
Météo : retour des températures plus saisonnières, précipitations variables et inégales. Développement de la culture : poursuite d’une bonne croissance, irrigation nécessaire par endroits, désordres physiologiques et abiotiques. Insectes : doryphore parfois encore actif; pression variable de la cicadelle de la pomme de terre; populations généralement en hausse de pucerons; autres ravageurs peu problématiques ou localisés. Maladies : aucun cas de mildiou mais conditions qui demeurent favorables; progression constante mais variable de maladies de faiblesse; évolution variable d’autres pathogènes.
Pour la période du 7 août au 13 août 2026, les températures ont été chaudes (le jour et la nuit) en début de période pour descendre par la suite à des valeurs plus de saison, en lien avec le mois d’août en cours. Encore quelques 30 °C et plus ont été enregistrés un peu partout en province (consultez le sommaire agrométéorologique). Les précipitations ont été, selon la région, plus ou moins fréquentes, inégales et/ou localisées. Des orages parfois intenses mais de courte durée ont eu lieu en plusieurs endroits en province, produisant de la grêle et/ou de bons vents (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Du vendredi 14 août au jeudi 20 août 2026, Environnement Canada prévoit des températures généralement de saison avec des précipitations lundi (à peu près partout), ainsi que mercredi et/ou jeudi, avec des cumuls à priori plutôt significatifs.
En général, les collaborateurs rapportent une croissance bonne à adéquate de la culture, comparable à la semaine dernière. Les champs de primeurs sont en situation de sénescence plus ou moins avancée selon la région et le cultivar (si pas récoltés encore). Les parcelles à vocation plus tardive présentent une belle allure, avec une bonne biomasse foliaire en plusieurs endroits. Il est observé une floraison qui s’étire dans certaines parcelles. Le temps moins chaud et les précipitations reçues dernièrement ont/vont améliorer le remplissage des tubercules. Cependant, avec les précipitations inégales, l’irrigation se poursuit ou a repris dans plusieurs secteurs en province, parfois pour équilibrer le bilan hydrique. Des désordres abiotiques et physiologiques sont à nouveau rapportés cette semaine, principalement au niveau des tubercules, avec de la variabilité comme des fissures de croissance (ex. : cultivars à peau rouge), un début de cœur creux et de la difformité. Pour les (nombreux) épisodes de grêle survenus en cours de période, des visites en parcelles touchées sont en cours pour évaluer de possibles dommages. Les récoltes dans la primeur se poursuivent selon la région et le marché, avec des rendements et une qualité corrects. Les mauvaises herbes continuent à prendre de l’ampleur dans certaines parcelles, surtout celles dont les entre-rangs ne se sont pas bien fermés.
Doryphore de la pomme de terre
Le doryphore de la pomme de terre demeure sous contrôle dans la majorité des régions, leur présence étant le plus souvent en zones localisées dans certains champs. Quelques interventions ont été nécessaires par endroits, principalement en bordures de parcelles, pour des individus migrants et trop agressifs. La présence de jeunes larves est mentionnée dans des secteurs du sud et du centre mais elles sont majoritairement tolérées. Le dépistage de ce bioagresseur devrait se poursuivre pour les cultivars plus tardifs afin de déterminer la nécessité ou non d’une intervention, en fonction de la biomasse foliaire en présence et de la date prévue de la récolte ou du défanage. À noter à nouveau la présence de punaises prédatrices dans des parcelles en province, des auxiliaires à protéger en limitant le plus possible l’usage d’insecticides.
Cicadelle de la pomme de terre (CPT)
L’activité de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) demeure variable selon la parcelle et la région. Encore cette semaine, des collaborateurs mentionnent une stabilité des captures sur pièges collants, majoritairement sous le seuil d’intervention retenu. Cependant, plus de larves sont observées dans des parcelles n’ayant pas reçu de traitement récemment, pouvant nécessiter ou non une intervention selon le niveau de maturité des plants, entre autres. Des symptômes foliaires associés à leur activité sont plus visibles par endroits, mais toujours sous le seuil de nuisibilité (grâce à une biomasse foliaire luxuriante). Un contrôle de la CPT est souvent réalisé avec celui des pucerons.
Voici des observations concernant d’autres ravageurs potentiels et suivis par le RAP Pomme de terre, en cours de période :
- Altise à tête rouge : une hausse d’activité des adultes est remarquée dans de nouveaux champs comme dans les régions de Québec et de Lanaudière, mais sous le seuil de nuisibilité pour les dommages causés. En général, les populations demeurent stables ou à la baisse à la suite d’une intervention pratiquée.
- Pucerons : leur activité varie en province, et souvent champ par champ. Les populations sont à la hausse dans plusieurs secteurs de la province avec plus de colonies par endroits. Des interventions ont été nécessaires dans des parcelles bien ciblées par un dépistage. Les infestations débutent souvent en foyers dans les champs, d’où la nécessité d’arpenter tout le champ lors du dépistage. Des prédateurs comme les coccinelles sont bien présents et exercent un contrôle biologique gratuit. Dans des parcelles dont la sénescence est plus avancée, des pucerons se concentrent souvent sur le feuillage restant (tête de plant).
- Punaise terne : à nouveau une faible activité rapportée de cet insecte pour la période qui se termine.
- Tétranyque à deux points : seulement quelques faibles infestations sont rapportées et ce dans la région de la Capiale-Nationale. Tout comme les pucerons, si c’est le cas, la nécessité d’un traitement dépend de la pression des acariens et la date prévue de la récolte ou du défanage.
- Autres bioagresseurs d’intérêt : encore quelques cas de sauterelles sont mentionnés dans la région de Québec, dans plus de sites, mais ne causant que de faibles dommages foliaires. Les adultes du scarabée japonais demeurent actifs dans des parcelles de Lanaudière. Une activité à la hausse de thrips est aussi mentionnée par quelques collaborateurs.
Mildiou de la pomme de terre
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison, en incluant la culture de la tomate. Le feuillage souvent humide et même bien mouillé par endroits le matin (présence de précipitations ou de fortes rosées) a représenté des conditions favorables au champignon et ce dans plusieurs régions, et sur plusieurs jours. Même si moins de précipitations sont dans les prévisions, le temps moins chaud et la présence de rosées matinales devraient maintenir les risques. Malgré la saison qui avance, la vigilance et une protection phytosanitaire de même qu’un suivi des champs (surtout les plus verts) demeurent importants jusqu’au défanage complet des parcelles. Les zones de champs à l’abri du vent, les baissières et aussi les rangs de passage du pulvérisateur ou de pivots sont plus à risque de développer le champignon. Une liste des produits homologués pour le contrôle du mildiou est disponible sur le site Web de SAgE pesticides et/ou du Profil ontarien pour la protection des cultures.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté à la grandeur de l’Amérique du Nord jusqu'à présent. Cependant, un cas récent (12 août 2026) a été signalé dans l’État du Michigan (États-Unis) et la souche US-23 a été identifiée. Aucune autre source régionalisée sur le suivi de la culture de la pomme de terre au Canada et aux États-Unis ne mentionne d’autres cas.
Avec la saison qui avance, il peut devenir de plus en plus difficile de différencier le mildiou d’autres maladies dites secondaires. Il ne faut alors pas hésiter à communiquer avec votre conseiller agricole ou l’avertisseur du RAP Pomme de terre pour tout cas suspect. Les producteurs sont encouragés à soumettre un échantillon au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ pour une identification, au besoin.
Brûlure hâtive
L’évolution de la brûlure hâtive varie en province, allant de faible à modérée selon la parcelle et la région, toujours plus marquée dans le sud. On observe une augmentation progressive dans des cultivars hâtifs en sénescence (ex. : 'Norland', 'Envol'), mais aussi certains de mi-saison (ex. : 'Chieftain') par endroits. À nouveau cette semaine, on rapporte l’absence de la maladie dans plusieurs parcelles en province, en lien avec leur bon développement végétatif. Les conditions demeurent favorables à son activité par endroits. Une intervention à cette période-ci relève plus du cas par cas.
Voici des observations concernant d’autres maladies suivies par le RAP Pomme de terre, en cours de période :
- Verticilliose et dartrose : ces deux maladies fongiques de fin de cycle ou de sénescence de plants progressent lentement ou graduellement dans plusieurs secteurs de la province, toujours pour des cultivars plus sensibles, et parfois en association. La verticilliose se présente d’abord sous la forme de plants isolés qui flétrissent, puis en petites zones. La dartrose profite souvent du couchage des plants pour infecter des tiges touchant la surface du sol.
- Jambe noire : des symptômes plutôt stabilisés ou en hausse à la suite des orages et de la chaleur des deux dernières semaines, et ce dans plusieurs régions. Plusieurs cultivars sont touchés (voir les avertissements précédents), avec une mention spéciale cette semaine pour 'Satina', 'Colomba', 'Norland' et 'Whitney'. Un début de pourriture de plantons est mentionné par endroits (Capitale-Nationale), étant associée à la maladie.
- Plants virosés : des plants avec symptômes plus visibles à la suite de leur sénescence, mais sans vraiment de hausse d’incidence.
- Gale commune : poursuite des observations notables dans plus de sites, pour des cultivars déjà mentionnés dans le dernier avertissement, mais plus pour le type 'Russet' cette semaine.
- Moisissure grise (Botrytis) et moisissure blanche (Sclerotinia): la présence d’une biomasse foliaire qui couvre bien les entre-rangs, des plants qui s’évasent graduellement et des interventions fongicides qui ne pénètrent pas bien la canopée font que des conditions peuvent être favorables à leur développement. Une hausse de l’activité de la moisissure grise est surtout signalée par endroits, mais sans impact sur la culture présentement. La moisissure blanche est beaucoup moins active.
- Rhizoctone brun : les quelques cas rapportés dans le sud de la province n’auraient pas évolué.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

