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Crucifères, Avertissement No 13, 23 juillet 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Crucifères
La température a été variable, mais généralement plus fraîche. Le recours à l'irrigation est encore nécessaire en raison des faibles pluies. On observe toujours des désordres physiologiques et plusieurs maladies foliaires. Tests de sensibilité aux fongicides pour la tache noire alternarienne et aux bactéricides pour la nervation noire. Les conditions favorisent l'activité de certains insectes ravageurs. Après la récolte des crucifères, il est recommandé d'enfouir les résidus et de semer une culture de couverture.

 
SEMIS ET PLANTATIONS 
 
La température a été variable, mais généralement plus fraîche durant la dernière période. Les précipitations sont restées généralement insuffisantes pour répondre aux besoins des cultures, justifiant de poursuivre l'irrigation pour limiter le stress hydrique.

Malgré cette baisse des températures, divers désordres physiologiques (ex. : insolation, montaison prématurée) sont toujours observés, en raison des épisodes de chaleur et du déficit en eau du sol des dernières semaines.

Des carences minérales sont toujours rapportées, notamment celles concernant des éléments dont l'absorption est limitée lorsque les sols sont secs, et ce, même lorsque qu'ils sont présents en quantité suffisante dans le sol. La brûlure de la pointe, attribuable à une carence en calcium, est signalée dans plusieurs régions.

 
INSECTES RAVAGEURS

 
La fausse-teigne des crucifères est active sur l'ensemble de la province, avec une pression des larves allant de modérée à élevée, nécessitant des interventions par endroits. La pression de la piéride du chou demeure faible et sous contrôle. 

Les altises (des navets et des crucifères) sont actives et des interventions sont requises dans les implantations récentes afin de protéger les plantules.

L'activité des thrips est généralement en hausse, tout comme celle des pucerons. Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au cœur des plants) sont observés.

La pression de la cécidomyie du chou-fleur est variable, avec une intensité élevée dans certains champs, particulièrement dans les secteurs avec un historique de fortes infestations.

Enfin, la 2e génération de la mouche du chou est active, sans occasionner de dommages notables pour le moment. Les sols secs peuvent d'ailleurs contribuer à la mortalité des œufs. 
 
 

MALADIES ET DÉSORDRES 

Malgré la baisse de température, les conditions restent favorables au développement des maladies bactériennes et fongiques. La pourriture sclérotique est en hausse par endroits et des symptômes de pourriture molle bactérienne sont toujours observés.
 
Les taches alternariennes, principalement la tache noire (Alternaria brassicicola), sont en augmentation. Les symptômes demeurent principalement sur les feuilles basales, notamment dans le chou-fleur et le brocoli. Toutefois, des lésions sur des pommes de chou ont été signalées dans le sud de la province. Il est donc recommandé de surveiller l'évolution de la maladie, puisque son développement peut être rapide sous des conditions favorables (chaleur, humidité relative élevée). Les crucifères-fleurs sont particulièrement vulnérables, puisque les lésions sur les inflorescences peuvent entraîner un déclassement des récoltes et des pertes de rendement. Une fiche technique sur les taches alternariennes est disponible en ligne.
 
Les cas de nervation noire sont plus nombreux dans le sud de la province, mais les symptômes demeurent sur les vieilles feuilles. Il importe de respecter les mesures de biosécurité dans les productions végétales lors de toute activité dans des champs ou parties de champs contaminés par cette maladie bactérienne.

Les autres maladies des crucifères qui ont été observées jusqu'à maintenant (mildiouhernie des crucifèresfonte des semistache bactérienne) sont stables.
 
Si vous observez des symptômes de tache noire alternarienne ou de nervation noire et suspectez une diminution de l'efficacité des fongicides ou des bactéricides, communiquez avec l'équipe du sous-réseau Crucifères du RAP. Celle-ci pourra coordonner l'envoi d'échantillons dans le cadre de projets menés par le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), en collaboration avec Phytodata et l'Université McGill.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de tache noire alternarienne (A. brassicicola) sur une feuille de chou-fleur

Photo : CIEL

Image Agri-Réseau

Symptômes de nervation noire sur une feuille de chou

Photo : CIEL

  
 

DESTRUCTION DES RÉSIDUS ET IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE

 
Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, ce qui constitue une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les crucifères de la saison, mais également sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. D'ailleurs, parmi les stratégies préventives de lutte contre la nervation noire, il est recommandé d'enfouir rapidement les résidus de culture pour accélérer leur décomposition.
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des cultures de couverture (une seule espèce ou mélange de plusieurs espèces). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation (travail du sol) et leur développement contribuent à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en faisant compétition aux mauvaises herbes et en nuisant au cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre que les conditions de sol et la météo soient idéales pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser. Voici quelques documents permettant de mieux connaître les cultures de couverture à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

 

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.




Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. (CIEL) et Mélissa Gagnon, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Crucifères
Date de publication : 23 juillet 2026

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