
Récolte de l'ail en cours dans plusieurs régions. Incidence des thrips stable ou en augmentation. Un peu plus d'observations de chenilles de teigne au sud de la province. Fusarium dans l'ail et l'oignon. Oignon : Brûlure de la feuille stable ou en augmentation, brûlure stemphylienne en augmentation, mais toujours faible. Mildiou actif en Montérégie et en Estrie. Présence faible de pourriture bactérienne, charbon et tache pourpre. Brûlure stemphylienne et tache pourpre dans le poireau.
La période du 15 au 22 juillet a été marquée par des températures de jour et de nuit variables et modérées. Quelques dépassements des moyennes ont eu lieu en début et fin de période uniquement. Les précipitations ont été variables (voir la carte des précipitations). Des orages sont rapportés par endroits. L’ensoleillement a été moyen à bon.
L’irrigation est déployée dans plusieurs cultures, les précipitations n’étant pas suffisantes pour combler les besoins des cultures à plusieurs endroits. Certaines entreprises signalent un bas niveau d’eau dans les étangs destinés à l’irrigation, mais ce n’est pas le cas partout.
Ail
Les récoltes sont en cours ou à venir dans plusieurs régions.
| Région | Stade d'avancement | |
| Ail d'automne | Ail de printemps | |
| Capitale-Nationale | Début de récolte | ND |
| Chaudière-Appalaches | Début de récolte | ND |
| Estrie | Récolte | Bulbaison |
| Lanaudière | Récolte | Fleur d’ail |
| Montérégie | Récolte | Bulbaison |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | Bulbes en grossissement | 9-10 feuilles |
| Outaouais | Récolte | ND |
Oignon et poireau
Le développement des oignons est bon et s’est amélioré dans certains secteurs où il était au ralenti. La croissance est également moyenne à bonne dans le poireau.
Tableau 2 : Stade d'avancement des cultures
| Région | Stade oignon | Stade poireau |
| Capitale-Nationale | 8-10 feuilles | 6-7 feuilles |
| Chaudière-Appalaches | 8-10 feuilles (bulbe 3 po) | 6-7 feuilles |
| Estrie | 6-8 feuilles | 5-7 feuilles |
| Montérégie | Début arrachage Semé : 6 feuilles à bulbaison |
8-10 feuilles |
| Centre-du-Québec | Développement du bulbe | 6-9 feuilles |
| Lanaudière | 4-6 feuilles | Taille 50 % tige |
| Outaouais | ND | 6 à 8 feuilles |
Échalotes
En Montérégie, les échalotes semées sont au stade « 5 à 9 feuilles » et la bulbaison est en cours tandis que les échalotes plantées sont au stade « 8 feuilles, 50 % couchées ».
INSECTES
Thrips
Dans l’oignon, en Montérégie, l’incidence des thrips est soit stable, soit en augmentation et peut atteindre jusqu’à 100 % de plants porteurs. Leur population est stable et faible dans Lanaudière. En Estrie, une forte population est rapportée sur un site. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, la population est en augmentation et les thrips sont de retour dans certains champs traités auparavant. Les thrips sont faiblement présents dans le poireau tandis que des traitements ont été nécessaires dans l’ail sur deux sites en Montérégie. Leur population est en augmentation dans l’échalote en Montérégie où des traitements ont été nécessaires, de même que dans l’oignon vert.
- Dépistage : Dans les oignons, le dépistage des thrips commence dès le stade 2 feuilles. Regardez au cœur du plant afin d’y dénombrer les thrips adultes et les larves.
- Seuil d'intervention et stratégie : Le seuil d’intervention couramment utilisé est de 1 thrips par feuille, mais celui-ci peut être ajusté en fonction des conditions météorologiques à venir, de l’efficacité des produits utilisés et du marché visé (récolte avec feuillage ou bulbe sec). Pour les oignons secs qui ne seront pas entreposés (sans ROYAL MH-30 XTRA), il est possible de tolérer plus de thrips sans nuire au rendement.
Voir la fiche technique pour plus d’information.
Teigne du poireau
En Montérégie, la période d’activité des larves est toujours en cours et quelques nouveaux dommages sont encore observés, bien qu’ils soient généralement faibles dans l’ail et le poireau. Des traitements ont été réalisés à nouveau dans le poireau et les oignons. Des chrysalides sont maintenant observées, signe que la fin de la période d’activité s’approche. Dans Lanaudière, une augmentation des observations de larves et de dommages par rapport à la semaine dernière est rapportée et des traitements sont prévus dans l’oignon et le poireau. Les populations de larves et les dommages sont généralement faibles en Estrie. Des larves sont toujours observées au Centre-du-Québec dans le poireau où un traitement a eu lieu avec une bonne efficacité. Dans les régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches, les larves ou les dommages ne sont pas encore observés et les entreprises pratiquant le piégeage se préparent à effectuer le premier traitement. Aucune larve ou chenille n’est encore rapportée au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Les captures d’adultes de la teigne du poireau sont encore faibles ou nulles dans la majorité des sites dans les régions les plus chaudes. Les premières captures de la troisième génération devraient avoir lieu ces jours-ci à la limite sud du Québec. Elles sont en diminution dans les régions du Centre-du-Québec, en Mauricie, en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale. Enfin, elles sont en diminution au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
Voir la carte des vols de la teigne du poireau.
Dans le cas de l’oignon, ce ne sont cependant pas tous les champs qui doivent être traités. Par exemple, les grands champs d’oignons de la Montérégie sont rarement affectés par la teigne. Ce sont le plus souvent les petites superficies d’oignons relativement isolées qui sont endommagées. Les petits champs d’oignons verts sont aussi plus à risque que les grands champs. Dans ces cultures, il n’est conseillé d’intervenir que si des dommages significatifs ont été observés par le passé.
À quelle date traiter?
Pour les fermes où du piégeage est effectué
- Stratégie à un traitement : intervenir environ 10 jours après la date correspondant au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs.
- Stratégie à deux traitements : effectuer le premier traitement environ 3 jours après la date qui correspond au milieu de la période où les papillons ont été les plus actifs et le deuxième traitement, 14 jours après le premier.
| Région | Stratégie à 1 traitement | Stratégie à 2 traitements | |
| Date | Date 1 | Date 2 | |
| Montérégie-Est* | 9 juillet | 2 juillet | 16 juillet |
| Montérégie-Ouest* | 8 juillet | 1er juillet | 15 juillet |
| Lanaudière* | 12 juillet | 5 juillet | 19 juillet |
| Hautes-Laurentides* | 13 juillet | 6 juillet | 20 juillet |
| Basses-Laurentides* | 9 juillet | 2 juillet | 16 juillet |
| Outaouais * | 14 juillet | 7 juillet | 21 juillet |
| Estrie1 | 15 juillet | 8 juillet | 22 juillet |
| Centre-du-Québec* | 13 juillet | 6 juillet | 20 juillet |
| Chaudière-Appalaches1 | 18 juillet | 11 juillet | 25 juillet |
| Mauricie1 | 16 juillet | 9 juillet | 23 juillet |
| Capitale-Nationale1 | 19 juillet | 12 juillet | 26 juillet |
| Témiscamingue | 19 juillet | 12 juillet | 26 juillet |
| Abitibi | 27 juillet | 20 juillet | 3 août |
| Saguenay–Lac-Saint-Jean | 24 juillet | 17 juillet | 31 juillet |
| Charlevoix | 26 juillet | 19 juillet | 2 août |
| Bas-Saint-Laurent | 31 juillet | 24 juillet | 7 août |
| Gaspésie | 8 août | 1 août | 15 août |
| Côte-Nord | 8 août | 8 août | 8 août |
1. Les captures étant encore en augmentation sur des sites de ces régions, mieux vaut retarder les traitements de quelques jours, sauf si la présence de larves au champ est déjà confirmée.
Le tableau ci-dessus indique les dates d’intervention recommandées pour les stratégies à un ou deux traitements. Notez cependant que la date proposée correspond à une date moyenne pour la région. Si le champ est situé dans la partie la plus chaude de la région, intervenez deux ou trois jours plus tôt. Si, au contraire, il est dans un secteur plus froid, intervenez deux ou trois jours plus tard. Tenez compte également du microclimat particulier du champ (ex. : champ entouré de boisés) en traitant, s’il y a lieu, un ou deux jours avant la date indiquée.
Pour plus d'information
- Technique de piégeage de la teigne du poireau
- La teigne du poireau : Stratégie de lutte
- La teigne du poireau : Biologie et impact sur les cultures
Autres insectes
Des chenilles des marais salants ainsi que leurs dommages sont rapportés en Estrie et en Montérégie dans le poireau.
MALADIES
Virus
Des symptômes de virus continuent d’être observés en Montérégie, où la situation est stable, mais avec une présence importante.
La fiche technique Ail - Virus de la striure du poireau présente des précautions à prendre en présence de plants virosés au champ.
Fusariose du plateau
En Montérégie, des symptômes de cette maladie sont toujours rapportés et elle progresse sur certains sites.
Un cas de dépérissement est rapporté dans la région de Chaudière-Appalaches, où la présence de Fusarium, de nématodes et ou de virus est soupçonnée.
Brûlure stemphylienne
Des symptômes de la brûlure stemphylienne sont rapportés en Montérégie.
Rouille (Puccinia allii)
Des symptômes de rouille sont rapportés dans Lanaudière, sur un nouveau site.
Autres maladies
La brûlure de la feuille causée par Botrytis squamosa est rapportée dans l’ail sur certains sites en Montérégie, où l’incidence de la maladie est en progression.
Oignon sec, oignon vert et échalote
Brûlure de la feuille
En Montérégie, dans l’oignon sec, l’incidence de la maladie est stable ou en augmentation. Les taches se retrouvent sur les feuilles du bas et du haut et les traitements se poursuivent. Dans Lanaudière, elle est en augmentation. Les taches sont principalement présentes sur les feuilles du bas, mais atteignent aussi les feuilles du haut. La présence de la maladie est en augmentation en Estrie tandis qu’elle n’est pas présente dans les autres régions.
En Montérégie, l’incidence de la brûlure de la feuille est en augmentation dans l’échalote et stable dans l’oignon vert.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Brûlure stemphylienne
La présence de la maladie est en augmentation, mais encore faible dans l’oignon sec en Montérégie à l’exception de certaines zones ou champs où l’incidence est élevée. Dans Lanaudière, elle est en augmentation, surtout dans l’oignon rouge.
La brûlure stemphylienne est une maladie opportuniste dont les spores colonisent généralement les tissus blessés ou sénescents. Elle est favorisée par des températures chaudes (entre 18 et 25 °C) et une période de mouillure du feuillage d'au moins 16 heures.
- Dépistage : Il est recommandé d'effectuer un dépistage une fois par semaine et de noter le pourcentage de plants porteurs de la maladie.
- Prévention et stratégie : Les mesures préventives à instaurer en cours de saison consistent à éliminer les oignons volontaires, à effectuer une bonne gestion des mauvaises herbes et des thrips, à diminuer les risques de mouillure du feuillage et à alterner les groupes de fongicides utilisés.
Pour plus d'information sur les stratégies d'intervention et les symptômes, voir la fiche technique Brûlure stemphylienne (Moisissure noire des feuilles).
Mildiou
Le mildiou de l’oignon est maintenant rapporté en Montérégie, où de nouvelles taches sont toujours présentes, de même que sur un site en Estrie. Les traitements ont été réalisés ou sont à venir.
Les premiers symptômes du mildiou sur l’oignon apparaissent sur les vieilles feuilles, sous la forme de taches vert pâle ou jaune clair en forme de demi-lune. Les spores leur donnent une apparence duveteuse, de teinte grise ou violacée. Avec le temps, ceux-ci disparaissent et les lésions deviennent beiges et sèches. Sans intervention et dans des conditions favorables, la feuille entière devient éventuellement jaune et meurt.
Les conditions favorables au développement de la maladie sont les périodes d'humidité prolongée (rosée) avec des températures entre 7 et 16 °C. Il est alors conseillé de dépister les champs à risque plus d’une fois par semaine pour détecter les premiers symptômes. La maladie apparaît localement, puis prend de l’expansion en foyers.
La régie fongicide devrait être commencée dès l’apparition des premiers symptômes. Il est important d’alterner les groupes de fongicides utilisés pour éviter le développement de résistance.
Il existe des capteurs de spores qui permettent de quantifier la présence de l’agent pathogène dans l’air. Combinée à l’utilisation d’un modèle prévisionnel, cette technique permet de prendre les mesures nécessaires pour prévenir l’apparition des symptômes. Certains biofongicides sont aussi disponibles en prévention.
Pour réduire le risque d’apparition de la maladie, il faut privilégier la rotation des cultures, éliminer les oignons volontaires, éviter les excès d’azote et favoriser la circulation d’air pour faciliter le séchage du feuillage.
Pour plus d’information, consultez la fiche technique.
Fusariose du plateau
La maladie est signalée en Montérégie dans l’oignon (incidence faible) et dans l’échalote (incidence parfois plus élevée) de même que dans Lanaudière où elle est présente surtout dans l’oignon rouge dans les champs avec historique.
Le premier symptôme observable de cette maladie est le dépérissement de la pointe et le jaunissement des feuilles. Le plateau racinaire prend ensuite une couleur orangée qui se propage vers le haut. S’il y a progression de la maladie, la croissance du plant est ralentie et le plant entier jaunit et flétrit. Les oignons infectés s’arrachent facilement.
Pourriture bactérienne
La maladie est rapportée en Montérégie (oignon et échalote) avec une faible incidence et à l’état de traces dans les Laurentides et dans la Capitale-Nationale (oignon).
Les premiers symptômes sont observés sur une des feuilles d’âge moyen, située à l’intérieur du bouquet foliaire, qui flétrit et s’affaisse, tandis que les autres feuilles demeurent vertes et en santé. En conditions humides, la feuille affectée a une texture molle et se désagrège facilement, tout en étant gluante au toucher. Si les conditions sont favorables, la pourriture envahit graduellement le bulbe et le plant entier finit par mourir. Lorsque des conditions sèches surviennent peu après l’infection, la feuille affectée sèche rapidement et, parfois, le bulbe est épargné. Toutefois, il arrive aussi que la maladie redémarre en entrepôt.
Plusieurs références indiquent que les produits à base de cuivre, habituellement reconnus pour avoir un effet sur les bactéries, seraient peu, voire totalement inefficaces contre les pourritures bactériennes de l’oignon. En pratique, c’est le retour du temps sec qui semble arrêter le plus efficacement la progression de cette maladie.
Les mesures préventives recommandées sont les suivantes :
- Évitez les doses excessives d’azote;
- Évitez d’irriguer après le début de la bulbaison (diamètre du bulbe égal à deux fois le diamètre du col). Si vous devez irriguer par aspersion, faites-le tôt le matin, de manière à profiter des températures plus fraîches et à permettre, par la suite, un assèchement rapide du feuillage;
- Réprimez adéquatement les mauvaises herbes pour favoriser un assèchement rapide du feuillage;
- Évitez tout dommage au feuillage ou aux bulbes lors des opérations culturales.
Autres maladies
Le charbon est rapporté en Montérégie avec une incidence ne dépassant pas 1 % de plants porteurs dans l’oignon et 2 % dans l’échalote. La présence de symptômes s’apparentant à ceux du virus de la tache jaune de l’iris est rapportée sur un deuxième site dans Lanaudière. La tache pourpre est aussi rapportée dans Lanaudière (oignon espagnol), mais avec une faible incidence. Cette maladie frappe les feuilles déjà endommagées (pathogènes ou dommages mécaniques). Elle est favorisée par les conditions chaudes et humides.
Poireau
La brûlure stemphylienne est rapportée dans le poireau en Montérégie et au Centre-du-Québec, avec une incidence somme toute faible et peu de progression. La tache pourpre est nouvellement rapportée sur quelques sites uniquement en Montérégie.
Gestion de la résistance aux fongicides
Le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation met en place, à partir de la saison 2026, un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.
Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain.
Si vous soupçonnez un cas de résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les arrosages inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable!
Les analyses sont actuellement offertes dans l’oignon pour les champignons pathogènes suivants :
- Moisissure grise (Botrytis cinerea);
- Brûlure de la feuille (Botrytis squamosa);
- Brûlure stemphylienne (Stemphylium vesicarium).
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Eve Abel, agr. (MAPAQ) et Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME), avec la collaboration de Caleb Doamba, étudiant (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Oignon, ail et poireau ou le secrétariat du RAP. Édition : Marie-Eve Bérubé, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.


