FEU BACTÉRIEN (ou BRÛLURE BACTÉRIENNE)
(V. Philion)
Dans tous les vergers où l’éclosion des fleurs est imminente, voire débutée, le risque de feu bactérien, causé par Erwinia amylovora, va atteindre les seuils d’intervention à partir de lundi 18 mai, selon les secteurs.
Avant l’éclosion, les fleurs ne sont jamais contaminées par les bactéries. Les principaux risques d’infection dépendent essentiellement de trois facteurs :
1. La visite de fleurs écloses récemment par des insectes porteurs
Les calculs de risque (ex. : RIMpro) débutent seulement quand les pétales sont assez ouverts pour que les insectes puissent visiter la fleur et se terminent quand la fleur est trop âgée pour être infectée. La durée de cette fenêtre de sensibilité dépend de la température.
2. Une température assez élevée pour que la bactérie s’installe et se multiplie
La température joue sur la durée de vie des fleurs (#1), mais aussi sur la vitesse de multiplication des bactéries. Quand il fait chaud, la séquence d'éclosion, de contamination, de multiplication et d'infection peut se compléter en 48 h, souvent davantage, mais difficilement moins.
3. Une période de rosée ou de mouillure pour favoriser l’infection, soit l’entrée de la bactérie dans le pommier
La rosée et la pluie entraînent les bactéries dans les nectaires de la fleur, par où elles envahissent l’arbre. Il arrive que les bactéries puissent infecter sans pluie ou rosée, mais le risque est alors assez faible. À mesure que les fleurs vieillissent, le risque que les bactéries présentes puissent infecter l’arbre diminue rapidement.
L’objectif des traitements pendant la floraison est d'empêcher la multiplication des bactéries et de limiter l’infection. La meilleure stratégie pour y parvenir est d’étaler vos traitements pour atteindre un maximum de fleurs ouvertes, mais aussi de viser celles qui seront à risque. Les fleurs ouvertes n’ont besoin que d’un traitement pour être suffisamment protégées à vie.
Comme le feu bactérien peut être dévastateur, il est important de choisir les traitements les plus efficaces.
La streptomycine est le meilleur outil disponible. Le traitement est idéalement appliqué avant l’infection, mais il est possible de traiter jusqu’à 24 h après. Il n’y a pas de résistance connue dans les vergers et la meilleure stratégie pour maintenir à long terme l’efficacité de ce bactéricide est de l’utiliser seulement pendant la floraison. Le plus gros risque de résistance est lié à l’importation d’arbres en provenance des États-Unis. La kasugamycine (KASUMIN) est moins efficace que le sulfate de streptomycine (STREPTOMYCIN 17). La rotation entre la streptomycine et la kasugamycine n’est pas utile pour limiter la résistance.
En production biologique, la levure Aureobasidium pullulans (BLOSSOM PROTECT ou BOTECTOR) appliquée avant l’infection est de loin l’outil le plus efficace pour réprimer cette maladie. Même si la liste des produits homologués est longue, pensez-y avant de choisir un produit moins efficace. Le plus gros problème de cette matière active est sa compatibilité limitée avec les fongicides.
Des outils pour vous aider
- Vos questions, nos réponses - Réseau-pommier
- L.6-Le feu bactérien : biologie – Réseau-pommier
- L.8-Le feu bactérien : stratégies de lutte – Réseau-pommier
- Outil décisionnel pour la gestion de la brûlure bactérienne - Agri-Réseau
RESSOURCES ET OUTILS POUR LA GESTION DE LA TAVELURE
(S. Gervais)
Consultez l'avertissement N° 1 publié le 15 avril dernier dans la section « Messages techniques régionaux » pour accéder à différents outils et liens utiles afin d’optimiser vos interventions contre la tavelure du pommier.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Vincent Philion, agronome, M. Sc., phytopathologiste (IRDA). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Pommier ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agronome, Ph. D. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


