(S. Gervais)
Des changements ont lieu cette année concernant les messages techniques régionaux. La production des messages techniques, jusqu’à maintenant réalisée par les conseillers du MAPAQ, sera confiée à des conseillers de clubs techniques. En date d’aujourd’hui, le service des messages pomicoles régionaux est assuré pour la région de Québec et de la Chaudière-Appalaches. Pour les Laurentides et l’Estrie, ce service fait l’objet d’échanges et sera possiblement offert. Toutefois, les messages techniques ne seront pas disponibles en 2026 pour la Montérégie-Est et la Montérégie-Ouest.
Soutenir vos décisions au cours de la saison
Accès aux modèles prévisionnels : les deux outils suivants présentent des données météorologiques.
- RIMpro : Les modèles les plus utilisés concernent la tavelure du pommier, le feu bactérien et l’éclaircissage des pommiers. Les modèles portant sur les insectes peuvent être consultés, mais n’ont pas été validés dans un contexte québécois.
- Agrométéo Québec : Les modèles les plus utilisés, provenant de CIPRA et validés dans un contexte québécois, sont : la phénologie McIntosh, le charançon de la prune (activité des femelles), le carpocapse de la pomme (degrés-jours cumulés), le tétranyque rouge et la tordeuse à bandes obliques. D’autres modèles sur les ravageurs du pommier sont également présents.
L’accès à la version de base de RIMpro est gratuit pour tous. Une version payante est également disponible pour accéder à RIMpro interactif. Cette version permet de saisir le traitement de votre choix et de visualiser son impact sur la couverture protectrice lors d’une infection de tavelure en cours.
Pour vous abonner à la formule payante de RIMpro :
- Connectez-vous à : https ://rimpro.eu/
- Sélectionnez : Prix & Créer un compte
- Choisissez : Invité d’un conseiller dans la section « compte partagé » et complétez les informations pour le paiement (170 euros)
DÉVELOPPEMENT DES POMMIERS
(S. Gervais)
Le débourrement complet des pommiers est imminent dans la région du sud-ouest de la Montérégie. Quelques bourgeons sont ouverts, mais il reste encore beaucoup de bourgeons au stade « duvet argenté ». En Montérégie-Est, les stades varient de « dormant » à « duvet argenté ». Il y a une grande variabilité dans les vergers; il est donc important de vérifier l’état de développement de vos pommiers.
Source : Vicky Fillion, agr. (CSO) et Valérie Archambault (IRDA)
Selon le modèle prévisionnel de CIPRA, le « débourrement » (cv. 'McIntosh') est prévu au cours des prochains jours pour les autres régions :
- Estrie : 17 avril
- Missisquoi : 16 avril
- Laurentides : 21 avril
(V. Philion)
La saison de la tavelure primaire commence lorsque trois conditions sont réunies :
- Le débourrement est atteint et du tissu vert est exposé;
- Des ascospores matures sont prêtes à être éjectées;
- Une pluie suffisante survient pour déclencher l'éjection et assurer l’infection.
Cette semaine, nous avons observé les premières spores matures prêtes à l’éjection (Dunham, Compton), le débourrement est en cours dans quelques vergers et les prévisions de pluie sont suffisantes pour une première infection dans plusieurs secteurs.
Une fois la saison enclenchée, le risque de taches repose sur quatre facteurs clés :
- La propreté du verger;
- Le cultivar;
- La surface foliaire exposée;
- La sévérité des infections.
La gestion du risque passe par une maîtrise de ces quatre éléments; traiter quand c’est nécessaire, mais pas davantage. D’ici au démarrage effectif, il est encore temps de réduire le risque en nettoyant le verger et en planifiant la priorisation des traitements.
1) Propreté du verger
Éliminer la litière de feuilles au sol de l’année précédente demeure de loin la stratégie la plus rentable pour limiter la tavelure. Toutes les approches fonctionnent : balayage, soufflage, andainage, broyage.
Une application d’urée (40 kg/ha) diluée dans l’eau et dirigée vers les feuilles mortes au sol est une stratégie très rentable qui sert à la fois comme source d’azote et pour accélérer la dégradation de la litière.
D’autres options sont décrites dans le Guide de PFI dans la fiche L.3-La tavelure : stratégies générales de lutte.
2) Cultivar
Selon la disposition du verger, il est souvent possible d’ajuster l’intensité des traitements. Les parcelles de ‘HoneyCrisp’, de ‘Spartan’ et autres cultivars tolérants nécessitent généralement moins d’interventions que celles plantées en ‘McIntosh’ ou autres cultivars très sensibles. Quand le temps manque, prioriser.
3) Surface foliaire exposée
- La tavelure devient possible dès le stade « pointe verte », mais le risque d’atteinte augmente rapidement jusqu’au « prébouton rose ».
- Ensuite, un équilibre s’installe : chaque nouvelle feuille sensible est compensée par une feuille plus âgée qui devient résistante.
- Après un traitement couvrant bien les feuilles présentes, chaque nouvelle feuille non protégée réduit l’efficacité globale d’environ un tiers.
- Avec trois feuilles non couvertes, c’est comme si le verger n’était plus protégé.
4) Sévérité des infections
La proportion de spores éjectées à chaque pluie et les conditions d’infection sont estimées en continu par le logiciel RIMpro.
Ce modèle intègre notamment :
- La maturité des spores;
- La température;
- La durée d’humectation;
- L’heure du jour.
L’indice de risque (RIM) qui en résulte permet d’ajuster les interventions : un RIM de 10, 100 ou 1 000 ne se gère pas de la même façon.
Décisions de traitement
Dans les vergers propres ou les blocs de cultivars tolérants, des traitements mur à mur ne sont pas toujours nécessaires pour des RIM de 10 ou même de 100. À l’inverse, dans un verger fortement tavelé l’an dernier, il est essentiel de couvrir les risques, au moins partiellement.
Pour mieux appréhender la tavelure et s’adapter au risque, il faut s’organiser. Une stratégie efficace consiste à traiter un rang sur deux avant une pluie à risque.
Le seuil d’intervention peut être modulé selon le contexte :
- Blocs à risque : intervention dès un RIM > 50;
- Blocs moins problématiques : seuil plus élevé.
Si la pluie n’a pas lieu, vous n’avez engagé qu’une demi-intervention. Si elle survient et dépasse votre tolérance, vous pouvez compléter le traitement dans les rangs non traités. Ce complément peut être appliqué pendant ou immédiatement après la pluie. Assurez-vous cependant d’avoir en inventaire des fongicides efficaces après les pluies (postinfection).
La protection « mur à mur » dans toutes les parcelles à chaque jour de pluie coûte cher. Un traitement « 1x par semaine » d’un mélange coûteux ne garantit pas la réussite. La clé du succès réside dans une approche organisée.
(S. Gervais)
Situation actuelle
Il n’y a pas encore beaucoup de données biologiques disponibles, et les prévisions météorologiques à court terme ne sont pas favorables aux traitements à l’huile. Malgré la chaleur annoncée dans les prochains jours, la pluie est très présente et des risques de gel sont prévus dimanche, lundi et mardi.
Dépistage
Afin de déterminer le besoin d'une application d'huile par le comptage des œufs d’hiver de tétranyque rouge sur les lambourdes, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche J.2-Le tétranyque rouge du pommier du Guide de PFI.
Pour la cochenille, les besoins en application d’huile ont été déterminés lors de la récolte 2025, la méthode de dépistage est décrite dans la fiche I.1-Grilles de dépistage pour les vergers du Guide de PFI.
Traitement : application de l’huile
Voici quelques précautions à prendre et conditions à surveiller pour une application d’huile :
- Température chaude (idéalement 18 °C ou plus);
- Vents faibles (< 10 km/h) et application soignée de façon à bien couvrir les bourgeons;
- Attention aux risques de gel dans les 2-3 jours suivant l’application;
- Éviter les périodes de séchage lent.
L’écorce de certains cultivars, tels que 'Empire', 'Délicieuse rouge' et 'Ambrosia', peut être sensible, selon certaines informations provenant de l’Ontario. Aucune mention n’a toutefois été faite au Québec.
Attention à la phytotoxicité : Certaines formulations d’huile ont augmenté le délai requis entre l’application d’huile et celle de soufre. Il est généralement recommandé de ne pas appliquer de fongicides à base de captane, de soufre ou de folpet dans un intervalle de 10 à 14 jours avant ou après un traitement à l’huile. Pour certaines formulations, comme l’HUILE 70 SUPÉRIEURE, couramment utilisée, le délai est passé à 30 jours avant ou après une application de soufre, mais demeure de 10 à 14 jours avant ou après une application de fongicides à base de captane et de folpet.
(S. Gervais)
Depuis le 20 décembre 2025, pour qu’un mélange en cuve soit permis, l’étiquette des deux produits à mélanger doit comporter une mention autorisant ce mélange. Cette mention peut être générale (autorisant les mélanges en cuve) ou explicite (nommant les deux produits).
Consultez le document Mélange en cuve : nouvelle date limite de mise en œuvre de la directive pour des exemples d’énoncés et pour comprendre l’effet de cette règle sur l’admissibilité des mélanges de produits antiparasitaires homologués.
Compte tenu de cette restriction, soyez prudent avec l’utilisation du bicarbonate de potassium en 2026. Son étiquette n’a pas encore été mise à jour pour permettre le mélange avec le soufre, et il est indiqué de ne pas le mélanger avec d’autres pesticides ou engrais.
Nouveau produit pour l’éclaircissage chimique des pommiers
Le BREVIS 150 SC est maintenant homologué et disponible pour la saison 2026. Il s’agit d’un herbicide à base de métamitrone utilisé comme régulateur de croissance. En réduisant temporairement la photosynthèse, il provoque une compétition entre les jeunes fruits.
Comme il s’agit d’un herbicide, le délai avant récolte est de 72 jours et le délai de sécurité est de 12 heures. N’oubliez pas de porter les équipements de protection individuelle (EPI) appropriés et de consulter l’étiquette.
Retrait du CALYPSO 480 SC
L’an dernier était la dernière année d’utilisation du CALYPSO 480 SC. L’utilisation du THEME 480 SC est encore permise cette année, mais sa disponibilité dépend des stocks commandés avant la saison 2025.
Modification du nombre d’applications permises pour le MANCOZÈBE
Les étiquettes de la majorité des pesticides à base de mancozèbe disponibles pour la saison 2026, à l’exception du PENNCOZEB 75 DF, ont été modifiées. La dose permise par application a changé, ce qui influence le nombre d’applications par saison.
Ainsi, le nombre d’applications peut varier de 4 à 12 selon la dose utilisée. Consultez l’étiquette ainsi que le tableau Caractéristiques agronomiques principales des fongicides testés pour lutter contre la tavelure du pommier de la fiche G-6 du Guide de PFI afin de connaître la dose terrain minimale efficace pour le mancozèbe.
(S. Gervais)
Pour une information axée « pomiculture », le Guide de référence en production fruitière intégrée contient plusieurs fiches d’information sur les pesticides et des stratégies d’intervention.
L’affiche Production fruitière intégrée 2026 est maintenant disponible (version papier ou en ligne). Elle présente les principales recommandations du Comité de PFI et la classification PFI, ainsi que les cotes de toxicité et d’efficacité des pesticides.
Pour une information axée « pesticides », le site Web SAgE pesticides maintient à jour toute l’information officielle sur les produits homologués, incluant les hyperliens vers les étiquettes. Son objectif est de promouvoir une gestion rationnelle et sécuritaire des pesticides au Québec. Il contient également une section « PFI » qui présente les cotes d’efficacité des pesticides contre les ravageurs et leur toxicité envers les espèces utiles.
Pour vous protéger, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) présente la fiche Les pesticides et la santé - Risques et mesures préventives contenant de l’information sur les différentes intoxications, les différentes voies d’exposition aux pesticides, la méthode d’utilisation sécuritaire des pesticides et les équipements de protection individuelle.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Stéphanie Gervais, agronome, M. Sc. et Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agronome, M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.



