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Grandes cultures, Avertissement No 21, 21 août 2026


Puceron du soya : le soya n’est plus à risque en raison du stade avancé de la culture. Jaunissement du soya en fin de saison : sénescence, maladies ou autres causes? Optimisez votre rotation grâce aux céréales d'automne! Mauvaises herbes en fin de saison : quand soupçonner une résistance? Amarante tuberculée : c'est le bon moment pour la dépister et l'arracher.
 
 
PUCERON DU SOYA : LE SOYA N’EST PLUS À RISQUE EN RAISON DU STADE AVANCÉ DE LA CULTURE
M.-E. Cuerrier1, J. Breault1, B. Duval1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)

La majorité des champs de soya dépistés cette semaine par le RAP Grandes cultures sont au stade R5 (premières graines) ou R6 (grossissement des graines). À partir du stade R5, les pertes de rendement attribuables au puceron du soya deviennent peu probables et les traitements phytosanitaires sont très rarement rentables.

Les populations du puceron du soya sont en baisse dans environ 50 % des sites dépistés et continuent d’augmenter dans les autres sites. Pour plus de détails sur l’évolution des populations, consultez le tableau des populations de pucerons par site en cliquant ici. Les fortes pluies tombées dans les derniers jours dans certains secteurs et la baisse des températures ont possiblement aidé à réduire la progression des populations du puceron. Les ennemis naturels sont encore actifs et contribuent au contrôle du puceron. Le raccourcissement des jours entraînera bientôt l’apparition de pucerons ailés, qui migreront vers leur hôte d’hiver, le nerprun.

Selon le graphique ci-dessous, l’augmentation des populations en 2026 survient relativement tard dans la saison. Les populations demeurent généralement inférieures à celles observées lors des années où de fortes populations de pucerons ont été rapportées.
 
Image Agri-Réseau
 
 
Pour les champs qui n’ont pas encore atteint le stade R5 dans certains secteurs périphériques, poursuivez le dépistage en vous référant à la Stratégie d’intervention recommandée au Québec contre le puceron du soya

Le dépistage du puceron du soya dans le cadre du RAP Grandes cultures se terminait cette semaine; cet avertissement est donc le dernier de la saison. Ce fut une saison normale sans problème majeur lié à cet insecte.

 
JAUNISSEMENT DU SOYA EN FIN DE SAISON : SÉNESCENCE, MALADIES OU AUTRES CAUSES?
Autrices 2024 : B. Duval1 et J. Breault1
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, B. Duval1 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ)

Certains champs de soya commencent à jaunir en cette fin de saison. Dans certains cas, on peut se demander si ce jaunissement est normal, en raison de la sénescence des plants de soya, ou si d’autres facteurs sont en cause. Pour aider à distinguer la sénescence normale d’un problème phytosanitaire, il est utile d’observer la répartition et l’évolution des symptômes ainsi que les signes présents sur les feuilles, les tiges et les racines.

Les symptômes de certaines maladies foliaires généralement peu dommageables pour le rendement, comme la tache brune, le mildiou et la brûlure bactérienne, peuvent être observés à cette période. Des symptômes du syndrome de la mort subite et du nématode à kyste du soya peuvent aussi être présents. D’autres causes de décoloration du feuillage, comme une carence en potassium, des dommages d’ozone ou la présence de tétranyques, peuvent également être observées dans certains champs.

Il est utile de bien diagnostiquer ces problèmes afin de planifier les mesures à prendre pour les prochaines saisons de culture. En cas de doute, communiquez avec votre conseiller ou conseillère agricole et, au besoin, faites parvenir des plants au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ.

Pour plus d’information :
   
 
OPTIMISEZ VOTRE ROTATION GRÂCE AUX CÉRÉALES D'AUTOMNE!
Autrices 2023 : S. Mathieu1, V. Samson1 et B. Duval1
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, C. Rieux1, J. Saguez2 et V. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheur (CÉROM)
 
La période de semis des céréales d’automne approche à grand pas. Ces cultures génèrent de nombreux bénéfices agronomiques, économiques et environnementaux lorsqu’elles sont intégrées dans la rotation. La fiche technique Pensez aux céréales d’automne présente les points à considérer avant de semer une céréale d’automne, afin d’optimiser son établissement et sa survie hivernale.

Considérez également les différents herbicides appliqués plus tôt cette saison. Certaines restrictions relatives au délai avant l’implantation de céréales d’automne suivant l’emploi de certains produits, notamment ceux produisant une activité résiduelle, existent. Le non-respect de ces restrictions peut entraîner des dommages à la culture, tels qu’une levée inégale, un ralentissement de la croissance ou une réduction du rendement. Consultez les étiquettes des produits, afin de respecter les délais prescrits avant le semis et ainsi d’éviter tout impact sur la culture.

Les prochaines semaines pourraient également être propices au développement de certains ravageurs, dont la tipule des prairies et la noctuelle fiancée. Une attention particulière doit donc être portée dans les champs en semis direct et dans ceux ayant déjà eu un historique d’infestation. Un automne doux pourrait également être favorable pour les pucerons des céréales, des vecteurs du virus de la jaunisse nanisante de l’orge (VJNO), qui peut également infecter les céréales d’automne.
 
  
MAUVAISES HERBES EN FIN DE SAISON : QUAND SOUPÇONNER UNE RÉSISTANCE?
Autrices 2022 : S. Mathieu1, B. Duval1 et S. Flores-Mejia2
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, J. Breault1, B. Duval1 et D. Miville3
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM); 3. Agronome-malherbologiste (LEDP-MAPAQ)

Le mois d’août est une bonne période pour dépister les champs et repérer les mauvaises herbes qui ont échappé au contrôle des herbicides appliqués plus tôt en saison. À ce temps-ci de l’année, les mauvaises herbes non contrôlées dépassent généralement la canopée et sont ainsi plus faciles à détecter. Au Québec, certaines espèces de mauvaises herbes ont déjà été confirmées résistantes à un ou plusieurs herbicides, dont la petite herbe à poux, l’amarante tuberculée, la morelle noire de l’Est, la moutarde des oiseaux, la vergerette du Canada, la folle avoine, l’amarante à racine rouge, le chénopode blanc et la sétaire verte. Consultez le Portrait de la résistance des mauvaises herbes au Québec (2011-2025) pour connaître la situation actuelle.
 
Établir un diagnostic de résistance des mauvaises herbes
Lors du dépistage, identifiez les mauvaises herbes non réprimées et notez leur emplacement, leur densité et leur stade de développement. La vidéo Le dépistage de la résistance des mauvaises herbes présente les principaux signes pouvant indiquer une résistance aux herbicides et aide à en faire une bonne évaluation. Ces observations permettront de mieux comprendre les raisons du mauvais contrôle.

Attention! Une mauvaise herbe non contrôlée n’est pas nécessairement résistante à l’herbicide utilisé. Les éléments suivants renforcent l’hypothèse de la résistance aux herbicides :
 
  • Une seule espèce de mauvaise herbe a survécu au traitement;
  • Le patron de distribution de la mauvaise herbe au champ est aléatoire ou se concentre aux points d’entrée du champ;
  • Dans cette population de mauvaises herbes, le niveau de dommages dus à l’herbicide varie d’une plante à l’autre;
  • Le même problème a été observé au cours des dernières années dans un même champ lorsque des herbicides du même groupe ont été utilisés;
  • Des herbicides du même groupe ont été utilisés à répétition, année après année, dans ce champ.

Si un problème de résistance est soupçonné, un diagnostic permettra d’ajuster la stratégie de désherbage pour les années à venir, évitant ainsi des applications inefficaces d'herbicides et des pertes potentielles de rendement.

Des tests de détection de la résistance sont offerts pour plusieurs espèces par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP). Consultez la trousse Résistance des mauvaises herbes pour connaître les tests disponibles, les méthodes d’échantillonnage et les modalités d’envoi des échantillons.

Pour limiter la multiplication et la propagation des mauvaises herbes résistantes aux herbicides, il est important de bien connaître la biologie des mauvaises herbes en cause, de dépister régulièrement les champs tout au long de la saison, d’utiliser différentes méthodes de lutte, de faire des rotations incluant des cultures à cycles long et court et de varier les modes d’action (groupes) des herbicides utilisés. Pour mieux connaître la biologie de certaines mauvaises herbes fréquemment confirmées résistantes à des herbicides et établir une stratégie de lutte, consultez les fiches techniques sur l’amarante tuberculée, la folle avoine, la morelle noire de l’Est et la petite herbe à poux.

Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter le personnel du LEDP du MAPAQ au (418) 643-5027, poste 2700, ou à phytolab@mapaq.gouv.qc.ca. Pour la saison de culture 2026, le LEDP poursuit son service d'aide à l'identification de mauvaises herbes à partir de photos envoyées à mauvaiseherbe@mapaq.gouv.qc.ca.

Pour plus d’information, consulter :
   
Image Agri-Réseau

Colonie de petite herbe à poux dans un champ de soya

Source : LEDP (MAPAQ)

Image Agri-Réseau

Colonie de morelle noire de l'Est dans un champ de soya

Source : M. Labrecque (OptiConseils Chaudière-Appalaches)

 
 
AMARANTE TUBERCULÉE : C'EST LE BON MOMENT POUR LA DÉPISTER ET L'ARRACHER
Auteurs 2023 : S. Mathieu1, M.-E. Cuerrier1, B. Duval1, S. Flores-Mejia2, A. Marcoux3, D. Miville3, A. Picard3 et V. Samson1
Mise à jour 2026 : M.-E. Cuerrier1, J. Breault1, B. Duval1, D. Miville3 et S. Samson1
1. Agronome (MAPAQ); 2. Chercheuse (CÉROM); 3. Agronome-malherbologiste (LEDP -MAPAQ)

Le mois d'août constitue une période privilégiée pour détecter l'amarante tuberculée, puisque les plants dépassent souvent la culture et deviennent plus faciles à repérer (photo 1). Cette plante a la capacité de germer tout au long de la saison de culture et de pousser sous la canopée des cultures, comme le maïs. Un dépistage régulier des champs est donc recommandé afin de détecter sa présence et d’éviter la production de graines. Portez une attention particulière aux entrées des champs, aux bords de fossés et de cours d’eau ainsi qu’aux zones de vidange de la batteuse.

La meilleure stratégie de gestion consiste à éviter l’augmentation de la banque de graines. Les plants repérés devraient donc être arrachés avant qu’ils ne produisent des graines viables et retirés du champ. Consultez le Protocole harmonisé pour le dépistage de l’amarante tuberculée pour connaître la méthode de dépistage, les critères d’identification, les mesures de biosécurité ainsi que la procédure d’échantillonnage et d’envoi au laboratoire pour l’identification et les tests de résistance aux herbicides.
 
Image Agri-Réseau

Photo 1. Plants d'amarante tuberculée dépassant les plants de soya

Source : S. Flores-Mejia (CÉROM)

 
 
À ce jour, la floraison de l’amarante tuberculée a commencé. C’est donc le moment d’arracher les plants. La fenêtre d’intervention est courte à partir du moment où la floraison est entamée, puisque des graines viables sont produites environ 10 jours après la pollinisation des fleurs.

Si vous arrachez des plants d’amarante tuberculée, il est recommandé de les retirer du champ, puisque la tige a la capacité de s’enraciner, de fleurir et de produire des graines viables lorsqu’elle est déposée au sol (photo 2).

Afin de disposer sécuritairement des plants d'amarante tuberculée, il est recommandé de :
 
  • Les enfouir à plus de 15 cm dans le sol sans perturbation pendant au moins six semaines;
  • Les disposer dans des sacs à ordures résistants qui devront être exposés au soleil pour un minimum de huit semaines et, de préférence, jusqu'au printemps suivant, avant d'être jetés à la poubelle ou envoyés dans un lieu d'enfouissement technique (photo 3);
  • Les rassembler en un amas au sol et les recouvrir d'une bâche noire pendant plus de huit semaines, afin de les détruire par solarisation (photo 4).

Pour plus d’information, consultez le document Évaluation des deux méthodes de gestion de plantes d’amarante tuberculée arrachées à la main : solarisation et enfouissement.
 
Image Agri-Réseau

Photo 2. Plant d'amarante tuberculée laissé au sol pendant quelques semaines à la suite de l'arrachage et ayant produit des repousses viables et des fleurs

Source : S. Mathieu, agr. (MAPAQ)

Image Agri-Réseau

Photo 3. Les plants d'amarante tuberculée arrachés peuvent être disposés dans des sacs à ordures, puis transportés à un autre endroit pour être solarisés pour au moins huit semaines

Source : S. Flores-Mejia (CÉROM)

 
 
Image Agri-Réseau

Amas de plants d'amarante tuberculée recouvert d'une bâche

Source : S. Mathieu, agr. (MAPAQ)



Lorsque vous visitez un champ avec de l’amarante tuberculée, n’oubliez pas de mettre en place des mesures de biosécurité, comme le nettoyage des vêtements, des bottes et de votre véhicule, afin de ne pas contaminer d’autres champs par des graines qui pourraient se loger dans les petits espaces. Pour plus d’information à ce sujet, consultez la Trousse d’information sur la biosécurité dans le secteur des grains, notamment la fiche portant sur les lignes directrices pour les intervenants du secteur des grains.

Les producteurs sont encouragés à signaler la présence d'amarante tuberculée à leur conseiller ou à leur agronome afin d’obtenir un encadrement agronomique, notamment en établissant une stratégie de lutte basée sur les méthodes préventives et en fonction des moyens de contrôle disponibles sur l’entreprise ainsi qu’en aidant à la mise en place de mesures de biosécurité.

Gratuité pour les différentes espèces d’amarantes
Les producteurs agricoles ou leurs conseillers qui soupçonnent la présence d’une amarante dommageable dans un champ et qui souhaitent valider son identification ainsi que la présence de résistance aux herbicides, peuvent participer à cet effort de dépistage. Les tests sont offerts gratuitement par le LEDP pour la saison 2026.

Pour plus d'information :
   
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Grandes cultures
Date de publication : 21 août 2026
Infolettre Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

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