
Les plantations continuent. Étranglement au collet causé par le vent. Dommages de vers gris localisés. Mouches des semis, vers fil-de-fer et collemboles. Présence tolérable de Pythium, Sclerotinia et Botrytis. Traitements fongicides préventifs. Prévention de la moisissure grise dans les transplants.
Pour la période du 20 au 26 mai, les températures ont tardé à se réchauffer dans plusieurs régions. Des nuits froides et d’importants écarts de températures entre le jour et la nuit ont été observés dans l’ensemble des régions. Du gel est survenu pendant la nuit du 22 mai dans les régions suivantes : Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches, Centre-du-Québec, Lanaudière, Estrie, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Montérégie. Les précipitations ont été généralement modérées sauf dans l’est de la province ; voir la carte des précipitations. Certaines régions ont connu de longues périodes sans précipitation. Le vent a aussi été présent dans l’ensemble des régions.
Des épisodes de vent intense ont causé de l’étranglement au collet en quantité notable dans certaines plantations. Certains producteurs ont interrompu les plantations durant et peu avant les périodes trop venteuses afin d’éviter les dommages.
Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Dans la région de Québec (Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale), les laitues les plus avancées ont 4 feuilles. En Montérégie, les plants atteignent jusqu’à 11 feuilles hors bâche et la formation de la pomme est entamée dans les laitues iceberg qui étaient sous bâches.
Vers gris
Des dommages de vers gris ont nécessité un traitement localisé en Montérégie-Ouest. L’espèce de ver gris responsable n’a pas été identifiée.
Les captures d’adultes du ver-gris noir continuent d’augmenter dans les régions suivies. Un plateau semble être atteint en Montérégie, avec une moyenne de 20,7 papillons par piège, tandis que les captures continuent d’augmenter autour de Québec (Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches) avec une moyenne de 16,7 papillons par piège.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Punaises
Les punaises ternes sont plus actives bien qu'elles demeurent peu présentes dans les champs de laitue en Montérégie-Ouest. Peu de dommages ont été observés et aucune intervention n’a été nécessaire. Les premières larves de punaise terne et des adultes de punaise brune sont aussi observées dans cette région. Dans la Capitale-Nationale, une faible présence de punaises ternes est rapportée.
| Laitue pommée | Moins de 10 feuilles | 7 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants | |
| Laitue romaine et en feuille | Moins de 10 feuilles | 5 individus pour 30 plants |
| Plus de 10 feuilles | 3 individus pour 30 plants |
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Mouche des semis
De nouveaux dommages de la mouche des semis causant le flétrissement des plants ont été rapportés dans de jeunes plantations de laitue en Montérégie.
Autres insectes
Ver fil-de-fer : En Montérégie, des vers fil-de-fer se sont attaqués à la racine pivot de jeunes plants de laitue, causant leur flétrissement. Ce ravageur cause occasionnellement des dommages dans cette culture. Ces dommages peuvent être confondus à première vue avec ceux du ver gris ou de l’affaissement pythien. Les champs avec un historique de graminées sont plus à risque. Les vers fil-de-fer peuvent résider dans le sol de 1 à 6 ans avant de devenir adultes. Une longue rotation de cultures sans graminée aide à réduire les populations de vers fil-de-fer.
Collemboles : Les collemboles sont encore observés dans plusieurs champs en Montérégie, mais causent peu de dommages. Les collemboles sont de petits insectes noir, brun ou ocre, gros comme une tête d’épingle, qui sautent lorsqu’on les dérange. Ils causent généralement peu de dommages à la culture et les traitements sont rarement justifiés. Les conditions dans lesquelles il faut les surveiller sont les périodes sèches avec une forte présence sur les jeunes plantules. Même dans ces conditions, les traitements seraient rarement justifiés et il serait préférable de s’assurer de maintenir des conditions de croissance adéquates (irrigation et fertigation).
Cicadelles : Des cicadelles sont observées en faible nombre en Montérégie. La cicadelle de l’aster est l’espèce principale à observer dans la laitue puisqu’elle transmet le phytoplasme de la jaunisse. Celle-ci est généralement présente au Québec à partir de la mi-juin.
Traitements fongicides préventifs
À noter que les traitements fongicides pour préserver les laitues de l’affaissement sclérotique (aussi appelé pourriture blanche et causé par Sclerotinia sclerotiorum et Sclerotinia minor) et de la moisissure grise (Botrytis cinerea) doivent être appliqués au plus tard au stade 10 feuilles des laitues, afin de s’assurer que la pulvérisation atteigne le collet à la base des plants. Les champs qui ont subi des conditions difficiles (excès d’humidité, feuillage endommagé, etc.) présentent un risque accru de développement de maladies.
Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
En Montérégie, des symptômes d’affaissement pythien sont rapportés en proportion tolérable. Dans les champs à risque, les transplants avaient été traités à l’aide d’un fongicide préventif afin de limiter la maladie.
- Dépistage : Outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas nécessairement d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées suite à un sarclage.
- Stratégie d'intervention : Les champs présentant un historique élevé de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection de Pythium tracheiphilum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent d'identifier l’inoculum et de connaître la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minor)
En Montérégie, les cas de pourriture blanche se sont stabilisés après le retrait des bâches et l’augmentation des températures. Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
- Dépistage : Sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Moisissure grise (Botrytis cinerea)
Tout comme la pourriture blanche, peu de nouveaux cas de moisissure grise ont été observés et les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
Dans quelques champs seulement, la moisissure grise s’attaquant aux jeunes plants a causé des pertes notables peu après la transplantation. On soupçonne aussi que l’infection soit débutée en serre. La gestion de l’humidité et de la température des serres ainsi que le nettoyage des plateaux de transplants font partie des bonnes pratiques permettant d’éviter les maladies en serre.
- Dépistage : Sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Geneviève Arsenault-Labrecque, agr., Ph.D. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

