
Météo : températures variables, beaucoup de pluie par endroits. Développement de la culture : bonnes conditions de croissance, floraison dans le sud de la province. Ravageurs : doryphore actif et larves dans le sud et le centre de la province, faible activité d'autres insectes. Maladies : pourritures de plantons stabilisées, aucun cas de mildiou, mais météo plus favorable, 1ers cas de jambe noire et de plants virosés. Mauvaises herbes : fin ou poursuite des interventions, gestion des échappées. Résistance des mauvaises herbes aux herbicides : à surveiller. Gestion des volontaires : un rappel.
CONDITIONS MÉTÉROLOGIQUES
Pour la période 12 au 18 juin 2026, les températures ont fluctué dans plusieurs secteurs de la province. Plus au sud, le mercure a affiché des valeurs élevées au début (30-33 °C le 12 juin), pour descendre par la suite, puis remonter vers la fin. Dans des régions plus centrales, ce fut à peu près le même scénario, mais avec des températures moins chaudes. Plus au nord et à l’est, le temps a été plus frais avec une certaine remontée du mercure en fin de période (consultez le sommaire agrométéorologique). Des précipitations ont eu lieu partout en province, surtout les 12, 14 et 17 juin, puis davantage le 18 juin avec le passage d’une bonne dépression dans plusieurs secteurs, avec près de 90 mm par endroits (ex. : Capitale-Nationale). De bons cumuls ont été enregistrés le 14 juin en Montérégie, tandis que de fréquentes précipitations ont eu lieu, entre autres au Saguenay–Lac-Saint-Jean avec des quantités mesurables presque tous les jours. Quelques orages ont produit de la grêle par endroits (ex. : 17 juin en Montérégie et dans Lanaudière) (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Du vendredi 19 juin au jeudi 25 juin, Environnement Canada prévoit des températures qui devraient être près ou un peu sous les moyennes de saison. Pour les précipitations, le temps humide devrait se poursuivre avec des précipitations annoncées sur plusieurs jours, mais avec des cumuls à priori pas trop élevés.
DÉVELOPPEMENT DE LA CULTURE
Les conditions demeurent favorables un peu partout à un bon développement de la culture. Le retard sur la saison 2025 semble s’être comblé, mais on observe encore un retard sur la moyenne par endroits. Les parcelles les plus avancées du sud de la province sont en floraison presque complète, avec la formation de petits tubercules. Les sols qui s’étaient asséchés en début de période sont maintenant bien humides. On ne rapporte pas d’usage de l’irrigation depuis le début de la saison. Concernant la levée des derniers semis, les températures variables des deux dernières semaines ont également conduit à une levée variable par endroits et pour certains cultivars, selon les collaborateurs. Les chantiers de sarclage et de buttage/renchaussage se poursuivent partout, à des rythmes différents selon la météo et la date des semis. Les fortes précipitations annoncées pour les 18 et 19 juin ont forcé des producteurs à devancer le buttage par endroits. Il n’est pas rapporté de désordres physiologiques ou abiotiques en lien avec la météo, à part un suivi pour des cas de grêle et un peu d’insolation isolée sur de jeunes plantules en début de période (Centre-du-Québec). Le tableau 1 présente le développement de la culture de primeur en différentes régions.
Tableau 1 : État d'avancement de la culture de primeur pour des producteurs types, rapportés par les collaborateurs du RAP (en date du 18 juin 2026)
| Régions | Stade de la culture (primeur)1 |
|
| 2026 | 2025 | |
| Montérégie-Est et Montérégie-Ouest | Début floraison à floraison Tubercules (ND) |
Début floraison Tubercules (ND) |
| Outaouais | Bouton floral | Début bouton floral |
| Lanaudière | Début floraison à floraison Tubercules 0,5-1 cm |
Début floraison Tubercules 1 cm |
| Centre-du-Québec et Mauricie | Début floraison à floraison Début tubérisation (~ 1 cm) |
Bouton floral à quelques fleurs Début tubérisation (< 1 cm) |
| Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches | Bouton floral à début floraison Début tubérisation (< 1 cm) |
Début bouton floral à bouton floral |
| Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Abitibi-Témiscamingue | Plants 10-15 cm2 | Plants 10 cm2 |
GESTION DES RAVAGEURS
La pression du doryphore de la pomme de terre a augmenté dans le sud et au centre de la province. Par endroits, les adultes sont plus présents sur des volontaires dans des champs voisins que sur la culture en place. La ponte est en hausse et la présence de jeunes larves (stades 1 et 2 et localement de stade 3) est remarquée dans certaines parcelles à un stade plus avancé. Des traitements insecticides effectués au semis (planton, sillon) demeurent efficaces alors que d’autres ont perdu de leur efficacité. L’absence d’adultes morts au sol indique une perte d’efficacité ou de rémanence du produit utilisé. Quelques interventions, parfois de bordures de champs, ont débuté sur des sites plus infestés. Ailleurs en province, on rapporte un début d’activité des adultes plus au nord et à l’est, mais encore faiblement. Le dépistage des parcelles devient donc nécessaire à cette période-ci.
Plus de collaborateurs ont débuté le suivi de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) en cours de période. Les captures des adultes sur pièges jaunes englués sont encore faibles en province, avec des décomptes allant de 0 à 3 individus/piège/semaine, dans le sud et le centre de la province. On rapporte un peu d’activité d’adultes sur le feuillage par endroits, mais pas de larves ou de symptômes associés à leur présence. Les parcelles sans insecticide au semis sont les plus à risque, donc celles où les pièges collants doivent être installés en priorité. Le seuil utilisé par les collaborateurs du RAP est de 25 individus/piège/semaine, en lien avec l’expérience acquise depuis plusieurs années et des essais menés par le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL). Des plants en santé et en croissance active supportent mieux les attaques des CPT, autrement le seuil proposé devrait être ajusté en conséquence, soit à la baisse. Le cultivar doit également être pris en considération. Il est important de bien utiliser les pièges (ex. : bon positionnement dans le champ, ajustement de leur hauteur pour qu’ils soient visibles à distance, changement au besoin, relevés réguliers, deux côtés du piège avec la surface collante, bonne identification de l’espèce présente, etc.).
Concernant d’autres ravageurs suivis par le RAP, actifs ou à surveiller présentement, voici les observations rapportées cette semaine :
- Vers gris : activité plutôt stabilisée (Lanaudière, Mauricie) et un début ailleurs (Bas-Saint-Laurent, Capitale-Nationale), mais avec peu de dommages aux plants présentement. Ces larves de noctuelles sont plus actives lors de nuits chaudes et humides. Elles coupent des tiges au ras du sol, en grugent le collet et/ou mangent du feuillage près de la surface du sol (voir photo). Il faut creuser le sol autour du plant qui présente des dommages pour les observer. Il n'y a pas de seuil d’intervention connu dans la pomme de terre au Québec. La nécessité ou non d’une intervention dépend de plusieurs facteurs, dont la grosseur des larves, la température en cours et à venir, le stade de développement de la plante, la superficie et la section du champ touchées, etc.
- Punaise terne : un début d’activité localisée des adultes, dont dans Lanaudière, causant le flétrissement de bout de jeunes tiges, sans impact sur la culture présentement.
- Pucerons : aucune activité rapportée, mais avec un suivi plus serré qui débute ou va débuter en zones semencières.
- Altises : faible présence sur des plants sans insecticide au semis (ex. : Chaudière-Appalaches).
GESTION DES MALADIES
Les collaborateurs ne rapportent pas de nouveaux cas anormaux ou de hausse des cas connus de pourritures de plantons. La situation est donc considérée comme sous contrôle. Avec l'amélioration de la croissance, les plants issus de plantons avec un début de pourriture semblent poursuivre un développement plutôt normal. Très peu de nouveaux cas de rhizoctone brun ont été mentionnés en cours de période ainsi qu’aucune ou peu de progression de ceux déjà déclarés.
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté au Québec depuis le début de la saison. Le temps plus humide en cours incite à la prudence et la mise en place d’une protection fongicide est de mise pour les parcelles avec des plants plus avancés dans les secteurs du sud et du centre de la province. L’usage d’un modèle prévisionnel (ex. : Miléos) et/ou l’installation de capteurs de spores (selon le cas) devraient également débuter. La prévention doit se poursuivre avec, entre autres, une bonne gestion des volontaires qui sont davantage présents cette année dans des parcelles en rotation. Si vous observez des taches suspectes, il ne faut pas hésiter à contacter votre conseiller, au besoin, pour une assistance et une bonne identification. Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. La même situation vaut pour d'autres sources plus régionalisées sur le suivi de la culture de la pomme de terre en Amérique du Nord.
Aucun symptôme relié à l’activité de la tache alternarienne (brûlure hâtive) n’a été signalé. Elle se présente plus à partir de la fin juin et/ou lors de la floraison des plants de pommes de terre, souvent en situation de stress.
Des premiers cas de jambe noire ont été rapportés dans le cultivar 'Colomba'. C’est également le cas pour des plants virosés (avec le PVY soupçonné; voir photo) pour des cultivars comme 'Norland' et 'Colomba', le tout en faible proportion pour le moment.
GESTION DES MAUVAISES HERBES
Les interventions avec des désherbants de prélevée de la culture sont terminées en plusieurs endroits, mais se poursuivent ailleurs, parfois retardées par des conditions météo défavorables. Pour la majorité d’entre elles, l’efficacité a été bonne. Cependant, des retouches ont été ou seront parfois nécessaires pour contrôler certaines espèces de mauvaises herbes. Le choix du produit de contrôle en postlevée de la culture devrait se faire en fonction des espèces présentes et aussi en tenant compte du délai d’attente avant la récolte (bien lire les étiquettes à ce sujet).
RÉSISTANCE DES MAUVAISES HERBES AUX HERBICIDES
(collaboration : Marilou Ratté, agr., CIEL)
La résistance des mauvaises herbes aux herbicides est une problématique en croissance au Québec et doit aussi être une préoccupation constante. Cette situation concerne également la production de pommes de terre, puisque les groupes 2 (rimsulfuron), 5 (métribuzine, linuron) et 9 (glyphosate) figurent parmi les groupes d’herbicides pour lesquels le plus de cas de résistance ont été recensés. Des cas de résistance au linuron chez la petite herbe à poux et l’amarante à racine rouge, ainsi qu’à la métribuzine chez le chénopode blanc, ont notamment été confirmés au Québec dans plusieurs cultures.
Dans les champs, certains indices peuvent laisser soupçonner la présence de résistance : la survie d’une seule espèce après le traitement, une répartition aléatoire des plants survivants, des niveaux de dommages variables, la réapparition du même problème d’une année à l’autre ou encore l’utilisation répétée d’herbicides du même groupe.
Comme la détection précoce permet d'adapter les stratégies de lutte et de limiter la propagation des populations résistantes, la détection de la résistance aux herbicides est offerte à toute personne ou organisation du Québec, peu importe le type de production agricole. Si vous soupçonnez la présence d’une population résistante, n’hésitez pas à soumettre un échantillon au Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ pour analyse ou parlez-en à votre conseiller agricole.
Pour plus d'information
- Votre trousse « Résistance des mauvaises herbes » pour 2026
- Portrait de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides au Québec (2011-2025)
- Résistance des mauvaises herbes aux herbicides résultat 2025
- Résistance des mauvaises herbes aux herbicides résultat 2024
- Les mauvaises herbes résistantes dans les légumes-racines
GESTION DES VOLONTAIRES
Des collaborateurs et des producteurs de différentes régions continuent à rapporter des cas de plants volontaires dans des parcelles qui étaient en pommes de terre en 2025, autant dans des cultures en rotation qu'en pommes de terre cette année également. Plus d’information est disponible sur le sujet dans l’avertissement N° 6 du 12 juin 2026.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.




