
Les plantations continuent et tous les types de laitue sont en récolte en Montérégie. Interventions contre les punaises en Montérégie. Dommages de vers gris en diminution en Montérégie. Pucerons en Montérégie et dans la Capitale-Nationale. Maladies variables, mais généralement faibles.
Pour la période du 10 au 16 juin, les températures de jour comme de nuit ont été chaudes, au-dessus des normales pour l’ensemble des régions. Les températures ont ensuite chuté vers le 13 juin pour se retrouver légèrement au-dessous des normales. Plusieurs régions ont connu une longue période où l’humidité relative est restée élevée. Les précipitations ont été variables selon les régions et entre les stations d’une même région. Voir la carte des précipitations. Dans certaines régions, le sol est resté humide par endroits, mais la situation n’a pas retardé le calendrier de semis et de plantation.
Dans la Capitale-Nationale, un peu de dommages de vent (étranglement au collet) sont rapportés.
AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS
Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Le développement est bon.
| Régions | Stade d'avancement le plus avancé |
| Capitale-Nationale | 10 feuilles |
| Chaudière-Appalaches | 10 feuilles |
| Montérégie | Récolte dans tous les types de laitues |
Les captures d’adultes de ver-gris noir sont en diminution en Montérégie et dans Lanaudière, mais restent plutôt élevées en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Avis aux intéressés, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) souhaite récolter des larves de vers gris, dans le cadre d’un projet de recherche.
Punaises
Les punaises étaient encore très présentes en Montérégie-Ouest dans la dernière période, particulièrement les punaises brunes adultes qui profitaient de la chaleur. Plusieurs interventions ont été effectuées, parfois avec une efficacité mitigée. La punaise brune était particulièrement difficile à déloger dans certains champs. Dans la Capitale-Nationale, les adultes de punaises brune et terne causent toujours peu de dommages et aucune intervention n’a été nécessaire.
Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures.
| Laitue pommée | Moins de 10 feuilles | 7 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants | |
| Laitue romaine et en feuille | Moins de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 3 individus pour 30 plants |
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Pucerons
En Montérégie, des colonies de pucerons aptères sont de plus en plus observées dans les laitues, sans atteindre les seuils d’intervention. Des pucerons ailés sont aussi présents dans la Capitale-Nationale. Aucun puceron de la laitue n’a été observé pour l’instant.
Voir les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec.
Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.
Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information.
Autres insectes
Des chenilles et cicadelles sont toujours observées en Montérégie, sans nécessiter d’intervention.
Le temps frais et pluvieux qui est annoncé dans la prochaine période sera très favorable aux maladies de sol et aériennes. À noter que les traitements fongicides pour préserver les laitues des maladies de sol (pourriture blanche et moisissure grise) doivent être faits au plus tard au stade 10 feuilles des laitues, afin de s’assurer que la pulvérisation atteigne le collet à la base des plants.
Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
En Montérégie, les cas d’affaissement pythien sont généralement en diminution. Ils vont de faibles (moins de 5 %) à modérés (5 à 10 %) selon le champ.
- Dépistage : outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas nécessairement d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées suite à un sarclage.
- Stratégie d'intervention : les champs présentant un historique élevé de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection de Pythium tracheiphilum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent d'identifier l’inoculum et de connaître la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minor)
L’incidence de pourriture blanche est en diminution en Montérégie (moins de 5 %), la maladie étant surtout présente dans les plantations les plus avancées qui sont maintenant récoltées. Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
- Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Moisissure grise (Botrytis cinerea)
En Montérégie, les cas de moisissure grise vont de négligeables (moins de 1 %) à modérés (5 à 10 %). Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
- Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information.
MALADIES FOLIAIRES
Tache bactérienne (Xanthomonas campestris) /
Les foyers de tache bactérienne rapportés en Montérégie sont en légère hausse, particulièrement sur les feuilles basales des laitues pommées. La prévention demeure la meilleure approche contre cette maladie en conditions pluvieuses.
- Prévention : la propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

