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Laitue et chicorée, Avertissement No 9, 2 juillet 2026


Plantations et récoltes dans toutes les régions. Punaises, vers gris et pucerons en Montérégie. Pourriture blanche en Montérégie et Chaudière-Appalaches. En Montérégie, augmentation de pythium et prévention contre la rhizoctonie. Mildiou et tache bactérienne en augmentation. Quelques désordres. 
 

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS 

Pour la période du au 23 au 30 juin, les températures ont été généralement dans les moyennes de saison pour la première partie de la période. Certaines régions ont connu une journée plus froide avant un réchauffement des températures, pour atteindre des températures au-dessus des normales en fin de période. Les températures de nuit ont été stables, près des normales de saison, mais quelques régions ont connu des nuits sous la barre des 10 °C.  

L’ensoleillement a été généralement bon. L’humidité relative est restée élevée pendant de longues périodes pour plusieurs régions. 

Les précipitations ont été variables, voir la carte des précipitations.

Les précipitations fortes de la semaine précédente jumelées aux précipitations reçues par endroits cette semaine ont maintenu les sols humides. Certaines plantations ont été retardées ou déplacées en raison de l’humidité du sol. Les traitements phytosanitaires sont généralement à jour, mais certains ont été réalisés plus tard que ce qui était visé. Le dépistage de certains champs n’a pas pu être réalisé lorsque le sol était trop humide le jour de la visite du dépisteur. 

Les conditions chaudes et humides devraient perdurer encore quelques jours pour plusieurs régions.  

  
AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 

Les plantations et les récoltes se poursuivent dans toutes les régions.  

En Montérégie, des récoltes et de nouvelles plantations ont été perdues à la suite des inondations du 20 juin. Les travaux au champ ont aussi été compliqués par l’excès d’eau, mais les producteurs ont su s'adapter aux conditions afin de poursuivre les plantations sans prendre de retard

 
INSECTES
 
En Montérégie-Ouest, des traitements ont encore été nécessaires afin de protéger les nouvelles plantations. La majorité des vers gris observés mesuraient plus de 2,5 cm, mais quelques petits vers gris ont aussi été vus. Dans quelques champs, de gros vers gris se sont attaqué à la pomme de laitue pommée, sans nécessiter d’intervention.  

Malgré des captures d’adultes de ver-gris noir encore élevées sur certains sites, aucun dommage de vers gris n’est rapporté en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale.
 
Pour dépister les vers gris faucheurs, il faut vérifier la présence de plants coupés dans le champ. En fouillant le sol autour d’un plant récemment endommagé, il est souvent possible de retrouver la chenille responsable. Cette surveillance est importante dans les deux à trois premières semaines suivant la levée ou la plantation.
 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Punaises
En Montérégie-Ouest, les populations de punaises ternes et brunes (adultes et larves) étaient stables, nécessitant encore des traitements dans plusieurs champs. Dans la Capitale-Nationale, les populations de punaises terne et brune restent faibles.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles  7 individus pour 30 plants    
Plus de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants 
Plus de 10 feuilles  3 individus pour 30 plants 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pucerons
En Montérégie, le puceron de la laitue est présent en quantité variable. Des traitements ciblant également les punaises ont été réalisés. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, on observe peu de pucerons.

Voir les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec.

Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information.  


Autres insectes 
Les cicadelles, chenilles, mouches des semis, sauterelles et vers fil-de-fer sont rapportés en Montérégie, sans nécessiter de traitement. Dans la Capitale-Nationale, des perce-oreilles sont présents en faible nombre dans la pomme de certaines laitues.

 
MALADIES DE SOL 

En Montérégie, les cas d’affaissement pythien (Pythium sp.) et de pourriture blanche (Sclerotinia spp.) ont augmenté, atteignant jusqu’à 45 % et 20 % des plants. Les champs concernés étaient ceux à risques touchés par les excès d’eau. La pourriture blanche augmente aussi en Chaudière-Appalaches dans les champs près de la récolte. De la moisissure grise (Botrytis sp.) est aussi observée sur les feuilles basales en Montérégie.
 

Pourriture basale (Rhizoctonia solani

Les sols très humides et les températures très chaudes de la semaine étant très favorables à la pourriture basale, particulièrement dans les laitues pommées plus matures, des traitements préventifs ont été effectués dans les champs à risque en Montérégie. 

Dépistage : les premiers symptômes sont observés au collet et sur les feuilles basales des laitues. La maladie est caractérisée par des taches de couleur rouille débutant à la base des feuilles. Les lésions prennent ensuite la forme de pourriture aqueuse brune, sans sporulation, et s’étendent ensuite vers les feuilles intérieures. La maladie peut être latente sur les feuilles basales sans causer de pertes à la récolte, mais peut rapidement affecter le plant complet en conditions favorables. 
 
Stratégie d’intervention : les solutions sont limitées contre la pourriture basale. La maladie peut être détectée et cartographiée dans le sol grâce à l’analyse d’échantillons de sol, afin d’identifier les zones à risques. 
 
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
 

MALADIES FOLIAIRES 
 

Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)
Les cas de mildiou continuent d’augmenter en Montérégie et des traitements préventifs, anti-sporulants et curatifs, sont effectués dans les variétés de laitue non-résistantes au mildiou. La maladie n’est pas rapportée dans les autres régions. 

Dépistage : il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager. 

Prévention : pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Voir cette fiche technique pour plus d’information. 

Tache bactérienne (Xanthomonas campestris
Les pluies importantes des dernières semaines ont favorisé la tache bactérienne en causant des blessures au feuillage et l’éclaboussure du sol sur les plants. Le temps chaud et humide de cette semaine sera aussi favorable à la maladie. 

Prévention : la propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps.    

 

DÉSORDRES 


En Montérégie, on rapporte quelques cas de montaison prématurée. Ce désordre est généralement associé à un excès de maturité ou divers stress. 

De l’assèchement marginal parfois sévère a également été observé en Montérégie. Ce désordre apparaît sur les bordures de feuilles matures ou presque matures, ce qui est différent de la brûlure de la pointe qui se développe sur les feuilles en croissance active. Ce désordre apparaît généralement pendant les périodes chaudes, lorsque le taux d’humidité de l’air est très faible.
  

  

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Laitue et chicorée
Date de publication : 02 juillet 2026

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