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L'amour est-il vraiment dans le pré ?


 
Ç’est romantique, la campagne. Une promenade en véhicule tout-terrain au coucher du soleil, un petit pique-nique dans un champ de blé ou admirer les premiers pas d’un petit veau sont des images mignonnes que l’on voit passer à la télé-réalité ‘’L’amour est dans le pré’’. La vraie vie, tant qu’à elle, est beaucoup moins rose. Nombreux sont ceux qui oublient que les animaux mangent 365 jours par année…

Sous sa couverture romantique, cette émission mets au jour une dure réalité des agriculteurs. Selon une étude réalisée en France par Giraud, C. (2012)  parmi toutes les classes sociales, à l’exception des ouvriers agricoles, les producteurs agricoles sont les plus affectés par le célibat. En effet, ce sont les producteurs laitiers généralement issus d’une ferme familiale, qui sont les plus touchés.

Effectivement, c’est plus difficile que ça en a l’air de se trouver un partenaire quand on est un jeune agriculteur. Même si ce métier semble intriguant pour certains, rares sont les compagnons qui acceptent aussi facilement ce rythme de vie effréné. En fait, une étude réalisée par l’Université Laval en 2010 soutient que le nombre d’heures travaillées hebdomadairement par le jeune agriculteur moyen est de 64 heures, ce qui est loin de la moyenne des travailleurs du Québec, qui est de 34,5 heures par semaine. Inévitablement, cela nuit à la vie affective, familiale et amicale des producteurs agricoles (Rousseau et al., 2010).
Cette étude, dont plus de 400 participants étaient des agriculteurs québécois âgés entre 18 et 37 ans, a permis de mesurer l’isolement social des jeunes producteurs. C’est alarmant; 60% des répondants sont à risque de se trouver dans une situation d’isolement social et 15 % se retrouvent dans cette condition, c’est-à-dire qu’ ils ont peu de personnes sur qui compter et que cela les rend malheureux » (Rousseau et al., 2010).

De plus, des études antérieures démontrent clairement que dans toutes classes sociales confondues, les célibataires ont un plus grand nombre de contacts sociaux en comparaison aux personnes qui sont en couple. L’étude mentionnée ci-haut révèle une situation opposée pour les jeunes producteurs québécois; 49% des célibataires ont un petit réseau de soutien social comparativement à 28% des agriculteurs en couples ou mariés. Effectivement, il est plus ardu pour un jeune agriculteur de maintenir un réseau social actif lorsque l’on doit se lever à 5h et qu’on finit de travailler à 20h. Il est presque l’heure d’aller se coucher!

Pourtant, les jeunes connaissent déjà ou ont un avant-goût ce mode de vie acharné. En fait, 55 % des femmes et 81 % des hommes de la relève viennent du milieu agricole. Ils sont conscients que prendre la relève de la ferme implique de faire des compromis et des sacrifices. On peut oublier les soupers organisés à la dernière minute quand on doit faire la traite à 17h…
Alors, pouvons-nous faire un lien direct entre le nombre d’heures de travail exorbitant et le manque de relève agricole? Ce mode de vie est probablement un facteur qui importe dans la décision, car selon l’étude, les jeunes croient que leur métier et le fait de vivre en région ont un impact négatif sur vie intime. Et vous, seriez-vous prêt à mettre une croix sur votre vie sociale et vos sorties entre amis pour prendre la relève de la ferme familiale? La majorité n’est pas prête à le faire. Cette décision, ou plutôt, ce choix de vie qui implique de laisser de côté  le fameux ‘’9 à 5’’, doit être prise à un jeune âge. Les chiffres le démontrent; selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, seulement 64 % des propriétaires qui prévoyaient se départir de leur entreprise entre 2010 et 2015, ont désigné une relève (DPARA, 2011).
Le sentiment d’appartenance à la ferme familiale est important et c’est ce qui retient les jeunes. Maintenant, le défi est de trouver quelqu’un qui veut aussi, tisser des liens serrés avec la belle-famille, ainsi que s’adapter à ce mode de vie différent et champêtre.
 
Références
DPARA (Direction des politiques et analyses des risques agricoles du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation). 201l. Recensement de la relève agricole établie 2011. Gouvernement du Québec. ?https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Publications/Portrait_releveagricole.pdf (11 février 2017)

Giraud, C. 2012. Le célibat des agriculteurs: unité et diversité. Demeter, 2013, 297-316.

Rousseau, G., Parent, D., Perrier, J-P.2010. Analyse de l’isolement social, de la sociabilité et de la qualité du soutien social chez les jeunes agriculteurs québécois. Université Laval. http://www.traget.ulaval.ca/uploads/tx_centrerecherche/RousseauFinal150909.pdf  (10 février 2017)
 
Commentaires (1)
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Myriam Chagal Myriam Chagal 28 janvier 2018 13:00

Bonjour Claudia. C'est intéressant. Je ne savais pas cela. Donc, il faut se soutenir autant que possible entre agriculteurs. Il y a un colloque à Victoriaville le 21 et 22 février. https://www.cetab.org/en/colloque2018

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Date de publication : 12 avril 2017

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