
Fusariose de l'épi chez le blé de printemps : surveillez les stades et le risque. Maladies foliaires des céréales : poursuivez la surveillance dans le blé de printemps. Dommages de tipule des prairies rapportés en Chaudière-Appalaches, Estrie, Bas-Saint-Laurent et Centre-du-Québec. Présence du ver-gris moissonneur en Chaudière-Appalaches : surveillance recommandée. Punaise brune : dommages observés sur du maïs. Légionnaire uniponctuée : des larves actives dans quelques secteurs.
FUSARIOSE DE L'ÉPI CHEZ LE BLÉ DE PRINTEMPS : SURVEILLEZ LES STADES ET LE RISQUE
T. Copley1. V. Samson2, B. Duval2 et G. Régimbald2
1. Chercheuse (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)
Le stade du blé de printemps varie selon les régions et les dates de semis. Dans plusieurs secteurs, les champs se situent actuellement entre la montaison et la fin de l'épiaison. Il est donc important de suivre l'évolution des stades afin de bien cibler, s'il y a lieu, la période d'intervention contre la fusariose de l'épi.
Les conditions météorologiques demeurent variables d'une région à l'autre et peuvent évoluer rapidement. Consultez régulièrement les cartes interactives de risque de la fusariose de l'épi sur le site Web d'Agrométéo Québec afin de suivre l'évolution du risque.
Pour savoir comment interpréter ces cartes et connaître les principaux facteurs de risque de la maladie, consultez l'avertissement N° 9 du 9 juin 2026.
MALADIES FOLIAIRES DES CÉRÉALES : POURSUIVEZ LA SURVEILLANCE DANS LE BLÉ DE PRINTEMPS
T. Copley1, V. Samson2, B. Duval2 et G. Régimbald2
1. Chercheuse (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)
Les maladies foliaires sont toujours présentes dans certains champs de céréales. Toutefois, comme les céréales d'automne ont atteint des stades de développement avancés dans la majorité des régions, une intervention est généralement peu justifiée. La situation demeure toutefois à surveiller dans le blé de printemps.
Lorsque des maladies foliaires sont présentes, il est important de protéger la feuille étendard et la feuille située immédiatement sous celle-ci, puisqu'elles fournissent la majeure partie de l'énergie nécessaire au remplissage du grain. Un traitement fongicide peut être envisagé si le seuil économique d'intervention est atteint et que la culture se trouve à un stade sensible (du tallage jusqu'à la floraison). Pour la plupart des maladies foliaires, le seuil correspond à environ 5 % de la surface des deux feuilles supérieures présentant des symptômes. La rouille jaune fait exception : en raison de sa progression rapide, une intervention est recommandée dès que 5 % des feuilles montrent des symptômes ou avant que 5 % de la surface de la feuille étendard ne présente des symptômes.
Attention : certains fongicides homologués contre les maladies foliaires contiennent une matière active du groupe 11 (strobilurines). Appliqués après l'émergence de la feuille étendard, ces produits peuvent favoriser le développement de la fusariose de l'épi et la production de mycotoxines. Lorsque le blé est entre les stades gonflement et épiaison et qu'une intervention est nécessaire, privilégiez un fongicide homologué qui réprime également la fusariose de l'épi. Consultez toujours l'étiquette, afin de respecter les stades d'application, les doses recommandées et les délais d'attente avant la récolte.
DOMMAGES DE TIPULE DES PRAIRIES RAPPORTÉS EN CHAUDIÈRE-APPALACHES, EN ESTRIE, AU BAS-SAINT-LAURENT ET AU CENTRE-DU-QUÉBEC
S. Boquel1, V. Samson2, G. Régimbald2 et A. Akpakouma2
1. Chercheur (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)
Cette semaine, le RAP Grandes cultures a reçu quelques signalements de dommages causés par la tipule des prairies dans des champs de prairie, de millet japonais grainé, de maïs et de céréales en Chaudière-Appalaches, en Estrie, au Bas-Saint-Laurent et au Centre-du-Québec.
D’autres dommages pourraient être observés, mais l’activité du ravageur devrait bientôt tirer à sa fin. Lorsque les larves de tipule atteignent entre 4 et 5 cm de longueur, généralement vers la mi-juin, elles cessent de s’alimenter et entrent dans une période de diapause estivale avant de se transformer en pupes et d’émerger sous forme adulte vers la fin août. Le début de saison frais pourrait toutefois allonger le cycle de l’insecte. Si les dommages sont importants et qu’un resemis est envisagé, la taille des larves doit être évaluée, afin de semer lorsque leur activité est terminée. Cette évaluation aidera à limiter le plus possible des dommages aux nouvelles pousses. Un travail de sol superficiel avant de ressemer peut aider à diminuer les populations en exposant les larves à la prédation et/ou en favorisant leur dessèchement. Rappelons qu'aucun insecticide n’est homologué contre la tipule des prairies.
Afin de répertorier la présence de la tipule des prairies et des dommages aux grandes cultures dans toutes les régions du Québec, le RAP Grandes cultures invite toutes les entreprises agricoles et leurs conseillers à signaler la présence de l’insecte ou de dommages à leur responsable régional RAP Grandes cultures du MAPAQ ainsi qu’à envoyer une fiche de signalement remplie à rapcerom@cerom.qc.ca ou encore à compléter ce formulaire en ligne.
Pour plus d’information
- Fiche technique Tipule des prairies;
- Comment distinguer la larve de la tipule des prairies d'une larve de vers gris.
Un cas de ver-gris moissonneur (VGM) a été récemment signalé dans un champ de soya en Chaudière-Appalaches. Bien qu’il s’agisse d’une observation isolée pour le moment, la présence de ce ravageur justifie une vigilance, particulièrement dans les secteurs ayant connu des infestations par le passé ou présentant des conditions favorables.
Le VGM peut s’attaquer à plusieurs cultures, notamment le soya, les prairies (luzerne, trèfle), ainsi que certaines céréales.
Les larves de VGM causent une défoliation des plants et le grignotement des tiges. À des stades plus avancés, elles peuvent sectionner les plants au niveau du sol, ce qui peut entraîner des pertes importantes si les populations sont élevées.
Dépistage recommandé
Il est conseillé de dépister les larves tôt le matin ou en fin de journée, notamment en portant une attention à la périphérie des zones présentant des symptômes (feuilles grignotées, plants coupés). Repérer la présence de larves en creusant légèrement (quelques centimètres) au pied des plants affectés pour vérifier la présence de larves.
Il est important de confirmer l’identification de l’espèce, puisque d’autres vers gris peuvent être présents et nécessiter une approche de gestion différente. Des spécimens peuvent être envoyés au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ. Le CÉROM est également à la recherche de larves pour un projet sur le parasitisme des vers gris. Contactez Julien Saguez (julien.saguez@cerom.qc.ca) et le RAP Grandes cultures (rapcerom@cerom.qc.ca) pour connaître la procédure d’envoi. Pour plus de détails sur l’identification et la gestion du ravageur, consultez la fiche technique Le ver-gris moissonneur dans les grandes cultures.
PUNAISE BRUNE : DOMMAGES OBSERVÉS SUR DU MAÏS
B. Duval1, G. Régimbald1, S. Boquel2, J. Saguez2
1. Agronome (MAPAQ) 2. Chercheur (CÉROM)
Des plants de maïs endommagés par la punaise brune ont été observés récemment dans quelques champs, notamment au Centre-du-Québec, en Chaudière-Appalaches et en Montérégie. Dans la majorité des cas, le pourcentage de plants affectés dans les champs est faible. Cependant, un champ particulièrement touché a été rapporté en Montérégie-Ouest (Saint-Anicet).
C’est en piquant le feuillage que cet insecte provoque des trous d'aspect alignés et déchirés (voir photo). L’aspect aligné des trous est dû au fait que la punaise pique les plants lorsqu’ils sont jeunes et que les feuilles sont encore enroulées sur elles-mêmes. Elle injecte également de la salive contenant des enzymes digestives, à l’origine d’anomalies de croissance. Les risques de dommages au maïs sont plus élevés dans les conditions suivantes : hiver doux favorable à la survie de l’insecte, semis direct et utilisation de cultures de couverture d’hiver. Les risques sont aussi plus élevés si le semis n’était pas assez profond ou que le sillon de semis est resté ouvert.
Attention de ne pas confondre les dommages de punaises avec ceux de calandres. Les punaises font des trous allongés, avec un contour jaune et nécrosé, parfois avec des déchirures. Les calandres (charançons) effectuent quant à eux des trous ovales dont le contour est net et sans halo jaune.
La punaise brune peut aussi s’attaquer à d’autres cultures. Il est fréquent de voir des trous sur les feuilles des céréales et elles peuvent aussi piquer les épis de blé.
Pour plus d'information, consultez la fiche technique Punaise brune dans le maïs.
LÉGIONNAIRE UNIPONCTUÉE : DES LARVES ACTIVES DANS QUELQUES SECTEURS
J. Saguez1, G. Régimbald2 et V. Samson2
1. Chercheur (CÉROM) 2. Agronome (MAPAQ)
Au cours des derniers jours, des dépistages de larves de légionnaire uniponctuée ont été réalisés dans le cadre du RAP Grandes cultures. Seulement quelques spécimens ont été observés en Montérégie-Ouest (Godmanchester et Saint-Cyprien-de-Napierville) et dans les Laurentides (Kiamika). Toutefois, des dommages causés par des larves ont été rapportés dans des champs de maïs non suivis par le RAP Grandes cultures. Les dommages ont été rapportés en Montérégie-Ouest (Noyan et Saint-Alexandre), en Chaudière-Appalaches (Saint-Agapit) et au Centre-du-Québec (Saint-Sylvère).
Les larves s’alimentent sur le pourtour des feuilles. Ne pas confondre avec des dommages de criquet. Les excréments sont parfois visibles à la base des feuilles.
Il ne semble pas y avoir de raison de s’inquiéter pour le moment, mais c’est la période propice pour l’observation de larves et l’évaluation des dommages dans le maïs, les céréales et les prairies de graminées. Une intervention phytosanitaire n’est généralement pas justifiée. Les larves sont souvent parasitées par des ennemis naturels.
Si vous observez des larves en abondance, contactez votre responsable régional et le RAP grandes cultures (rapcerom@cerom.qc.ca) pour documenter les cas et participer à une étude sur les ennemis naturels de la légionnaire.
Pour plus d'information sur cet insecte, consultez la fiche technique La légionnaire uniponctuée : identification, dépistage et stratégie d'intervention.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Lise Bélanger (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.







