Hormis les primeurs, en plasticulture avec toile ou minitunnel, peu de semis et de plantations ont été faits jusqu’à présent. La fin mai est souvent la période optimale pour débuter les semis et les transplantations de cucurbitacées. La température du sol plus chaude assure une germination rapide et une bonne reprise.
MOT DE BIENVENUE
Encore cette année, nous pouvons compter sur la contribution remarquable de notre équipe expérimentée de collaborateurs et de collaboratrices du RAP Cucurbitacées qui nous transmettent des observations de surveillance du territoire indispensables pour la rédaction des avertissements. C’est ce qui fait la force du réseau et nous permet d’avoir un bon portrait de la situation dans les champs du Québec. Un grand merci également aux nombreuses entreprises maraîchères qui partagent avec générosité ce qui se passe sur le terrain. Bonne saison 2026 à tous!
GRATUITÉ D'ANALYSES AU LABORATOIRE D’EXPERTISE ET DE DIAGNOSTIC EN PHYTOPROTECTION
AVANCEMENT DES CULTURES
Mis à part pour les primeurs, en paillis de plastique avec toile ou minitunnel, peu de semis et de plantations ont été faits dans les dernières semaines. Quelques jaunissements et brûlures de feuilles causés par les nuits fraîches ont été rapportés dans les plantations les plus avancées. Avec le réchauffement du sol récent et les risques de gels passés, les semis et les plantations dans les cucurbitacées vont s’accélérer dans les prochains jours. La fin du mois de mai est souvent la période optimale pour débuter les semis et les transplantations de cucurbitacées, car la température moyenne du sol est alors adéquate pour assurer une germination rapide et une bonne reprise.
ÉVOLUTION DES TEMPÉRATURES DU SOL, À 10 CM
Pour plusieurs régions, la température du sol commence tout juste à atteindre la température minimale de germination des cucurbitacées qui se situe entre 15 et 16 °C. On estime qu'à 15 °C, le temps d'émergence des concombres est de 13 jours comparativement à seulement 6 jours lorsque la température du sol est de 20
°C. Il est bon de rappeler qu’une levée rapide permet de limiter les risques de dommages causés par les maladies racinaires et la mouche des semis.
Avec un paillis de plastique noir, la température du sol à 5 centimètres de profondeur peut augmenter de 2,8 °C par rapport à la température du sol nu. L'augmentation est encore plus importante avec un paillis photosélectif qui laisse passer plus de radiation solaire qu'un paillis noir.
Le météogramme ci-dessous montre la courbe des températures de sol à 10 cm de profondeur entre le 13 et le 27 mai. Notez cependant que la profondeur de semis des cucurbitacées se situe généralement entre 1,5 et 5,0 cm et qu'à ces profondeurs, les températures du sol fluctuent davantage qu'à 10 cm de profondeur. Néanmoins, la température à 10 cm de profondeur est généralement plus stable et plus représentative de la température moyenne du sol.
Vous pouvez grossir le graphique en cliquant sur l'image. Le trait noir horizontal représente la température minimale de germination des cucurbitacées, estimée à 16 °C.
Températures du sol à 10 cm de profondeur pour les stations de Beauport, Lanoraie, Rougemont, Sainte-Clotilde, Saint-Édouard-de-Lotbinière et Saint-Germain-de-Grantham du 13 au 27 mai 2026
Source : CIPRA (Agrométéo Québec)
Pour consulter les données de votre localité,
cliquez ici et sélectionnez la station météorologique ainsi que la période de votre choix.
LA MOUCHE DES SEMIS
Le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) a développé un modèle basé sur l’accumulation de degrés-jours permettant de prédire la date du pic d’activité printanier maximal (50 % des mouches émergées) de la première génération de la mouche des semis. Selon le
modèle généré le 20 mai 2026, le pic a été atteint dans les régions de la Montérégie-Est (20 mai) et de la Montérégie-Ouest (19-20 mai), suivies de l’Estrie (22 au 27 mai), de Lanaudière (23 au 26 mai), des Laurentides (24 mai) et du Centre-du-Québec (25 au 26 mai).
Pour les secteurs suivants, le pic est à venir : Mauricie (3
juin), Chaudière-Appalaches (2 au 7 juin), Capitale-Nationale (3 au 8 juin), Bas-Saint-Laurent (9 au 11 juin).
Les champs déjà semés ou qui seront semés à une date près du pic d’émergence de la mouche des semis pourraient être sujets à des dommages de larves
si les champs sont à risque. Vérifiez la présence de larves et de dommages environ deux semaines après le pic prévisionnel.
Les conditions favorisant les dommages de la mouche des semis sont : une germination lente (causée par des températures du sol et de l'air fraîches), des sols humides, des sols fraîchement amendés en matière organique ou avec des résidus tout juste enfouis, des semis peu profonds et hâtifs suivis d’un printemps frais et pluvieux.
Pour en connaître davantage sur les facteurs de risque et les méthodes de lutte préventives, référez-vous à la fiche technique sur la
Mouche des semis.
Lorsque les champs sont à risque, il vaut mieux éviter de faire le semis au moment du pic d’émergence de la mouche.
MAUVAISES HERBES ET DÉSHERBANTS DE PRÉLEVÉE
Les pulvérisations d’herbicides en prélevée de la culture débutent dans les champs de cucurbitacées semés. Pour que ce type d’herbicide soit efficace, une pluie ou une irrigation est souvent nécessaire pour faire descendre le produit dans la zone de germination des adventices, peu de temps suivant l’application. Consultez les hyperliens des étiquettes des produits pour connaître les conditions d’application assurant le succès de la pulvérisation dans le
bulletin d’information N° 1 du 25 mai 2026 portant sur les herbicides homologués dans les cucurbitacées.
Par ailleurs, il n’est pas recommandé de pulvériser lorsque la vitesse du vent à la hauteur de la rampe est de plus de 12 km/h. À cet effet, des applications pour téléphone intelligent sont disponibles pour mesurer la vitesse du vent.
Pour en savoir davantage sur le choix des buses et les solutions pour éviter la dérive, consultez la brochure
La dérive des pesticides : prudence et solutions.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Isabelle Couture, agr., M. Sc. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Cucurbitacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph. D. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.
