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Grandes cultures, Avertissement No 8, 5 juin 2026


Mouche des semis : quelques cas rapportés et facteurs à considérer en cas de resemis. Tipule des prairies : certains sites ont dépassé les seuils et nouveaux cas rapportés en Estrie. Carence en manganèse dans les céréales à paille : diagnostic et correction. Le développement de l'oïdium ralenti par les températures chaudes.
 

MOUCHE DES SEMIS : QUELQUES CAS RAPPORTÉS ET FACTEURS À CONSIDÉRER EN CAS DE RESEMIS
S. Boquel1, S. Mathieu2, J. Breault2, B. Duval2, M.-E. Cuerrier2 et V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)

Cette semaine, des dommages de mouche des semis ont été signalés dans quelques champs de soya et un champ de maïs en Montérégie. Dans le cas où des champs ont été semés durant la période du pic d’émergence des adultes de la mouche des semis, évaluez les dommages à la culture. Un resemis pourrait être nécessaire, seulement dans le cas d’une baisse importante de la population.

Les dommages peuvent être observés environ 2 semaines après les pics prévisionnels d’émergence des adultes, particulièrement dans les champs semés près de ces dates de pic et qui présentent également des facteurs de risque. La mouche des semis a moins d’impact sur la culture, une fois la levée complétée, notamment lorsque la plantule n’a plus besoin des réserves du grain pour se développer. Les dates du pic d’activité des adultes de la mouche des semis ont été mises à jour le 4 juin 2026.

Tableau 1 : Situation au 4 juin 2026 selon le modèle prévisionnel
Région Date prévue du pic d'émergence des adultes de mouches des semis (50 %) Mouches des semis adultes émergées (%)
Abitibi-Témiscamingue 7 juin 41
Bas-Saint-Laurent 10 - 12 juin 30 – 33
Capitale-Nationale 3 - 9 juin 38 – 55
Centre-du-Québec 26 mai 77 – 78
Chaudière-Appalaches 3 - 9 juin 36 – 53
Estrie 23 - 27 mai 70 – 82
Lanaudière 25 - 26 mai 80 – 84
Laurentides 26 mai 81
Mauricie 3 juin 54
Montérégie-Est 21 mai 89
Montérégie-Ouest 19 - 21 mai 89 – 91
Outaouais 27 - 30 mai 66 – 76
Saguenay-Lac-Saint-Jean 9 juin 36
 
Les dommages causés par les larves sont visibles sur les grains en germination, les cotylédons, les tiges et le système racinaire des plantules en émergence. Les larves pénètrent fréquemment dans les grains en germination au moment de la levée, afin de se nourrir à l’intérieur de ceux-ci. Elles peuvent aussi grignoter directement les cotylédons des plants. Des galeries sont parfois observables au niveau de la tige ou du collet des plantules.
 
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Dommages de larves de mouche des semis sur des cotylédons de soya

Source : S. Corriveau-Tousignant (CÉROM)

 
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Larves de mouche des semis sur un grain de soya en germination

Source : M. Amyot (CÉTAB+)

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Larve de mouche des semis dans un grain de maïs

Source : B. Duval (MAPAQ)

 
Si des dommages en lien avec la mouche des semis sont observés et qu'un resemis est envisagé, il est important d’évaluer plusieurs éléments pour déterminer si le resemis est nécessaire :
 
  • La date du semis et le peuplement restant : estimer le peuplement de la culture en tenant compte de sa densité et de son uniformité ainsi que de la date de semis, ce qui permet de définir le potentiel de rendement. Le document Faible densité de peuplement et levée inégale : les impacts sur le maïs et le soya contient l'information utile pour guider votre décision.
  • Le stade de développement de l’insecte : il est essentiel d’effectuer un dépistage, afin de déterminer le moment optimal pour le resemis. Si la majorité des insectes présents sont encore au stade larvaire, il est recommandé d’attendre qu'ils soient au stade nymphal (pupe) avant de resemer. Une fois que la majorité des insectes est rendue à ce stade et que les pupes ne sont pas encore vides — ce qui indiquerait l’émergence de la deuxième génération — le resemis peut alors être effectué. Cette vérification permet de s’assurer que la nouvelle culture ne coïncide pas avec le pic d’activité de la seconde génération de la mouche des semis, réduisant ainsi les risques de dommages (voir figure 1).
  • La température et l’humidité : à mesure que celles-ci augmentent, les mouches deviennent moins actives et peuvent être infectées par des champignons entomopathogènes, réduisant les risques de dommages aux cultures.
 
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Figure 1 : Schéma général de l’activité de la mouche des semis
Crédits : S. Boquel (CÉROM), icône œuf par Mayor Icons; icône larve par Irakun; ic¸one mouche adulte par Eucalyp chez www.flaticon.com



S’il faut reprendre un semis, il est important de mettre tout en œuvre pour favoriser une levée rapide de la culture, afin d’éviter des dommages qui pourraient être causés par la prochaine génération de mouche des semis.

Pour signaler des dommages en lien avec ce ravageur, n’hésitez pas à communiquer avec votre responsable régional en grandes cultures du MAPAQ ou à l’adresse suivante : rapcerom@cerom.qc.ca.

Pour en savoir plus sur les facteurs de risque et sur les méthodes de prévention, consultez la fiche technique Mouche des semis.


TIPULE DES PRAIRIES : CERTAINS SITES ONT DÉPASSÉ LES SEUILS ET NOUVEAUX CAS RAPPORTÉS EN ESTRIE
S. Boquel1, G. Régimbald2, V. Samson2 et M.-E. Cuerrier2
1. Chercheur (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)

Des populations de tipules des prairies dépassant les seuils d’intervention ont été observées dans certains champs au Québec. Aucun insecticide n’est homologué contre cet insecte. Des resemis peuvent être envisagés, seulement dans le cas où des baisses de population le justifient.

Dans le cadre du RAP Grandes cultures, parmi les 22 sites permanents suivis avec un historique de présence de tipule, 6 sites en prairies ont dépassé les seuils d’intervention. Parmi ceux-ci, 2 sont situés au Bas-Saint-Laurent (Pohénégamook, 274 larves/m2; Saint-Moïse, 108 larves/m2), 2 en Chaudière-Appalaches (Beauceville et Saint-Adrien-d’Irlande, 127 larves/m2 chacun), 1 en Estrie (Hatley, 102 larves/ m2) et 1 en Mauricie (Saint-Tite, 102 larves/m2). De plus, des dommages causés par la tipule des prairies ont été rapportés dans de nouveaux sites en Estrie, soit dans une implantation de prairie sous plante-abri de seigle d’automne, réalisée l’automne dernier et dans du maïs. Selon les seuils d’intervention utilisés en Europe et transposables au Québec, des populations printanières de plus de 25 à 50 larves/m2 dans les céréales et de plus de 100 larves/m2 dans les fourrages sont susceptibles de causer des pertes de rendement.
 
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Larve de tipule des prairies

Source : S. Boquel (CÉROM)

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Zone dénudée par la tipule des prairies

Source : M. Beaupré (NPK agronomie inc.)


Les champs infestés par la tipule des prairies présentent de larges zones jaunies ou dénudées. Des plants plus petits et grignotés peuvent également être observés. Afin de répertorier la présence de la tipule des prairies et des dommages aux grandes cultures dans toutes les régions du Québec, le RAP Grandes cultures invite toutes les entreprises agricoles et leurs conseillers à signaler la présence de l’insecte ou de dommages à leur responsable régional du MAPAQ et à envoyer une fiche de signalement remplie à rapcerom@cerom.qc.ca.

Aucun insecticide n’est homologué contre la tipule des prairies. Les dommages pourraient se poursuivre jusqu’à ce que les larves atteignent entre 4 et 5 cm de longueur (soit entre la mi-juin et la fin juin), taille à laquelle elles se préparent à se transformer en pupes. Si les dommages sont importants et qu’un resemis est envisagé, la taille des larves doit être évaluée, afin de semer lorsque leur activité est terminée.

Pour plus d’information :  

CARENCE EN MANGANÈSE DANS LES CÉRÉALES À PAILLE : DIAGNOSTIC ET CORRECTION
I. Bernard1 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ)

Des symptômes de carence en manganèse (Mn) sont présentement observés dans certains champs de céréales d'automne. Cette carence apparaît le plus souvent dans un sol ayant un pH élevé et une faible teneur en Mn disponible.

Les symptômes apparaissent généralement lorsque les plants sont encore au stade végétatif, en mai pour les céréales d'automne et en juin pour les céréales de printemps. On reconnaît la carence principalement par une chlorose entre les nervures (les nervures des feuilles sont vertes alors que le reste du limbe est jauni) se manifestant d’abord sur les jeunes feuilles. Les plants atteints ont également un port affaissé.

Les pulvérisations foliaires de Mn sous forme de sulfate de manganèse (MnSO4) sont efficaces pour corriger les carences en cet élément chez les céréales à paille. La période optimale pour effectuer le traitement se situe à la fin du tallage. Si une carence sévère est décelée tardivement, une application plus tardive que le stade recommandé de la culture pourrait être envisagée, même si cela n’est pas idéal, car le rendement est déjà affecté et la réponse sera généralement moins marquée.

Ne confondez pas la carence en Mn avec certaines maladies ou d’autres problèmes phytosanitaires. Pour en savoir plus, consultez la fiche technique La carence en manganèse dans les céréales à paille et le soya.
 
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Carence en manganèse dans du blé d'automne

Source : B. Duval (MAPAQ)

 

LE DÉVELOPPEMENT DE L'OÏDIUM EST RALENTI PAR LES TEMPÉRATURES CHAUDES
T. Copley1, B. Duval2 et V. Samson2
1. Chercheuse (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)

Des cas d’oïdium dans le blé d’automne continuent d’être observés dans plusieurs régions. Cependant, les températures actuellement élevées limitent le développement de la maladie. Au-delà de 22 °C, sa progression ralentit et, lorsque les températures dépassent 25 °C, l’infection n’a généralement pas le temps de progresser suffisamment pour représenter une menace importante pour la culture.

Les pertes de rendement surviennent surtout lorsque l’oïdium atteint les feuilles supérieures, particulièrement la feuille étendard. L’objectif est donc d’éviter que la maladie progresse jusqu’à cette feuille. Lorsque l’oïdium est présent sur la troisième feuille à partir du haut, il est recommandé d’effectuer deux dépistages par semaine et de suivre l’évolution des conditions météorologiques afin de déterminer si une intervention fongicide est justifiée.

Pour se propager, l’oïdium a besoin de conditions fraîches (15 à 22 °C) et humides. Une humidité relative supérieure à 85 % est optimale pour le développement de la maladie, bien que le développement puisse se produire à partir d’environ 50 % d’humidité relative. Un couvert végétal dense, qui maintient l’humidité, peut favoriser la maladie même en l’absence de précipitations.

Mise en garde
Après l’émergence de la feuille étendard, il est recommandé de ne pas appliquer de fongicides à base de strobilurine, puisqu’ils peuvent augmenter le niveau de mycotoxines chez les céréales. Afin de mieux connaître les fongicides homologués contre l’oïdium et la fusariose, consultez l'avertissement N° 6 du 30 mai 2025 et les étiquettes des produits.
 
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Oïdium dans du blé d'automne

Source : T. Copley (CÉROM)


 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr., M. Sc. et Lise Bélanger (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Grandes cultures
Date de publication : 05 juin 2026
Infolettre Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

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