
Pourriture à sclérotes du soya : pas d’inquiétude, faibles risques. Puceron du soya : les populations demeurent faibles. Nématode à kyste du soya : repérez les champs suspects en juillet et en août. Ver-gris occidental du haricot : sachez reconnaître les masses d'oeufs. Chrysomèles des racines du maïs : surveillez les dommages racinaires et les adultes. Ravageurs du canola : populations à de faibles niveaux, pas d'inquiétude.
T. Copley1, B. Duval2, M.-E. Cuerrier2 et V. Samson2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Selon les observations du RAP Grandes cultures, des apothécies de la pourriture à sclérotes du soya ont été observées seulement à un site (MRC de Coaticook) le 20 juillet ainsi que 14 juillet dernier. Les modèles prévisionnels de la pourriture à sclérotes du soya n’indiquent pas de risque notable d’apparition d’apothécies pour l’ensemble des MRC. Les prévisions de risque sont basées sur les modèles disponibles en date du 24 juillet 2026, qui intègrent les prévisions météorologiques jusqu'au 29 juillet 2026.
Les températures élevées, les sols secs en surface et, particulièrement cette semaine, les forts vents, créent des conditions défavorables à l'apparition des apothécies. La presque totalité des secteurs n’est donc pas considérée à risque, y compris ceux où le soya est en floraison.
Les spores infectent le soya à travers les fleurs flétrissantes. Une application de fongicide peut être envisagée aux stades de la floraison (R1 à R3), lorsque les conditions sont favorables à la maladie. Même si le risque est élevé (ce qui n’est pas le cas cette semaine selon les modèles prévisionnels), aucune intervention n'est justifiée si le champ n’est pas en floraison. Selon les observations recueillies dans le cadre du réseau de surveillance, la floraison est en cours ou terminée pour l’ensemble des régions au Québec et quelques champs de soya dans les régions périphériques sont encore à des stades végétatifs.
Comment déterminer si vos champs sont à risque et si une application de fongicide est réellement justifiée? Plusieurs facteurs favorisent l’apparition et le développement de la maladie, notamment :
- Un historique de la maladie dans le champ;
- Un sol humide dans les cinq premiers centimètres;
- Le stade de développement du soya (seuls les champs en floraison [R1 à R3] sont à risque);
- Le niveau de résistance du cultivar;
- Des rangs fermés à plus de 50 %, ce qui favorise le maintien d'une humidité élevée à la surface du sol;
- Des températures fraîches (< 22 °C);
- Une forte densité de peuplement, qui favorise également le maintien d'une humidité élevée.
Rappelons que les sclérotes doivent demeurer dans un sol humide pendant au moins dix jours, dans les cinq premiers centimètres du sol, pour produire des apothécies. À l'inverse, des températures élevées et des vents soutenus favorisent l'assèchement de la surface du sol, particulièrement lorsque les rangs ne sont pas encore fermés.
Il est donc important de suivre l’évolution des champs en portant une attention particulière :
- Au stade de développement du soya;
- Au degré de fermeture de la canopée;
- Au niveau d’humidité des cinq premiers centimètres de sol.
Pour plus d’information, consultez la fiche technique La pourriture à sclérotes chez le soya.
S. Boquel1, B. Duval2, V. Samson2 et S. Mathieu2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Entre le 13 et le 20 juillet, la densité moyenne provinciale de pucerons du soya est passée de 4,8 à 7,9 pucerons par plant. Il s’agit de très faibles populations pour cette période de l’année d’autant plus qu’elles sont stables ou en légère augmentation dans l’ensemble des sites suivis (voir tableau ci-dessous).
La densité moyenne la plus élevée, soit 95 pucerons par plant, a été observée dans un champ situé à Gatineau, en Outaouais. Les populations y sont stables et bien en-dessous du seuil d’alerte de 250 pucerons par plant. Les ennemis naturels sont également plus fréquemment observés, notamment les prédateurs, telles que les coccinelles. Ils contribuent à maintenir les populations de pucerons sous le seuil d’alerte. Cliquez ici pour visualiser les données plus détaillées du RAP.
Selon les régions, le soya se situe entre les stades V5 et R4, avec une grande majorité de sites au stade R2 ou R3. Le soya demeure vulnérable aux fortes populations de pucerons jusqu’au stade R5. Cliquez ici pour accéder à un guide sur les stades du soya.
Pour identifier les insectes ravageurs et les ennemis naturels présents dans les champs de soya, consultez le carnet de champ du dépisteur du RAP Grandes cultures ainsi que la brochure Lutte intégrée contre le puceron du soya.
Pour en savoir plus :
- Stratégie d’intervention recommandée au Québec contre le puceron du soya;
- Vidéo Le dépistage du puceron du soya en cinq points (4 minutes);
- Présentation Leçons du passé : comment se préparer aux possibles infestations du puceron du soya (2023).
B. Duval1, V. Samson1, S. Mathieu1 et M.-E. Cuerrier1
1. Agronome (MAPAQ)
Juillet et août constituent une période propice pour repérer les champs susceptibles d’être infestés par le nématode à kyste du soya (NKS). Ce ver microscopique peut entraîner des pertes de rendement pouvant atteindre 30 %, même lorsque les plants ne présentent aucun symptôme apparent.
Le NKS est en progression au Québec : il est maintenant présent dans toutes les principales régions productrices de soya et plusieurs zones périphériques.
Comment repérer un champ infesté par le NKS?
Le nématode lui-même est microscopique, mais les femelles et les kystes présents sur les racines peuvent être observés à l’œil nu. En se nourrissant aux dépens des racines, le NKS perturbe l’absorption de l’eau et des éléments nutritifs par les plants de soya.
En cas d’infestation importante, les symptômes suivants peuvent être observés en juillet et en août :
- Rabougrissement et jaunissement des plants;
- Retard de croissance, fermeture incomplète de la canopée;
- Réduction de la nodulation;
- Sénescence hâtive.
Ces symptômes apparaissent généralement en foyers. Ils sont souvent plus visibles à l’entrée du champ ou dans les secteurs soumis à différents stress et moins productifs, par exemple les zones compactées ou les baissières. Recherchez des zones dans le champ qui ont l’apparence de plaques jaunes irrégulières, généralement arrondies ou ovales, qui peuvent s’allonger dans le sens du travail du sol.
Pour vérifier la présence de kystes, déterrez délicatement quelques plants à l’aide d’une pelle et examinez leurs racines. Évitez de tirer directement sur les plants, puisque les kystes pourraient se détacher des racines. Les femelles et les kystes, dont la couleur varie du blanc au brun, mesurent moins de 1 mm et sont beaucoup plus petits que les nodules du soya.
Pour confirmer la présence du NKS, une analyse en laboratoire peut être réalisée.
Quels champs devraient être surveillés en priorité?
- Soya présentant des symptômes compatibles avec une infestation par le NKS;
- Soya cultivé fréquemment dans la rotation ou en monoculture;
- Utilisation de cultivars sensibles ou utilisation répétée de cultivars possédant la même source de résistance;
- Présence récurrente de mauvaises herbes pouvant servir de plantes hôtes, telles que le lamier pourpre, le lamier amplexicaule, le tabouret des champs, le céraiste vulgaire, la stellaire moyenne ou la bourse-à-pasteur;
- Travaux à forfait fréquents ou circulation de machinerie provenant d’autres exploitations;
- Champs situés dans un secteur où la présence du NKS a déjà été confirmée.
Des symptômes semblables peuvent également être causés par :
- Une phytotoxicité causée par un herbicide;
- Une carence en manganèse ou en potassium;
- La pourriture phytophthoréenne;
- D’autres problèmes racinaires ou facteurs de stress.
En cas de doute, un échantillon de sol peut être prélevé afin de confirmer la présence de NKS dans le champ.
Pour plus d’information sur le NKS, notamment sur la méthode d’échantillonnage, les stratégies d’intervention et les mesures de biosécurité à mettre en place, consulter la fiche Le nématode à kyste du soya.
J. Saguez1, S. Mathieu2, V. Samson2, B. Duval2 et M-E. Cuerrier2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Plusieurs champs de maïs ont maintenant atteint un stade propice à la ponte par les papillons du ver-gris occidental du haricot (VGOH), soit la sortie des panicules et des soies. C’est donc le moment de commencer le dépistage des masses d’œufs et il importe d’être en mesure de bien les distinguer de celles d’autres insectes.
Le VGOH pond généralement ses œufs sur la face supérieure des trois ou quatre feuilles situées dans le haut des plants, à proximité des panicules. En forme de demi-sphère, les œufs sont regroupés en une seule couche généralement composée d’une centaine d’œufs en moyenne.
Les masses d’œufs de VGOH ne doivent pas être confondues avec celles de certaines punaises. Ces dernières se nourrissent de plantes, tandis que d’autres sont prédatrices : elles se nourrissent d’autres insectes et sont bénéfiques dans les cultures. Les œufs de punaises ont généralement une forme de petits tonneaux, sont disposés en groupes plus réguliers et sont souvent moins nombreux.
Fraîchement pondus, les œufs de VGOH sont blancs. Dans les jours qui suivent, ils prennent une teinte rosée, puis mauve à l’approche de l’éclosion. Le développement des œufs dure généralement de cinq à sept jours, selon la température. Des œufs grisâtres ou noirs et opaques peuvent avoir été parasités par des trichogrammes.
Les masses d’œufs peuvent également être consommées par différents ennemis naturels, notamment des coccinelles, des larves de chrysopes et plusieurs espèces de punaises prédatrices. Leur présence peut contribuer à réduire les populations de VGOH et devrait être prise en compte lors du dépistage.
Le dépistage consiste à observer un total de 100 plants par champ, répartis dans 10 stations choisies aléatoirement. À chaque station, examinez 10 plants consécutifs, en portant une attention particulière à la face supérieure des trois ou quatre feuilles situées dans le haut des plants. Répétez le dépistage chaque semaine pendant quatre semaines.
Le seuil d’intervention est basé sur le pourcentage cumulatif de plants porteurs de masses d’œufs observés au cours des quatre semaines de dépistage. Il est atteint lorsque ce pourcentage totalise 5 %. Par exemple, si des masses d’œufs sont observées sur 2 % des plants lors du premier dépistage, puis sur 3 % des plants lors du deuxième, le seuil cumulatif de 5 % est atteint. Lorsque le parasitisme des œufs ou l’abondance des ennemis naturels est élevé dans le champ, le seuil peut être ajusté à 8 % de plants porteurs de masses d’œufs.
Lorsque le seuil est atteint, consultez votre conseiller afin d’évaluer la pertinence d’une intervention.
Pour en savoir davantage sur le dépistage, les seuils et la gestion du VGOH, consultez les ressources suivantes :
- Fiche technique sur le VGOH dans le maïs grain et ensilage;
- Vidéo sur la biologie, le dépistage et les stratégies d’intervention (6 min).
J. Saguez1, B. Duval2, S. Boquel1, V . Samson2 et M.-E. Cuerrier2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Les chrysomèles des racines du maïs peuvent causer des dommages importants à la culture du maïs. À partir de juillet, les dommages causés par les larves aux racines peuvent devenir visibles, notamment par la verse ou l’apparition de plants en cols d’oie. Les adultes commencent également à émerger de la mi-juillet au début août. C’est donc le moment d’examiner les racines des plants touchés et de commencer le suivi des adultes dans les champs à risque.
Cette surveillance contribue aussi à détecter les dommages inattendus dans les hybrides exprimant une technologie insecticide contre les chrysomèles. Des cas de résistance à certaines protéines ont été rapportés ailleurs au Canada et sont suspectés dans certaines populations au Québec.
Les larves s’alimentent des racines du maïs et peuvent y creuser des trous et des galeries. Les dommages peuvent affaiblir le système racinaire, rendre les plants plus vulnérables à la verse et entraîner l’apparition de plants en cols d’oie lorsqu’ils se redressent. Dans le maïs-grain, les pertes de rendement sont estimées à environ 15 % par nœud racinaire fortement endommagé.
Les adultes émergent généralement de la fin juillet au début août et s’alimentent des parties aériennes des plants, notamment des feuilles, des panicules, des soies et des épis. C’est donc le moment de commencer à surveiller leur présence dans les champs à risque.
Comment évaluer les dommages racinaires?
En présence de plants versés ou présentant des cols d’oie, déterrez quelques plants afin de vérifier si les dommages sont attribuables aux chrysomèles. Lavez les racines et recherchez des trous, des galeries, des nécroses ainsi que des nœuds racinaires fortement endommagés. Examinez également l’eau de lavage : des larves ou des pupes peuvent s’y retrouver et flotter à la surface.
Populations élevées ou dommages inattendus?
Si vous observez une présence importante d’adultes, particulièrement lorsqu’elle est accompagnée de dommages aux parties aériennes des plants, ou des dommages racinaires importants ou inattendus dans un champ semé avec un hybride exprimant une technologie insecticide contre les chrysomèles, vous êtes invités à communiquer avec votre responsable régional du MAPAQ ou avec le RAP Grandes cultures à l’adresse rapcerom@cerom.qc.ca. Ces observations contribueront au suivi des populations et à la détection de cas potentiels de résistance.
Pour plus d’information :
- Fiche technique Les chrysomèles des racines du maïs en grandes cultures;
- Fiche technique Stratégie de prévention contre la résistance de la chrysomèle des racines du maïs au maïs Bt;
- Vidéo Comment gérer les chrysomèles des racines du maïs dans le maïs grain et ensilage (5 minutes);
- Bulletin d’information Plants de maïs en forme de « cols d’oie » : causes possibles;
- Tableau Maïs exprimant des protéines insecticides disponibles au Canada et statut de la résistance (mai 2025).
S. Boquel1, V. Samson2 et M.-E. Cuerrier2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Dans les dernières semaines, les efforts de surveillance dans le canola de printemps étaient concentrés principalement au piégeage de la cécidomyie du chou-fleur et au dépistage par filet fauchoir d’autres ravageurs, notamment le charançon de la silique et le méligèthe des crucifères. En général, les ravageurs du canola sont demeurés à de faibles niveaux cette année et n’ont pas eu d’impact notable sur le développement de la culture, à l’exception de la cécidomyie du chou-fleur au Bas-Saint-Laurent, où des dommages importants nous ont été rapportés.
Cécidomyie du chou-fleur
Les stades de sensibilité du canola à la cécidomyie du chou-fleur (CCF) sont maintenant dépassés pour la très grande majorité des sites suivis par le RAP Grandes cultures, la floraison (stades BBCH 60 et plus) étant atteinte. Toutefois, la surveillance reste de mise dans quelques sites au Saguenay–Lac-Saint-Jean et en Abitibi-Témiscamingue puisque le canola y est encore à des stades sensibles. Il est également recommandé de surveiller les semis tardifs pour l’ensemble des régions. Les dernières données de captures des adultes et des stades de croissance du canola en date du 23 juillet 2026 sont consultables ici.
La grande capacité de compensation du canola peut réduire l’impact de ce ravageur sur le rendement, même en présence d’une population abondante. Les plus récentes données québécoises ne montrent aucune relation entre le taux de capture de CCF et le rendement en canola à des densités inférieures à 40 CCF/piège/jour. Une légère tendance à la baisse du rendement est cependant observée avec des captures supérieures.
Pour en savoir davantage sur la méthode de dépistage, l’identification de l’insecte, les dommages qu’il occasionne et les stratégies à adopter pour lutter contre ce ravageur, consultez la fiche technique La cécidomyie du chou-fleur.
Charançon de la silique
Les populations de charançon de la silique sont très faibles dans l'ensemble des régions (moyenne provinciale de 2,4 et maximum de 15,4 adultes par 10 coups de filet). Cette tendance s’observe également en Abitibi-Témiscamingue et en Chaudière-Appalaches, deux régions où des populations élevées avaient pourtant été recensées au cours des trois dernières années. Pour rappel, le seuil d'intervention est de 20 à 40 adultes par 10 coups de filet fauchoir. Aucun des sites dépistés jusqu’à présent n’a atteint ces seuils. Le dépistage de ce ravageur se fait à l’aide d’un filet fauchoir, à cinq stations réparties aléatoirement dans le champ, dès l’apparition des premiers boutons floraux (BBCH 50) et jusqu’à la fin de la floraison (BBCH 69).
Pour plus d’information, consultez la fiche technique Charançon de la silique.
Méligèthe des crucifères
Les populations de méligèthe des crucifères sont également très faibles dans l'ensemble des régions (moyenne provinciale de 24 adultes par 10 coups de filet). Les captures moyennes maximales ont été atteintes au Bas-Saint-Laurent, avec 196 méligèthes par 10 coups de filet, soit un niveau largement inférieur aux seuils d’intervention établis en Europe, qui varient de 6 000 à 9 000 méligèthes par 10 coups de filet selon la densité des plants. Le canola est plus sensible à cet insecte dès l’apparition des premiers boutons floraux (BBCH 50) et jusqu’à la mi-floraison (BBCH 65). Toutefois, compte tenu de ces seuils d’intervention élevés et des données du RAP Grandes cultures de 2011 à 2025, les risques pour la culture sont faibles.
Pour en savoir plus sur la biologie, la méthode de dépistage et les seuils d’intervention, consultez la fiche technique Méligèthe des crucifères.
Pour de plus amples informations sur les trois ravageurs du canola cités plus haut ainsi que d'autres ravageurs du canola, consultez le Guide des ravageurs et des ennemis naturels du canola au Québec.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

