication : 15 juillet 2026

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