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Crucifères, Avertissement No 14, 30 juillet 2026

Réseau d'avertissements phytosanitaires Avertissement - Crucifères
Les précipitations ont été variables d'un secteur à l'autre. La chaleur, combinée à la pluie et l'humidité relative élevée, a favorisé le développement de plusieurs maladies foliaires. L'ensemble des ravageurs des crucifères sont actifs, à des niveaux d'intensité variables. Après la récolte des crucifères, il est recommandé d'enfouir les résidus et de semer une culture de couverture.

 
SEMIS ET PLANTATIONS 
 
La chaleur a dominé la dernière période. La sécheresse qui sévissait depuis plusieurs semaines a été ponctuée par des épisodes de pluie très attendus. Les précipitations sont toutefois demeurées très variables d'un secteur à l'autre. Par endroits, elles ont été insuffisantes pour répondre aux besoins des cultures, rendant l'irrigation toujours nécessaire.

On continue d'observer divers désordres physiologiques (ex. : insolation, montaison prématurée) et des carences minérales. La brûlure de la pointe, attribuable à une carence en calcium en situation de stress hydrique, est également signalée dans plusieurs régions.

Dans les sols plus humides, la chaleur, combinée à une humidité relative élevée, a occasionné de la guttation. Ce phénomène biologique se caractérise par la présence de gouttelettes d'eau à la marge ou à l'extrémité des feuilles, généralement observées tôt le matin. De petites taches noires, résultant d'une accumulation et d'une oxydation de composés exsudés, peuvent ensuite apparaître au niveau des hydatodes situés en bordure des feuilles. Il est important de noter que la guttation peut favoriser la pénétration des maladies bactériennes dans la plante, notamment la nervation noire. 
 
Image Agri-Réseau

Taches noires à la marge des feuilles causées par la guttation sur un plant de chou
Photo : Profiteausol

 
 
INSECTES RAVAGEURS

 
On rapporte toujours une activité plus ou moins importante de la fausse-teigne des crucifères dans l'ensemble de la province. Les traitements effectués contre ce ravageur lors des dernières semaines semblent efficaces pour la plupart d'entre eux, réduisant ainsi la pression des larves à des niveaux allant de faible à modéré. La pression de la piéride du chou demeure faible et sous contrôle. Quant à la fausse-arpenteuse du chou, elle est maintenant observée, mais de manière ponctuelle. 

Les altises (des navets et des crucifères) sont actives et des interventions sont requises dans les implantations récentes afin de protéger les plantules.

L'activité des thrips comme celle des pucerons sont généralement en hausse, mais demeurent sous contrôle. Dans les crucifères asiatiques, des dommages de punaise terne (déformation des feuilles au cœur des plants) sont observés.

La pression de la cécidomyie du chou-fleur est variable, avec une intensité élevée dans certains champs, particulièrement dans les secteurs avec un historique de fortes infestations. On rapporte aussi quelques dommages occasionnés par ce ravageur sur les points de croissance.

Enfin, la mouche du chou est active, sans occasionner de dommages notables. 


 
MALADIES ET DÉSORDRES 

L'air chaud et humide, ainsi que la pluie, favorisent le développement des maladies fongiques et bactériennes. On rapporte notamment une hausse des cas de pourriture sclérotique et de pourriture molle bactérienne.
 
Image Agri-Réseau

Lésions de pourriture sclérotique sur tête de chou
Photo : Profiteausol
 
 

Les cas de nervation noire sont plus nombreux dans le sud de la province et semblent progresser. Pour limiter sa propagation, il importe de respecter les mesures de biosécurité dans les productions végétales lors de toute activité dans des champs ou parties de champs contaminés par cette maladie bactérienne.

Les symptômes de taches alternariennes, principalement la tache noire (Alternaria brassicicola), demeurent avant tout sur les feuilles basales, notamment dans le chou-fleur et le brocoli, bien que des lésions sur des pommes de chou ont encore été signalées dans le sud de la province. Il est donc recommandé de surveiller l'évolution de la maladie, puisque son développement peut être rapide sous les conditions actuelles. Les crucifères-fleurs sont particulièrement vulnérables, puisque les lésions sur les inflorescences peuvent entraîner un déclassement des récoltes et des pertes de rendement. Une fiche technique sur les taches alternariennes est disponible en ligne.

Les autres maladies des crucifères qui ont été observées jusqu'à maintenant (mildiouhernie des crucifèresfonte des semistache bactérienne) sont stables.
 
Si vous observez des symptômes de tache noire alternarienne ou de nervation noire et suspectez une diminution de l'efficacité des fongicides ou des bactéricides, nous pouvons coordonner l'envoi d'échantillons dans le cadre de projets menés par le Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), en collaboration avec Phytodata et l'Université McGill. Contactez-nous à rapcruciferes@ciel-cvp.ca.
 
Image Agri-Réseau

Symptômes de tache noire alternarienne (A. brassicicola) sur une feuille de chou-fleur

Photo : CIEL

Image Agri-Réseau

Symptômes de nervation noire sur une feuille de chou

Photo : CIEL

  
 

DESTRUCTION DES RÉSIDUS ET IMPLANTATION DE CULTURES DE COUVERTURE

 
Après la récolte de vos cultures ou l'abandon d'un champ, il est recommandé de déchiqueter et d’enfouir les résidus. Cette opération permet d'empêcher les ravageurs et les maladies de se développer et/ou de compléter leur cycle, ce qui constitue une stratégie efficace pour limiter leur impact sur les crucifères de la saison, mais également sur celles qui seront cultivées dans les années à venir. D'ailleurs, parmi les stratégies préventives de lutte contre la nervation noire, il est recommandé d'enfouir rapidement les résidus de culture pour accélérer leur décomposition.
 
Après la destruction des résidus de culture, il est aussi recommandé de couvrir les sols en semant des cultures de couverture (une seule espèce ou mélange de plusieurs espèces). En plus d'améliorer la santé et la conservation des sols, leur implantation (travail du sol) et leur développement contribuent à la valorisation des éléments fertilisants et à la bonne gestion des ennemis des cultures, notamment en faisant compétition aux mauvaises herbes et en nuisant au cycle de développement de certains ravageurs et de certaines maladies. Il faut toutefois attendre que les conditions de sol et la météo soient idéales pour semer les cultures de couverture afin qu'elles germent rapidement et puissent croître de manière optimale. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus grand est le choix d’espèces qu'il est possible d'utiliser. Voici quelques documents permettant de mieux connaître les cultures de couverture à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

 

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.




Cet avertissement a été rédigé par Marilou Ratté, agr. (CIEL), Isabel Lefebvre, M. Sc. (CIEL) et Mélissa Gagnon, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseures du sous-réseau Crucifères ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Crucifères
Date de publication : 30 juillet 2026
Infolettre Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

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