
Météo : températures plutôt de saison, précipitations variables. Développement de la culture : bonne croissance en général et amélioration du remplissage des tubercules, poursuite de l’irrigation par endroits, quelques désordres physiologiques et abiotiques. Insectes : doryphore encore actif par endroits; pression à la hausse de la cicadelle de la pomme de terre et des pucerons par secteur; autres ravageurs peu problématiques ou localisés. Maladies : aucun cas de mildiou mais conditions toujours favorables; progression constante des principales maladies de faiblesse; évolution variable d’autres pathogènes.
Pour la période du 14 au 20 août, des températures généralement dans les moyennes ont été enregistrées, sauf pour quelques journées plus fraîches et quelques nuits moins chaudes en début de période, dont dans le centre de la province (consultez le sommaire agrométéorologique). Des précipitations sont survenues sur quelques jours, surtout les 16, 17 et 19 août un peu partout. Cependant, les cumuls ont été à nouveau variables et peu élevés par endroits, sauf localement, à nouveau sous des averses ou orages très localisés. Certains de ces orages ont produit de la grêle. Du brouillard a aussi été observé certains matins (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Du vendredi 21 août au jeudi 27 août, Environnement Canada prévoit à nouveau des températures généralement de saison, avec des précipitations sur quelques jours (plus fréquentes au nord) et des cumuls de 10 à 20 mm environ selon le secteur, mais plus élevés au nord-ouest (ce qui reste à préciser).
Le temps moins chaud et humide, avec des rosées matinales, a favorisé la culture. Des collaborateurs rapportent une belle apparence dans plusieurs champs, bien que l’on observe la maturité qui arrive dans des parcelles de plusieurs cultivars, surtout dans le sud mais aussi le centre de la province. Le remplissage des tubercules a progressé en plusieurs endroits, à la faveur des conditions météo favorables, ce qui encourage des producteurs après un mois de juillet plus difficile. Les sols sont redevenus humides à la suite des dernières précipitations, mais généralement sans surplus. Les systèmes d’irrigation sont à l’arrêt ou au ralenti, sauf plus dans certains secteurs (ex. : Outaouais) où les précipitations n’ont pas suffi. Des dommages sont présents mais limités dans les cas de grêle, selon les collaborateurs. Certains rapportent un peu plus de difformités et de fentes de croissance pour des variétés sensibles, de même que du cœur creux. Le défanage de parcelles a augmenté afin d’améliorer la qualité des tubercules à la récolte. Pour les récoltes de primeurs en cours, en général, il est rapporté de bons rendements avec une qualité à la satisfaction des producteurs, pour des secteurs plus au sud. Pour les cultivars de mi-saison et ceux plus tardifs, des tests de rendement ont débuté dans des régions plus au sud et le tout s’annonce prometteur mais avec de la variabilité selon la parcelle et/ou le cultivar. Il reste toujours du calibre à aller chercher dans plusieurs parcelles, et ce partout en province.
La saison progresse rapidement avec le mois de septembre qui va arriver sous peu. Normalement, un suivi des champs pour les insectes ravageurs devrait continuer jusqu'à environ 8-10 jours de la date de défanage prévue afin de s’assurer du bon état des plants de pomme de terre.
Doryphore de la pomme de terre
L’activité du doryphore de la pomme de terre se poursuit en province. Des adultes estivaux reviennent en bordures de certaines parcelles avec des éclosions dans des zones de champs. Des larves sont remarquées mais le tout demeure tolérable selon les collaborateurs. Cependant, des traitements localisés pourraient être nécessaires. Le dépistage devrait se poursuivre pour les cultivars plus tardifs afin de déterminer la nécessité d’une intervention.
Cicadelle de la pomme de terre (CPT)
La pression de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) continue à être variable en province. Des collaborateurs d’une même région indiquent parfois un niveau d’activité différent, ce qui justifie le dépistage à la ferme, champ par champ. De nouvelles envolées et la présence de larves sont mentionnées dans des secteurs sud et aussi centre de la province, en possible lien avec des coupes de foin ou des récoltes de céréales à proximité. Plus de symptômes foliaires ont aussi été observés en bordures de certaines parcelles, mais sans excès. Un contrôle de la CPT, si nécessaire pour maintenir la santé des plants, est souvent réalisé avec celui visant les pucerons, en utilisant le bon produit et si possible celui le moins nocif pour les auxiliaires.
Voici d’autres insectes ou acariens d’intérêt qui ont été observés en cours de période à travers la province :
- Altise à tête rouge : situation variable en province, avec soit une hausse ou une baisse de son activité. Une présence est plus remarquée dans des secteurs du centre de la province. Les dommages foliaires demeurent limités en général.
- Pucerons : leur activité varie aussi en province mais on rapporte une tendance à la hausse dans plusieurs régions, avec des interventions nécessaires par la présence de plus fortes colonies dans des parcelles bien ciblées (ex. : Capitale-Nationale). Un bon volume de bouillie est nécessaire pour obtenir un meilleur résultat. Lorsque les populations sont moins élevées, la présence de prédateurs naturels (ex. : coccinelles) permet un contrôle satisfaisant.
- Punaise terne : une faible activité, parfois plus des nymphes que des adultes, est rapportée dans certaines parcelles, largement sous le seuil de nuisibilité retenue.
- Tétranyque à deux points : sa présence n’est toujours rapportée que dans quelques parcelles de la région de la Capitale-Nationale, sans intervention nécessaire, pour le moment. Les symptômes de leur présence peuvent être confondus avec ceux de certaines maladies. Ce ne sont pas les mêmes produits qui contrôlent les tétranyques que ceux utilisés contre les pucerons et/ou la cicadelle de la pomme de terre.
- Autres bioagresseurs d’intérêt : de nouveaux cas (mineurs) d’activité de sauterelles sont mentionnés en province. Les scarabées japonais adultes sont plus actifs, par endroits, dont dans le centre de la province, causant des dommages négligeables à la culture. L’activité des thrips ne semble pas avoir augmenté ou causé de dommages à la culture selon les rapports reçus.
Mildiou de la pomme de terre
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison, en incluant la culture de la tomate. Pour une deuxième semaine consécutive, les conditions ont été favorables à la maladie et ce dans plusieurs régions de la province à la suite de fortes rosées, de précipitations plus fréquentes et du temps plus frais, entre autres. Avec les précipitations annoncées pour les prochains jours, les risques s’annoncent élevés également. Une protection complète des parcelles est donc nécessaire. Les fongicides travaillent pour la grande majorité en prévention, d’où l’importance de la détection précoce de la maladie. Le dépistage doit donc se poursuivre afin de débusquer la présence possible du champignon dans les champs.
Pour en savoir plus sur la gestion du mildiou de la pomme de terre, un guide québécois réalisé par le CIEL est disponible pour consultation sur le site Agri-Réseau.
Une liste des produits homologués pour le contrôle du mildiou est aussi disponible sur le site Web de SAgE pesticides et/ou du Profil ontarien pour la protection des cultures.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté à la grandeur de l’Amérique du Nord jusqu'à présent. Selon d’autres sources régionalisées, aucun nouveau cas que celui datant du 12 août 2026 dans l’État du Michigan (États-Unis) n’a été signalé au Canada et aux États-Unis.
On rappelle qu’il ne faut pas hésiter à communiquer avec votre conseiller agricole ou l’avertisseur du RAP Pomme de terre pour tout cas suspect. Les producteurs sont encouragés à soumettre un échantillon au Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ pour une identification, au besoin.
Brûlure hâtive
Une progression de la brûlure hâtive est rapportée par des collaborateurs d’un peu partout en province, principalement pour des plants en phase de sénescence ou de dépérissement. Des symptômes associés à la maladie sont maintenant observés dans l’étage supérieur des plants et ce dans plus de régions. Des interventions ciblées ont eu lieu afin de ralentir la progression des taches. À nouveau cette semaine, on rapporte l’absence de la maladie dans plusieurs parcelles en province ou seulement quelques symptômes dans le bas de plants, en lien avec leur bon développement végétatif. Il y a donc de la variabilité selon la parcelle et aussi le cultivar.
Voici des observations concernant d’autres maladies d’intérêt et suivies par le RAP Pomme de terre :
- Verticilliose et dartrose : hausse graduelle de ces deux maladies de fin de cycle ou pour des plants sénescents, et ce dans plusieurs régions. Des cultivars sont plus affectés que d’autres. C’est le bon moment de prendre en note les parcelles touchées afin de sélectionner des cultivars plus tolérants à implanter pour les prochaines saisons dans les champs plus à risque et/ou en y ajustant la régie de culture au besoin.
- Jambe noire : progression variable des symptômes en province selon les précipitations reçues et le cultivar. Des tubercules présentant un début de pourriture bactérienne en lien avec cette maladie ont été plus remarqués par des collaborateurs dans certaines parcelles.
- Plants virosés : rien de nouveau de ce côté pour cette semaine.
- Gale commune : présence dans quelques parcelles échantillonnées en province, parfois à un niveau élevé, pour plusieurs cultivars, incluant le type 'Russet'.
- Moisissure grise (Botrytis cinerea) et moisissure blanche (Sclerotinia sclerotiorum) : hausse de leur activité dans des parcelles plus végétatives, pour des secteurs du sud et du centre de la province. On rapporte le maintien d’une activité plutôt élevée dans Lanaudière par endroits du côté de la moisissure grise. La moisissure blanche est dépistée dans plus de régions cette semaine mais toujours faiblement. Leur activité demeure sans impact sur la culture présentement. On rappelle que le contrôle de ces deux maladies fongiques s’avère difficile à cette période-ci avec un couvert végétal dense limitant la bonne pénétration du produit utilisé à travers la canopée.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

