
Tache goudronneuse du maïs : premiers cas confirmés en 2026 au Centre-du-Québec et en Montérégie-Est. Comment gérer les champs de soya affectés par la pourriture à sclérotes? Maïs : en septembre, évaluez la santé des tiges et dépistez les maladies. Chrysomèle du haricot dans le soya : des populations faibles et peu de dommages aux gousses observés. Gestion des mauvaises herbes en prérécolte du soya.
T. Copley1, M.-E. Cuerrier2, B. Duval2, S. Mathieu2 et V. Samson2
1. Chercheuse (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Six cas de la tache goudronneuse du maïs ont été confirmés cette semaine, soit quatre dans le Centre-du-Québec, dans les MRC de Drummond (2) et de Nicolet-Yamaska (2), ainsi que deux en Montérégie-Est, dans la MRC d’Acton. Il s’agit des premiers cas signalés au RAP Grandes cultures cette saison. Les MRC où la maladie est confirmée et dont les cas sont rapportés au RAP Grandes cultures sont ajoutées à une carte interactive nord-américaine mise à jour en temps réel. Celle-ci comprend les signalements provenant du Canada et des États-Unis, ce qui permet de suivre l'évolution de la maladie, de visualiser les foyers d'infection et d'observer sa progression dans les différentes régions du continent.
La tache goudronneuse du maïs est une maladie fongique qui cause des taches noires à l’aspect goudronneux sur les feuilles et nuit à la photosynthèse (voir photos). Toutefois, l’apparition tardive des symptômes n’entraîne généralement pas d’impact sur le rendement du maïs-grain.
La tache goudronneuse du maïs se reconnaît par de petites taches brunâtres à noires, légèrement surélevées et d’aspect lustré (voir photos). Elles peuvent être présentes sur les deux faces des feuilles. Contrairement aux excréments d’insectes, les taches sont bien incrustées dans les tissus et ne se délogent pas lorsqu’on les frotte avec un doigt mouillé. Elles ne tachent pas non plus les doigts, contrairement aux pustules de rouille. Lorsque les symptômes apparaissent tardivement en saison, comme c’est le cas actuellement, la maladie n'entraîne généralement pas d’impact significatif sur le rendement du maïs-grain et ne requiert pas de traitement fongicide.
Pour plus d’information, consultez la fiche technique La tache goudronneuse du maïs.
COMMENT GÉRER LES CHAMPS DE SOYA AFFECTÉS PAR LA POURRITURE À SCLÉROTES?
Version 2023 : S. Mathieu1, H. Brassard1, T. Copley2, M.-E- Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM)
Des symptômes de pourriture à sclérotes sont actuellement observés dans certains champs de soya. En juillet, les conditions ont été peu favorables à la maladie dans plusieurs secteurs, alors qu’elles sont devenues plus propices dans certains secteurs vers la fin de juillet et au cours du mois d’août. La maladie, causée par le champignon Sclerotinia sclerotiorum, peut notamment être reconnue par la présence d’une mousse blanche sur les tiges, les branches et les gousses. Les sclérotes, structures de survie du champignon, peuvent également être observés à l’intérieur ou à l’extérieur des tiges et des gousses.
À ce stade de la saison, il est trop tard pour intervenir contre la maladie. Certaines mesures peuvent toutefois être mises en place dès cet automne et au cours des prochaines années afin de réduire la quantité de sclérotes dans le sol et de limiter la propagation de la maladie, d’autant plus que les sclérotes peuvent y survivre jusqu’à sept ans.
À l’approche de la récolte, certaines mesures peuvent être mises en œuvre dès maintenant pour limiter la dispersion des sclérotes et réduire le risque pour les prochaines saisons :
- Récolter les zones ou les champs les plus atteints en dernier et, dans la mesure du possible, nettoyer la machinerie avant de passer à un champ sain afin de limiter la dispersion des sclérotes;
- Éviter autant que possible de travailler le sol, cela permet aux sclérotes de rester à la surface et diminue ainsi leur taux de survie. Il vaut mieux ne pas labourer, car les sclérotes enfouis à plus de 5 cm dans le sol ne fructifient pas, mais demeurent dormants. Un labour enfouira les sclérotes, mais en remontera aussi à une profondeur permettant leur fructification;
- Planifier une rotation comprenant au moins deux à trois années de cultures non hôtes avant de revenir en soya, comme le maïs ou les céréales, et éviter les cultures sensibles à la maladie, comme le canola, le haricot et le tournesol;
- Pour les champs récoltés suffisamment tôt, implanter ensuite une céréale d’automne. Cela offrira des conditions propices au champignon pour son développement au cours de la prochaine saison, mais ne causera aucune problématique à la culture, puisqu’elle n’est pas affectée par cette maladie;
- Assurer une bonne gestion des mauvaises herbes à feuilles larges qui peuvent servir d’hôtes à la maladie, comme le chénopode blanc, l’abutilon et certaines moutardes;
- Utiliser de la semence certifiée. Ne jamais utiliser de la semence contaminée par des sclérotes ou des grains moisis;
- Éviter l’utilisation de la paille de soya comme litière si un champ de soya est fortement infesté de sclérotes, puisque ces derniers seront retournés dans les champs avec la litière;
- Choisir des cultivars moins sensibles à la pourriture à sclérotes en consultant les cotes du Réseau des Grandes Cultures du Québec (RGCQ) ou l’information fournie par les semenciers. Les cultivars ayant une cote inférieure à 2 sont considérés de bons choix, alors que les cultivars de cote supérieure à 4 sont à éviter;
- Éviter de fertiliser au-delà des besoins dans les champs avec des antécédents connus de la maladie lorsqu’ils seront de nouveau semés en soya. L’azote favorise le développement du feuillage, ce qui aggravera la maladie;
- Tenir un registre des champs infestés afin de mettre en place des mesures préventives lorsque ces champs seront de nouveau ensemencés en soya, telles que l’augmentation de l’espacement des entre-rangs et la diminution de la population.
Pour en savoir plus sur le cycle de la maladie, les moyens de prévention et les stratégies de lutte, consultez la fiche technique La pourriture à sclérotes chez le soya.
M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)
Au cours de la saison 2026, certaines conditions météorologiques, notamment des épisodes de grêle, de sécheresse, de fortes précipitations ou de vents forts, ont occasionné des stress dans certains secteurs. Ces conditions peuvent fragiliser les plants, augmenter les risques de verse et favoriser le développement de certaines maladies des tiges et des racines.
Le mois de septembre, lorsque le maïs se situe entre les stades R5 (grains dentés) et R6 (formation du point noir à la base des grains), est une bonne période pour évaluer la santé des tiges et dépister les maladies qui affectent les tiges, les feuilles et les épis. Lorsque des champs présentent de la verse ou des symptômes de maladies :
- Priorisez leur récolte afin de limiter les pertes au champ;
- Envisagez, dans certains cas, une récolte en ensilage plutôt qu’en grain;
- Évaluez la tolérance des hybrides à la verse et aux maladies, ce qui permet ainsi de mieux orienter le choix des hybrides et la rotation des cultures pour les prochaines saisons.
Cette période est également propice à l’examen des épis afin de repérer la présence de moisissures avant la récolte.
Pour des précisions sur les méthodes d’évaluation, dont le test de la poussée, ainsi que sur le dépistage des maladies, consultez les fiches techniques suivantes :
- Maïs : Évaluation de la santé des tiges à l’automne et dépistage des maladies
- Les moisissures de l’épi du maïs-grain
CHRYSOMÈLE DU HARICOT DANS LE SOYA : DES POPULATIONS FAIBLES ET PEU DE DOMMAGES AUX GOUSSES OBSERVÉS
S. Boquel1, V. Samson2 et S. Mathieu2
1. Chercheur (CÉROM); 2. Agronome (MAPAQ)
Depuis 2023, les résultats de dépistage de la chrysomèle du haricot, réalisé dans des champs de soya de la Montérégie-Est et Ouest, du Centre-du-Québec, de la Chaudière-Appalaches et de l’Outaouais, montrent que les populations sont en dessous des seuils d’intervention et que peu de dommages aux gousses ont été observés. Les populations de chrysomèles varient de 0 à 2,8 individus par coup de filet dans les champs suivis récemment. Les dommages aux gousses (voir photo) sont également faibles (< 3,5 %). Cliquez ici pour consulter les données détaillées par région.
| Nombre moyen de chrysomèles du haricot par coup de filet dans du soya semé aux 30 pouces (7 pouces)* | |||
| Dommages aux gousses | Moins de 4 (3) | 4 (3) à 7 (5) | Plus de 7 (5) |
| 0 à 8 % | Interrompre le dépistage | Dépister à nouveau 5 jours plus tard | Intervenir (préventif) si les gousses sont encore vertes |
| 8 à 12 % | Dépister à nouveau 5 jours plus tard | Intervenir si les gousses sont encore vertes | Intervenir si les gousses sont vertes à jaunes |
| Plus de 12 % | Intervenir si les gousses sont encore vertes et que les chrysomèles sont présentes | Intervenir à moins que les gousses soient complètement sèches | Intervenir à moins que les gousses soient complètement sèches |
La valeur entre parenthèses est pour du soya semé aux 7 pouces.
La période à risque (R5 à R7) ainsi que celle du dépistage tirent bientôt à leur fin. À mesure que les gousses jaunissent, elles deviennent moins attrayantes pour la chrysomèle et sont ainsi peu susceptibles de subir des dommages. Consultez le document suivant pour de l’information détaillée sur les stades du soya.
Pour en savoir plus sur la chrysomèle du haricot et son dépistage, consultez la fiche technique La chrysomèle du haricot dans le soya, la vidéo La chrysomèle du haricot : biologie, dépistage et stratégies d’intervention ou encore le balado Chrysomèle du haricot : les connaissances qui font la différence.
S. Mathieu1, V. Samson1 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ)
La forte présence de mauvaises herbes dans les champs de soya en fin de saison peut nuire à l’opération de récolte et à la qualité du grain, notamment celui destiné à l’alimentation humaine où le grain pourrait être taché. Pour éviter les taches vertes sur les grains, il est conseillé de récolter lorsque les mauvaises herbes et les tiges de soya sont sèches. Les premières gelées d’automne peuvent contribuer à l’assèchement des mauvaises herbes, mais cela implique une récolte plus tardive, dans des conditions météorologiques qui pourraient s’avérer défavorables à la qualité de la récolte ou dans des conditions de terrain plus difficiles. Dans certains cas, l’utilisation d’herbicides en prérécolte du soya peut être envisagée pour faciliter l’opération de moissonnage-battage et optimiser la qualité des grains.
La fiche technique Gestion des mauvaises herbes en prérécolte du soya présente les bonnes pratiques d'utilisation d'herbicides avant la récolte du soya.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Edith Cuerrier, agr. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.




