
VGOH : hausse des captures de papillons et premières masses d’œufs observées. Chrysomèles des racines du maïs : un cas rapporté à Henryville, surveillez les dommages inattendus dans le maïs. Des insectes qui coupent les soies du maïs : comment évaluer la situation? Maladies du maïs : présence de rouille commune, mais aucun signalement de tache goudronneuse. Pourriture à sclérotes du soya : risques variables selon la région et le stade du soya. Puceron du soya : une situation généralement calme, sauf dans quelques champs. Symptômes de carence dans le soya : bien identifier la cause. Ergot dans le seigle : des cas rapportés en Montérégie et au Centre-du-Québec.
VGOH : HAUSSE DES CAPTURES DE PAPILLONS ET PREMIÈRES MASSES D’ŒUFS OBSERVÉES
J. Saguez1, B. Duval2, V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
J. Saguez1, B. Duval2, V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Des papillons mâles de ver-gris occidental du haricot (VGOH) ont été capturés dans tous les pièges du réseau, parfois en nombre élevé. Par conséquent, les captures sont en hausse dans l’ensemble de la province. Rappelons toutefois que le nombre de papillons capturés ne permet pas de prévoir le nombre de masses d’œufs ni l’importance des dommages plus tard en saison.
Le dépistage des masses d’œufs a débuté et quelques-unes ont été observées dans plusieurs régions (Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Laurentides, Lanaudière et Mauricie). Le seuil d’intervention (5 % de plants infestés par des masses d’œufs) n’a toutefois été atteint que dans les deux sites suivis dans Lanaudière. Les masses d’œufs peuvent actuellement être blanches, rosées, mauves ou gris-noir et se trouvent généralement sur les feuilles supérieures des plants. De jeunes larves peuvent aussi être observées sur les panicules ou dans les soies alors qu’elles se dirigent vers les épis.
À retenir :
- Dépistez les champs présentant des facteurs de risque, notamment ceux en sol sableux;
- Les hybrides Bt VIP3A sont normalement protégés contre le VGOH, puisque cette technologie contrôle les jeunes larves;
- En présence d’ennemis naturels, le seuil d’intervention peut passer de 5 % à 8 % de plants infestés par des masses d’œufs.
Pour en savoir davantage sur le dépistage, les seuils et la gestion du VGOH, consultez :
- La fiche technique sur le VGOH dans le maïs grain et ensilage;
- La vidéo sur la biologie, le dépistage et les stratégies d’intervention (6 min).
CHRYSOMÈLES DES RACINES DU MAÏS : UN CAS RAPPORTÉ À HENRYVILLE, SURVEILLEZ LES DOMMAGES INATTENDUS DANS LE MAÏS
J. Saguez1, V. Samson2, B. Duval2, J. Breault2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
J. Saguez1, V. Samson2, B. Duval2, J. Breault2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Des plants en forme de cols d’oie ont été signalés au RAP dans un champ de maïs, dans le secteur d’Henryville (Montérégie-Ouest). Une visite du champ a permis d’observer des chrysomèles adultes sur les parties aériennes des plants. Une collecte et le lavage de systèmes racinaires a également permis d’observer des larves et des pupes, dans le sol entourant les racines des plants endommagés.
Il existe plusieurs causes possibles qui peuvent expliquer la présence de cols d’oie. L’une des principales causes résulte de dommages causés par l’alimentation des chrysomèles sur les racines. Les dommages (trous, galeries et dans certains cas, nécrose des tissus racinaires) réduisent l’ancrage des plants, qui peuvent verser puis se redresser en prenant une forme de col d’oie.
Vérifier la présence de dommages racinaires
Pour confirmer que les cols doigts sont bien attribuables aux chrysomèles et pour évaluer l’importance des dommages, déterrez quelques plants sans les arracher, conservez uniquement les systèmes racinaires, puis lavez-les dans un grand bac ou une chaudière, pour retirer le maximum de terre. Recherchez ensuite la présence de racines rongées ou manquantes, de galeries et de tissus brunis ou amincis. Les dommages racinaires peuvent être évalués à l’aide de l’échelle nodale de l’Université d’État de l’Iowa. Brièvement, la méthode consiste à évaluer les trois nœuds supérieurs de racines nodales qui sont enracinés dans le sol. Les dommages intermédiaires sont exprimés en fractions (0,25; 0,50; 1,75, etc.).
| Intensité de l’attaque | Nulle | Faible | Moyenne | Élevée |
| Cotation | 0 | 0-0,5 | 0,5-1 | 1-3 |
| Évaluation | Aucune trace d’attaque | Quelques traces d’attaque. Une cote de 0,5 est attribuée si la moitié des racines d’un nœud est rongée. | Une côte de 1 est attribuée lorsque toutes les racines d’un nœud sont rongées. | Pour chaque nœud rongé, on attribue une côte de 1. |
Chaque nœud racinaire fortement affecté peut entraîner une perte de rendement de 15 %.
Lors du lavage des racines, il est possible de voir des larves et des pupes de chrysomèles flottant à la surface de l’eau de rinçage. Leur présence permet de confirmer que les dommages sont causés par cet insecte.
Dommages inattendus dans un champ protégé par des protéines insecticides
La présence de chrysomèles ou de certains dommages n’est pas nécessairement inhabituelle dans un champ en maïs continu dont l’hybride n’est pas protégé par des protéines insecticides ciblant ce ravageur.
En revanche, portez une attention particulière aux champs où des dommages racinaires importants ou de nombreux cols d’oie sont observés malgré l’utilisation d’un hybride exprimant des protéines insecticides ciblant les chrysomèles. De tels dommages peuvent constituer un signe de perte d’efficacité de la technologie, sans toutefois suffire à confirmer une résistance.
Dans une telle situation, nous vous invitons à communiquer avec votre semencier, votre responsable régional du MAPAQ, le RAP Grandes cultures (rapcerom@cerom.qc.c) ou Julien Saguez, chercheur au CÉROM (julien.saguez@cerom.qc.ca). Ces signalements contribuent au suivi des populations de chrysomèles et à la détection de cas potentiels de résistance.
Pour plus d’information
- Fiche technique Les chrysomèles des racines du maïs en grandes cultures;
- Fiche technique Stratégie de prévention contre la résistance de la chrysomèle des racines du maïs au maïs Bt;
- Vidéo Comment gérer les chrysomèles des racines du maïs dans le maïs grain et ensilage (5 minutes);
- Tableau Maïs exprimant des protéines insecticides disponibles au Canada et statut de la résistance (mai 2025);
- Fiche technique Soies du maïs coupées par des insectes : quand faut-il s’en préoccuper?
DES INSECTES QUI COUPENT LES SOIES DU MAÏS : COMMENT ÉVALUER LA SITUATION?
B. Duval1, C. Rieux1 et J. Saguez2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
B. Duval1, C. Rieux1 et J. Saguez2
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
Les chrysomèles des racines du maïs, les scarabées japonais et les altises à tête rouge sont parfois observés sur les épis de maïs, où ils peuvent s’alimenter sur les soies. Bien que les dommages semblent parfois impressionnants, ils entraînent rarement une perte de rendement. Le risque augmente surtout lorsque des insectes s’alimentent activement sur les soies, qu’ils maintiennent la portion des soies dépassant les spathes à moins de 1,3 cm (un demi-pouce) et que moins de 50 % de la pollinisation est complétée.
Pour en savoir plus sur les insectes qui coupent les soies du maïs et obtenir des conseils pratiques pour évaluer la situation, consultez la nouvelle fiche technique Soies du maïs coupées par des insectes : quand faut-il s’en préoccuper?
MALADIES DU MAÏS : PRÉSENCE DE ROUILLE COMMUNE, MAIS AUCUN SIGNALEMENT DE TACHE GOUDRONNEUSE
Tanya Copley1, Véronique Samson2, Brigitte Duval2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Tanya Copley1, Véronique Samson2, Brigitte Duval2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Aucun cas de tache goudronneuse du maïs n’a été signalé au RAP Grandes cultures jusqu’à maintenant. Toutefois, de la rouille commune a été observée dans plusieurs champs (Montérégie-Est, Montérégie-Ouest et Centre-du-Québec). La rouille commune peut parfois être confondue avec la tache goudronneuse au début des infections, mais certaines caractéristiques permettent de les distinguer. La rouille commune produit des pustules qui peuvent déchirer l’épiderme et libérer des spores qui tachent les doigts, tandis que les stromas noirs de la tache goudronneuse demeurent fermement attachés à la feuille.
La rouille commune entraîne rarement des pertes de rendement et ne nécessite généralement pas d’intervention.
Une intervention pourrait être envisagée seulement si les feuilles supérieures sont fortement atteintes pendant les stades les plus sensibles de la culture, soit de la floraison au début du remplissage du grain, et qu’une défoliation importante susceptible de réduire le rendement est observée.
Identification de la rouille commune vs la tache goudronneuse
| Lésions surélevées | Un frottement des veilles lésions tache les doigts | Décollement ou rupture de l’épiderme | Lésions sur les deux surfaces de la feuille | Lésions noires | Lésions brunes | Hâlo qui entoure les lésions | |
| Rouille commune | X | X | X | X | X | Parfois | |
| Tache goudronneuse | X | X | X | Parfois |
Pour plus d’information
- Fiche technique La tache goudronneuse du maïs;
- Fiche IRIIS phytoprotection Maïs - Tache goudronneuse;
- Fiche IRIIS phytoprotection Maïs grain et fourrager – Rouille commune.
POURRITURE À SCLÉROTES DU SOYA : RISQUES VARIABLES SELON LA RÉGION ET LE STADE DU SOYA
T. Copley1, J. Breault2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
T. Copley1, J. Breault2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Selon les observations du RAP Grandes cultures, des apothécies de la pourriture à sclérotes du soya ont été observées seulement à un site cette semaine (MRC Argenteuil) le 27 juillet ainsi qu'un site le 20 juillet dernier (MRC de Coaticook). Les modèles prévisionnels de la pourriture à sclérotes du soya indiquent des risques variables selon les régions (voir tableau ci-bas). Les prévisions de risque sont basées sur les modèles disponibles en date du 31 juillet 2026, qui intègrent les prévisions météorologiques jusqu'au 5 août 2026.
Les spores infectent le soya à travers les fleurs flétrissantes. Une application de fongicide peut être envisagée aux stades de floraison (R1 à R3), lorsque les conditions sont favorables au développement de la maladie. Même si le risque est élevé, aucune intervention n'est justifiée si le champ n’est pas en floraison. Selon les observations recueillies dans le cadre du réseau de surveillance, la floraison est en cours ou terminée dans l’ensemble des régions du Québec.
Comment déterminer si vos champs sont à risque et si une application de fongicide est réellement justifiée? Plusieurs facteurs favorisent l’apparition et le développement de la maladie, notamment :
- Un historique de la maladie dans le champ;
- Un sol humide dans les cinq premiers centimètres;
- Le stade de développement du soya (seuls les champs en floraison [R1 à R3] sont à risque);
- Le niveau de résistance du cultivar;
- Des rangs fermés à plus de 50 %, favorisent le maintien d'une humidité élevée à la surface du sol;
- Des températures fraîches (< 22 °C);
- Une forte densité de peuplement, qui favorise également le maintien d'une humidité élevée.
Pour plus d’information, consultez la fiche technique La pourriture à sclérotes chez le soya.
Tableau de niveaux de risque pour la pourriture à sclérotes du 31 juillet au 5 août
| Région | MRC | Niveau de risque |
| Bas-Saint-Laurent | Kamouraska | Élevé |
| La Matanie | Élevé | |
| La Matapédia | Élevé | |
| Les Basques | Élevé | |
| Rivière-du-Loup | Élevé | |
| Capitale-Nationale | Charlevoix | Élevé |
| Jacques-Cartier | Moyen | |
| Natural reserve | Élevé | |
| Portneuf | Moyen | |
| Centre-du-Québec | Arthabaska | Élevé |
| Bécancour | Élevé | |
| De l'Érable | Élevé | |
| Drummond | Élevé | |
| Nicolet-Yamaska | Élevé | |
| Chaudière-Appalaches | Beauce-Sartigan | Moyen |
| Bellechasse | Moyen | |
| De La Nouvelle-Beauce | Moyen | |
| Les Appalaches | Moyen | |
| Les Etchemins | Moyen | |
| Lotbinière | Moyen | |
| Montmagny | Moyen | |
| Gaspésie–Iles-de-la-Madeleine | Avignon | Élevé |
| Bonaventure | Élevé | |
| Rocher-Percé | Élevé | |
| La Haute-Gaspésie | Élevé | |
| Lanaudière | D'Autray | Élevé |
| Matawinie | Élevé | |
| L'Assomption | Élevé | |
| La Matapédia | Élevé | |
| Montcalm | Élevé | |
| Laurentides | Argenteuil | Élevé |
| Des Laurentides | Élevé | |
| Deux-Montagnes | Élevé | |
| Mirabel | Élevé | |
| Thérèse-de-Blainville | Élevé | |
| Mauricie | Trois-Rivières | Élevé |
| Montéregie-Ouest | Haut-Saint-Laurent | Moyen |
| Les Jardins-de-Napierville | Moyen | |
| Vaudreuil-Soulanges | Moyen | |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | Lac-Saint-Jean-Est | Élevé |
| Le Domaine-du-Roy | Élevé | |
| Maria-Chapdelaine | Élevé |
PUCERON DU SOYA : UNE SITUATION GÉNÉRALEMENT CALME, SAUF DANS QUELQUES CHAMPS
S. Boquel1, J. Saguez1, B. Duval2, V. Samson2, J. Breault2 et S. Mathieu2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
S. Boquel1, J. Saguez1, B. Duval2, V. Samson2, J. Breault2 et S. Mathieu2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Cette semaine, la moyenne provinciale demeure faible avec 49,1 pucerons par plant. Parmi les 55 champs suivis par le RAP Grandes cultures, un seul, situé à Sainte-Blaise-sur-Richelieu en Montérégie-Ouest, dépasse le seuil d’alerte de 250 pucerons par plant. Les populations augmentent néanmoins dans plusieurs champs. Cliquez ici pour consulter les données par site.
Quelques foyers, avec parfois des plants stressés en raison de l’abondance des pucerons, ont aussi été rapportés dans des champs de la Montérégie qui ne font pas partie du réseau de suivi. La situation demeure très localisée; le dépistage doit donc être adapté à chaque champ.
Présentement, le soya se situe entre les stades physiologiques R2 et R5, mais la vaste majorité des champs observés sont au stade R4. À partir du début de la floraison (R1) et jusqu’au stade des premières graines (R5), le soya peut subir des pertes de rendement si les trois conditions suivantes sont réunies :
- Le seuil d’alerte de 250 pucerons/plant est atteint;
- La population de pucerons est en augmentation;
- Les populations d’ennemis naturels sont faibles.
Toutefois, l’atteinte du seuil d’alerte ne signifie pas qu’un traitement insecticide doit être appliqué immédiatement, mais plutôt qu’un dépistage plus soutenu est nécessaire (tous les trois à sept jours). Il est primordial de faire au moins deux dépistages avant de prendre la décision d’intervenir afin de s’assurer que la population de pucerons est en augmentation.
Puisque la densité de pucerons par plant et la présence d’ennemis naturels varient d’un champ à l’autre, et que certains cultivars peuvent être plus ou moins tolérants aux pucerons, il est important d’assurer une surveillance champ par champ.
La décision d’intervenir ou non n’est pas toujours facile à prendre. Dans certains cas, un traitement n’est pas nécessaire ou peut être reporté. En plus du nombre de pucerons par plant, différents facteurs sont à considérer pour la prise de décision concernant un traitement insecticide, tels que l’état de santé des plants et le stade de développement de la culture, la tolérance ou la résistance des variétés de soya utilisées, les conditions météorologiques et la présence d’ennemis naturels. Les facteurs suivants peuvent aider à contrôler les populations de pucerons :
- La présence des ennemis naturels est actuellement importante (75 % des sites) et leurs populations sont stables ou en augmentation;
- La pluie, les vents forts, ainsi que les températures au-delà de 30 °C nuisent au développement du puceron;
- L’humidité relative élevée peut favoriser le développement de champignons entomopathogènes qui peuvent faire chuter drastiquement les populations de pucerons.
Les ennemis naturels, des alliés efficaces!
Les ennemis naturels sont généralement très efficaces pour contrôler les pucerons et contribue à maintenir les populations sous le seuil d’alerte. Les pesticides pourraient causer la mort des ennemis naturels et provoquer une réinfestation du puceron du soya et d’autres ravageurs, comme le tétranyque à deux points.
Pour bien identifier les ennemis naturels, consultez le Carnet de champ du dépisteur du RAP Grandes cultures, la brochure Lutte intégrée contre le puceron du soya et la section « Description des ennemis naturels » du Guide d’identification des ravageurs des grandes cultures et des cultures fourragères et de leurs ennemis naturels et mesures de lutte applicables à l’Ouest canadien.
Finalement, référez-vous à la « Stratégie d'intervention » pour appliquer rigoureusement les protocoles de dépistage et orienter vos décisions phytosanitaires. Vous pouvez aussi visionner la vidéo (4 minutes) Le dépistage du puceron du soya en cinq points. Si une intervention doit avoir lieu, consulter le site de SAgE pesticides afin d'identifier les produits homologués et appropriés à la situation. Le CÉROM est aussi à la recherche de sites ou des traitements auraient lieu afin de documenter l’effet sur les pucerons, les ennemis naturels et la rentabilité des pulvérisations. Cliquez ici pour en savoir plus.
SYMPTÔMES DE CARENCE DANS LE SOYA : BIEN IDENTIFIER LA CAUSE
B. Duval1, C. Rieux1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
B. Duval1, C. Rieux1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
Des symptômes de carence en potassium (K), et parfois en manganèse (Mn), peuvent être observés dans certains champs de soya à cette période de la saison. Toutefois, l’apparence du feuillage ne suffit pas à confirmer une carence. Des symptômes semblables peuvent notamment être associés à d’autres déséquilibres minéraux, à des dommages d’herbicides, à certaines maladies — dont le nématode à kyste du soya (NKS) — ou à des dommages d’ozone.
Avant d’envisager une intervention, il est donc important d’examiner la répartition des symptômes dans le champ, l’état du sol et des racines, l’historique des pratiques culturales ainsi que les conditions météorologiques récentes. Des analyses comparatives de sol et de tissus végétaux, réalisées dans une zone affectée et une zone saine du même champ, peuvent aussi aider à confirmer le diagnostic. Pour en savoir plus, consultez le bulletin Comment bien diagnostiquer les problèmes phytosanitaires en cultures de champ.
Carence en potassium
La carence en K se manifeste généralement d’abord sur les feuilles du bas, mais lorsqu’elle est sévère, les feuilles du haut peuvent aussi être touchées, notamment au remplissage des gousses. Un jaunissement apparaît à l’extrémité et sur le pourtour des folioles, puis peut progresser vers l’intérieur, tandis que leur base demeure verte. Lorsque la carence s’accentue, les tissus atteints peuvent brunir, se dessécher et les folioles peuvent se courber.
Les conditions sèches des dernières semaines ont pu ralentir le déplacement du K dans le sol et en réduire l’absorption par les racines, même lorsque le sol en contient une quantité adéquate. Tout facteur qui limite le développement ou le fonctionnement du système racinaire, comme la compaction, certaines maladies racinaires ou le NKS, peut également favoriser l’apparition de symptômes. Les pluies récentes pourraient améliorer l’absorption du K lorsque le problème est principalement lié au manque d’humidité, mais elles ne corrigeront pas une teneur réellement insuffisante du sol ni un système racinaire endommagé.
Pour en savoir plus sur les facteurs de risque, le diagnostic et les mesures correctives, consultez le bulletin d’information La carence en potassium chez le soya : diagnostic et correction.
Carence en manganèse
La carence en Mn apparaît surtout dans les sols où cet élément est peu disponible, notamment lorsque le pH est élevé. Contrairement à la carence en K, elle touche d’abord les jeunes feuilles. Elle se manifeste par une chlorose entre les nervures : les tissus jaunissent, tandis que les nervures demeurent vertes. Dans les cas plus sévères, les tissus entre les nervures peuvent devenir presque blanc.
À l’échelle du champ, les plants atteints sont généralement répartis par ronds ou par zones, notamment dans les secteurs plus sableux. Lorsqu’une carence est confirmée et que des symptômes sont présents, une application foliaire de Mn peut contribuer à corriger la situation. La décision d’intervenir doit toutefois tenir compte de différents éléments, notamment du stade de la culture.
Pour en savoir plus sur les facteurs favorisant la carence, son diagnostic et les recommandations d’intervention, consultez la fiche technique La carence en manganèse dans les céréales à paille et le soya.
ERGOT DANS LE SEIGLE : DES CAS RAPPORTÉS EN MONTÉRÉGIE ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC
T. Copley1, B. Duval2, J. Breault2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
T. Copley1, B. Duval2, J. Breault2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Quelques cas d’ergot ont été rapportés au RAP Grandes cultures dans des champs de seigle d’automne en Montérégie et au Centre-du-Québec. Dans un champ du Centre-du-Québec, la bordure adjacente à un champ de foin était fortement infestée, tandis que l’intensité de la maladie variait de moyenne à élevée par endroits dans le reste du champ.
L’ergot se reconnaît à la présence de sclérotes foncés et allongés qui remplacent un ou plusieurs grains dans l’épi. Leur taille peut varier et ils dépassent parfois des glumes. Le seigle est particulièrement sensible à cette maladie, mais l’ergot peut aussi infecter le blé, le triticale, l’orge et de nombreuses graminées, incluant les prairies et les pâturages; l’avoine est rarement atteinte.
Les sclérotes contiennent des alcaloïdes toxiques pour les humains et les animaux. Leur présence peut entraîner le déclassement ou le refus du grain et limiter son utilisation dans l’alimentation animale.
Conditions favorables et sources possibles d’inoculum
Les sclérotes hivernent à la surface ou dans le sol, mais seulement les sclérotes se trouvant dans les premiers 2 à 5 cm du sol posent un risque d'infection. La maladie est favorisée par des temps frais (9 à 15 °C), nuageux et humide (humidité relative > 75 %). Les spores, transportées par les éclaboussures, le vent et les insectes, infectent la plante à travers des stigmates non pollinisées. Au moment de la récolte, les sclérotes tombent facilement au sol où ils passeront l’hiver, ou sont récoltés avec le grain.
Que faire lorsqu’un champ est atteint?
Aucun moyen de lutte n’est 100 % efficace pour la gestion de l’ergot, mais plusieurs pratiques peuvent contribuer à réduire le risque :
- Utiliser une semence certifiée ou exempte de sclérotes;
- Semer à une profondeur adéquate pour favoriser une floraison uniforme;
- Alterner les céréales avec des cultures non-hôtes (dicotylédones, maïs);
- Maîtriser les mauvaises herbes graminées (surtout le chiendent) ainsi que les graminées présentes dans les fossés et les bordures;
- Une bonne fertilité en bore et cuivre peut aider à réduire la susceptibilité de la culture;
- Aucun cultivar n’est complétement résistant et la sensibilité des cultivars est variable;
- En raison de leur taille parfois similaire à celle du grain, le nettoyage du grain par criblage n’est pas toujours efficace. Cependant, certaines compagnies utilisent une table de gravité ou des trieurs de couleurs pour enlever les sclérotes.
Pour connaître le niveau de tolérance d’ergot dans le blé à consommation humaine, veuillez consulter Blé : Tableaux de détermination des grades primaires. Les valeurs sont en pourcentages par poids (soit de grammes de sclérotes par grammes de grain du blé).
Pour connaître le niveau de tolérance d’alcalöides d’ergot en ppm dans les aliments de bétails, consulter le tableau Contaminants dans les aliments du bétail. Aucune limite de poids de sclérotes d’ergot par poids de grain ou de nourriture n’est établi au Canada, mais le Tableau 10 de l’Autorité Européenne de sécurité des aliments permet d’avoir des suggestions de seuils de sclérotes par poids de nourriture (diète complète et non par poids de grain céréalier) (documentation uniquement en anglais).
Pour plus d’information
- Fiche IRIIS phytoprotection Seigle d’automne - Ergot
- Bulletin d’information Maladies des céréales et stratégies de lutte
- Tableaux de détermination des grades de la Commission canadienne des grains pour le blé
- Tableau Contaminants dans les aliments du bétail (ACIA)
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.













