
Altises à tête rouge dans les grandes cultures : faut-il s’en inquiéter? Puceron du soya : populations en hausse avec certains champs, à suivre de plus près. Syndrome de la mort subite du soya : quelques cas confirmés, moment propice pour observer les symptômes.
FAUT-IL S’EN INQUIÉTER?
J. Saguez1, V. Samson2, S. Boquel1, C. Rieux2 et B. Duval2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Au cours des dernières semaines, les altises à tête rouge ont fait leur apparition dans les champs de grandes cultures, notamment dans le maïs, le soya et les plantes fourragères avec prédominance de luzerne. Ces petits insectes de couleur noire et qui sautent sont des défoliateurs de ces cultures. Des cas de défoliation sont actuellement observés dans certains champs à travers la province. Les adultes piquent le feuillage ce qui crée de nombreux petits trous et donnent un aspect criblé aux feuilles. Les dommages peuvent paraitre impressionnants, mais ils sont généralement localisés en bordure des champs.
Le soya et le maïs tolèrent généralement bien la défoliation causée par les altises, même lorsqu’elles sont nombreuses. Il n’y a donc généralement pas à s’inquiéter de ces dommages dans ces cultures. Il ne semble pas y avoir d’information disponible pour les cultures fourragères. Rappelons aussi que les altises peuvent s’alimenter et couper les soies du maïs.
Aucun seuil économique d'intervention spécifique n'a été établi, et aucun insecticide n’est homologué pour contrôler les altises à tête rouge dans les grandes cultures au Québec. Les altises à tête rouge sont aussi souvent associées aux plantes adventices (mauvaises herbes), notamment les amarantes et le chénopode blanc. Un bon contrôle de ces plantes adventices peut être un moyen de limiter les populations d’altises dans les champs de grandes cultures.
Pour plus d’information, consultez :
- La fiche technique sur l’altise à tête rouge;
- La fiche technique sur la défoliation du soya par différents ravageurs;
- La fiche technique sur les soies du maïs coupées par des insectes.
S. Boquel1, J. Saguez1, V. Samson2, B. Duval2, S. Mathieu2 et C. Rieux2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Les populations de pucerons du soya continuent d’augmenter dans la plupart des sites dépistés. La moyenne provinciale a aussi augmenté à 113 pucerons par plant. Le graphique ci-dessous montre toutefois que l’augmentation des populations en 2026 survient relativement tard et de moins grande ampleur par rapport aux autres années.
Toutefois, la majorité des champs ont maintenant atteint le stade R5 ou sont sur le point de l’atteindre. L’atteinte de ce stade réduit le nombre de champs vulnérables aux dommages. Cliquez ici pour consulter les données détaillées par région.
Huit champs situés dans les régions de la Montérégie-Est, de la Montérégie-Ouest et de Lanaudière ont atteint le seuil d’alerte de 250 pucerons par plant. Six autres champs s’en approchent. Ce seuil n’indique pas qu’un traitement soit nécessaire, mais que les champs doivent être suivis à tous les trois à sept jours. Ceci est particulièrement important dans les champs où le soya est encore à un stade sensible (R1 à R4). L’objectif étant de suivre l’évolution de plusieurs aspects dont : les populations de pucerons et d’ennemis naturels, le stade physiologique du soya ainsi que les signes de stress chez les plants.
Une augmentation de plus de 35 % de la population de pucerons entre deux dépistages indique que l’application d’un traitement insecticide foliaire peut être envisagée. Cependant, il faut tenir compte de l’ensemble de la situation observée au champ.
Cette semaine, les ennemis naturels sont présents dans 92 % des champs suivis. Les coccinelles, les syrphes, les punaises prédatrices et les parasitoïdes sont les plus fréquemment observés. Leur présence dans les champs joue un rôle important dans la régulation des populations de pucerons. Pour faciliter leur identification, consultez le Carnet de champ du dépisteur du RAP Grandes cultures et la brochure Lutte intégrée contre le puceron du soya. Pour vous guider dans la décision d’appliquer ou non un insecticide, consultez la Stratégie d’intervention recommandée au Québec contre le puceron du soya ainsi que SAgE pesticides afin d’identifier les produits homologués.
Adapté de l’avertissement N° 18 du 8 août 2025
Autrices 2025 : B. Duval1, V. Samson1 et M. St-Laurent1
Autrices 2026 : Brigitte Duval1, V. Samson1 et S. Mathieu1
1. Agronome (MAPAQ)
Depuis le début du mois de juillet, le syndrome de la mort subite du soya (SMS) a été confirmé dans neuf champs, notamment en Montérégie et au Centre-du-Québec. Comme les symptômes foliaires apparaissent généralement après la floraison et peuvent s’accentuer au cours des semaines suivantes, c’est le bon moment pour dépister la maladie dans les champs.
Le SMS est une maladie racinaire causée par le champignon Fusarium virguliforme. Les premiers symptômes observés sur les feuilles peuvent ressembler à ceux d’autres maladies vasculaires. En présence de symptômes suspects, il est donc recommandé de faire analyser des plants par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection.
Pour permettre le diagnostic, prélevez des plants malades, mais encore vivants, en conservant le collet et les racines. Le SMS ne peut pas être diagnostiqué à partir d’un échantillon de feuilles seulement. Voici une vidéo expliquant la méthode de prélèvement et d’envoi.
Le champignon peut demeurer latent dans le sol pendant plusieurs années et infecter le soya lorsque les conditions deviennent favorables. Les conditions fraîches et humides au moment du semis et pendant la saison de croissance favorisent l’infection et le développement de la maladie. Lorsque l’infection est sévère, les pertes de rendement peuvent atteindre 30 %.
Le SMS est parfois associé à la présence du nématode à kyste du soya (NKS), qui peut faciliter l’infection des racines par le champignon. Toutefois, un champ peut être atteint par le SMS sans que le NKS soit présent. Lorsque le SMS est confirmé dans un champ, un échantillonnage de sol pour détecter le NKS est recommandé. Consultez la fiche technique Le nématode à kyste du soya pour plus d’information.
Symptômes de la maladie
Les symptômes foliaires apparaissent généralement après la floraison. Un jaunissement se développe entre les nervures, puis les plages atteintes s’étendent et brunissent, tandis que les nervures demeurent vertes. Les symptômes sont souvent plus marqués sur les feuilles du haut. Lorsque les feuilles tombent, les pétioles demeurent attachés à la tige.
Les racines des plants atteints brunissent et pourrissent. Pour appuyer le diagnostic au champ, ouvrez la tige sur la longueur, jusqu’au collet, à l’aide d’un couteau et examinez-en l’intérieur. Chez un plant atteint du SMS, les tissus internes de la partie inférieure de la tige présentent une coloration beige ou brunâtre, tandis que la partie centrale de la tige, appelée la moelle, demeure blanche.
Dans certains cas, une coloration bleutée peut être observée à la surface des racines en raison de la présence de spores du champignon. Cette coloration se limite généralement à la zone des racines située juste sous la surface du sol.
À ne pas confondre
Le SMS peut être confondu avec la fusariose vasculaire, la pourriture brune des tiges, le chancre des tiges ou la pourriture phytophthoréenne. Consultez le document Maladies du maïs et du soya : des symptômes apparaissent dans les champs pour plus de détails sur ces maladies.
Stratégies de lutte
Les fongicides foliaires ne protègent pas les plants contre le SMS. Pour limiter les dommages causés par la maladie :
- Appliquer les principes de biosécurité afin de restreindre la dissémination du SMS et du NKS;
- Utiliser des variétés de soya tolérantes au SMS et au NKS;
- Semer lorsque le sol est suffisamment sec et réchauffé et éviter les semis très précoces;
- Limiter la compaction du sol;
- Améliorer le drainage du sol.
L’introduction d’une céréale comme le blé dans la rotation peut aussi être bénéfique, puisque les résidus de maïs et de soya, notamment les grains de maïs laissés au sol, peuvent favoriser la maladie.
Enfin, lorsqu’un champ a déjà été atteint par le SMS, l’utilisation d’un traitement de semences fongicide efficace contre la maladie peut être envisagée.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


