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    Crucifères, Avertissement No 6, 14 juin 2018

    Réseau d'avertissements phytosanitaires, RAP, réseau Crucifères, avertissement

    Assurez-vous d’offrir de bonnes conditions de croissance à vos cultures. Depuis quelques semaines, plusieurs cultures sont gravement affectées par les carences minérales. À surveiller : les insectes ravageurs tels que la cécidomyie du chou-fleur, les larves de mouches Delia, les altises et les chenilles défoliatrices.


    Des symptômes de carences en bore et molybdène sont observés dans plusieurs champs de crucifères. Plusieurs cas de plants borgnes (points de croissance avortés) ont aussi été rapportés. Les crucifères qui sont cultivées dans des sols plus légers sont habituellement plus sujettes à développer des carences minérales. Aussi, la sécheresse peut affecter l’absorption de nombreux éléments nutritifs par la plante. Le recours à l’irrigation et une fertilisation adéquate sont donc nécessaires pour offrir de bonnes conditions de croissance à vos cultures, surtout lors des débuts de saison plus secs, comme cette année. Il est important de savoir qu’à l’apparition des symptômes, il est trop tard pour corriger le problème, du moins sur les parties de la plante déjà atteintes. Le pH du sol est un autre facteur pouvant affecter la disponibilité des oligo-éléments. Dans les sols où les crucifères sont cultivées, le pH doit être maintenu à un pH neutre (pH 7) afin de permettre une croissance optimale et d’éviter du même coup des problèmes de hernie des crucifères.

    Enfin, des cas de montaison prématurée (montée à la graine) ont été rapportés dans des champs prêts à récolter. Ce problème physiologique peut avoir été induit par les mauvaises conditions de croissance du début de saison (ex. : gel, chaleur, surplus et manque d’eau). N'oubliez pas de détruire et d'enfouir vos résidus de cultures pour éliminer les hôtes des ennemis de cultures dès la fin de la récolte de vos champs.

     
    INSECTES RAVAGEURS
     
    La ponte de la mouche du chou a diminué dans l’ensemble des régions, mais des traitements sont encore justifiés par endroits afin de contrôler les asticots (larves) qui viennent d’éclore ou qui ont survécu à des traitements antérieurs. Si des asticots sont toujours actifs après un traitement, assurez-vous que les recommandations d’application sur l’étiquette du produit sont respectées : traitement en bande, équipements, dose, volume d’eau, etc. Dans les choux chinois, la présence d’œufs et d’asticots de mouches des semis (Delia platura et/ou D. florilega) a été observée dans le feuillage. Ces larves s’alimentent de matière organique en décomposition, mais aussi des cotylédons, des tiges et des systèmes racinaires des plantes. En ce qui concerne les altises et les chenilles défoliatrices (larves de piéride du chou et de fausse-teigne des crucifères), leur activité demeure variable, mais les traitements contre la mouche du chou semblent avoir un effet sur eux. En régie biologique, des traitements sont toutefois nécessaires par endroits pour réprimer les altises, principalement pour protéger les cotylédons et les jeunes plants de crucifères à racine tubéreuse qui sont sensibles aux criblures faites par les altises des crucifères et des navets.

     
    RÉSEAU DE PIÉGEAGE DE LA CÉCIDOMYIE DU CHOU-FLEUR
     
    Consultez le tableau qui suit pour connaître les niveaux d’infestation de la cécidomyie du chou-fleur dans votre région. Comme la répartition de l’insecte est très aléatoire, nous vous recommandons d’installer des pièges dans tous vos champs de crucifères dès leur implantation afin d’intervenir au moment approprié, soit lorsque l’insecte est présent.
     
    Région Nombre de sites de piégeage* Niveaux de captures
    (% de sites touchés)
    Abitibi-Témiscamingue 0 ND
    Bas-Saint-Laurent 1 Nul
    Capitale-Nationale 3 Nul (33 %) à très faible (66 %)
    Centre-du-Québec 1 Nul
    Chaudière-Appalaches 3 Nul (66 %) à très faible (33 %)
    Estrie 2 Faible (50 %) à très élevé (50 %) 
    Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine 1 Nul
    Lanaudière-Laval 11 Très faible (27 %) à faible (18 %);
    Nul (55 %)
    Laurentides 9 Nul (56 %) à très faible (44 %)
    Mauricie 2 Très faible (100 %)
    Montérégie 9 Nul (45 %) à très faible (55 %)
    Outaouais (nouvelle région dans le réseau) 2 Faible 
    Saguenay–Lac Saint-Jean 8 Nul
    * Le nombre de sites par région évoluera en fonction des calendriers de production de chaque producteur.


    Actuellement, le seuil d’intervention dans les cultures maraîchères au Québec est atteint aussitôt qu’il y a présence de l’insecte dans les pièges à phéromone. Des essais réalisés au Québec ont démontré que des dommages importants pouvaient être causés par la cécidomyie du chou-fleur au-delà de ce seuil si les crucifères ne sont pas protégées par des traitements ou des filets anti-insectes. Étant donné que le nombre de traitements possibles avec Entrust 80 (permis en production biologique) est limité, il est important d’assurer un contrôle de la population tôt en saison (en fonction de sa présence dans les pièges), puisque les traitements risquent de s’avérer inefficaces si les niveaux d’infestation sont élevés.



    Cet avertissement a été rédigé par Isabel Lefebvre, M. Sc., et Mélissa Gagnon, agronome. Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
      Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, MAPAQ, Réseau d'avertissements phytosanitaires, RAP

    Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
    Auteur(s) : RAP - Réseau Crucifères
    Date de publication : 14 juin 2018

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