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Grandes cultures, Avertissement No 14, 3 juillet 2026


Ravageurs du canola : état de situation pour les altises et la cécidomyie du chou-fleur. Cicadelle de la pomme de terre dans la luzerne : dépassement du seuil d'intervention en Estrie. Légionnaire uniponctuée : observations dans plusieurs régions, dont un cas d'infestation importante en Chaudière-Appalaches. Fusariose de l’épi chez le blé de printemps : risques variables. Rouille jaune du blé : cas signalés, mais conditions actuellement peu favorables. Pourriture à sclérotes du soya : évaluez le risque en fonction de la floraison et des conditions du champ. Puceron du soya : premières observations, mais rien d’inquiétant. Maïs : considérations pour des applications tardives d'herbicides. La dérive causée par les inversions de température. Épisodes de grêle.

 
RAVAGEURS DU CANOLA : ÉTAT DE SITUATION POUR LES ALTISES ET LA CÉCIDOMYIE DU CHOU-FLEUR
S. Boquel1, H. Brassard2 et A. Akpakouma2
1. Chercheur (CÉROM)  2. Agronomes (MAPAQ)

Altises
Les pourcentages moyens de défoliation observés dans les sites en canola demeurent faibles (voir tableau des altises). Un seul site s’approche du seuil d’alerte de 25 % en Abitibi-Témiscamingue (21% à Lorrainville). Lorsque des dommages se rapprochant de ce seuil sont observés, un suivi deux jours plus tard est recommandé afin d’évaluer l’évolution de la situation. Un traitement insecticide est recommandé uniquement lorsque la défoliation moyenne sur l’ensemble du champ atteint au moins 25 % et que les altises continuent de s'alimenter activement.

Pour rappel, la période à risque de la culture s’étale jusqu’au stade 5 feuilles. Au-delà de ce stade, les plants deviennent plus tolérants aux dommages de l’insecte. Ces stades sont atteints dans la majorité des champs ou sont en voie de l’être.

Pour plus de détails, consultez la fiche technique Altises du navet et altise des crucifères.

Cécidomyie du chou-fleur
Actuellement, les populations de cécidomyies du chou-fleur (CCF) demeurent généralement faibles à l’exception de quelques sites (au Bas-Saint-Laurent, en Abitibi et dans Chaudière-Appalaches) qui présentent des niveaux de CCF élevés (plus de 20 CCF/piège/jour [voir tableau des CCF]). Le canola est le plus à risque du stade rosette (BBCH 30) jusqu’au stade où les boutons floraux des inflorescences secondaires sont individuellement visibles, mais encore fermés (BBCH 58). La majorité des sites vont entrer dans cette période sensible et une surveillance est donc recommandée.

Le suivi de cet insecte se fait à l’aide de quatre pièges à phéromones, dont deux en bordure et deux à l’intérieur du champ. Comme les captures varient fortement d’un champ à l’autre et au sein d’une même région, un dépistage spécifique à chaque champ est conseillé. Au cours d’une même saison, il peut y avoir jusqu’à quatre pics de captures de CCF et les dommages peuvent être observés de 5 à 10 jours après ces pics.

La grande capacité de compensation du canola peut réduire l’impact de ce ravageur sur le rendement, même en présence d’une population abondante. Une intervention avec un insecticide doit donc être envisagée en dernier recours seulement. Il est aussi possible de faire des traitements localisés en bordure des champs si les captures de CCF y sont plus élevées qu’au centre. Si un traitement insecticide est justifié, il est important de toujours se référer à l'étiquette.

Pour en savoir davantage sur l’installation des pièges à phéromone, l’identification et les stratégies à adopter pour surveiller ce ravageur, consultez la fiche technique La cécidomyie du chou-fleur.

Aussi, il est possible de consulter le dernier balado du CEROM, « Grains de savoir »  Cécidomyie : moins traiter, mieux gérer. Ce dernier fait le point sur les recherches des dernières années concernant les seuils d'intervention, la capacité du canola à compenser et le rôle des ennemis naturels de la CCF.

Pour tout savoir sur les différents ravageurs du canola, consultez le Guide des ravageurs et des ennemis naturels du canola au Québec.

 
CICADELLES DE LA POMME DE TERRE DANS LA LUZERNE : DÉPASSEMENT DU SEUIL D’INTERVENTION EN ESTRIE
J. Saguez1, G. Régimbald2 et A. Akpakouma2
1. Chercheur (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

Lors des récents dépistages de cicadelles dans les luzernières, des spécimens ont été observés dans plusieurs champs, mais les seuils d’intervention ont uniquement été légèrement dépassés en Estrie, dans deux sites. Il n’y a pas trop raison de s’inquiéter pour le moment.
 
Image Agri-RéseauDommages caractéristiques de cicadelles dans la luzerne, en forme de « V »
Photos : N. Hallé (MAPAQ) 

Pour rappel, les seuils d’intervention pour la cicadelle de la pomme de terre dans les luzernières au Québec ont été révisés cette année pour se baser sur ceux de l’Ontario (voir le tableau ci-dessous). L’atteinte des seuils d’intervention est déterminée en tenant compte du nombre de cicadelles (adultes + larves) obtenu par coup de filet fauchoir et en fonction de la taille de la luzerne.

Attention, lors du dépistage, d’autres espèces de cicadelles peuvent être capturées dans le filet fauchoir, mais leur abondance n’est pas considérée dans le calcul du seuil d’intervention.

Lorsque la luzerne a atteint la taille idéale pour être fauchée, cela peut permettre de faire baisser les populations de cicadelles. Les traitements insecticides doivent toujours être considérés comme en dernier recours.

Le tableau suivant présente le seuil d’intervention en fonction de la hauteur de la luzerne et du nombre moyen de cicadelles par coup de filet fauchoir (adapté du MAAAO, 2026).
 
Hauteur de la luzerne Nombre moyen de cicadelles par coup de filet
(moyenne de 10 coups de filet)*
Variétés conventionnelles Variétés résistantes à la cicadelle de la pomme de terre
9 cm (3,5 po) 0,2 adulte 0,8 adulte
15 cm (6 po) 0,5 adulte 2 adultes
25 cm (10 po) 1 adulte ou nymphe 4 adultes ou nymphes
36 cm (14 po) 2 adultes ou nymphes 8 adultes ou nymphes
*Les variétés de luzerne résistantes à la cicadelle de la pomme de terre développent, après la première année, des poils glandulaires sur les feuilles et les tiges, offrant une tolérance à l’insecte. Après l’année d’implantation, les seuils d’intervention indiqués dans le tableau ci-haut (nombre moyen de cicadelles par coup de filet fauchoir) peuvent être multipliés par 4 lorsque des variétés résistantes à la cicadelle de la pomme de terre sont utilisées. Consultez la liste de variétés tolérantes actuellement enregistrées.


Pour en savoir plus sur la méthode de dépistage et les stratégies d’intervention, consultez les documents suivants :
   
LÉGIONNAIRE UNIPONCTUÉE : OBSERVATIONS DANS PLUSIEURS RÉGIONS, DONT UN CAS D’INFESTATION IMPORTANTE EN CHAUDIÈRE-APPALACHES
J. Saguez1, G. Régimbald2, S. Mathieu2 et B. Duval2
1. Chercheur (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

Au cours de la dernière semaine, des observations de légionnaire uniponctuée ont été rapportées dans différentes régions, notamment au Centre-du-Québec, en Chaudière-Appalaches et au Témiscamingue. Dans la plupart des champs, les infestations étaient de faible ampleur. Toutefois, un cas d’infestation importante a été signalé dans un champ de maïs à Saint-Gervais, en Chaudière-Appalaches. Les observations faites dans ce champ ont permis d’identifier de grosses larves (2-2,5 cm), proches de la maturité. Elles avaient consommé une partie des feuilles, en ne laissant parfois que la nervure centrale, et la présence d’excréments à l'intérieur des cornets a aussi été notée. Bien que les larves puissent être mobiles et polyphages, les champs voisins ne semblaient pas être affectés. L’infestation semblait donc très localisée.
 
Image Agri-Réseau

Plants de maïs affectés par des larves de légionnaire uniponctuée
Photo : G. Roux, agr. (OBV de la Côte-du-Sud)


Des cas de légionnaire uniponctuée ont aussi été signalés dans l’est de l’Ontario. Il convient donc d’être vigilant dans les régions limitrophes.

Les infestations de légionnaire uniponctuée sont rares et surviennent de façon sporadique. Dans le maïs, un traitement insecticide peut être envisagé lorsque le seuil d'intervention est atteint, soit en présence d'au moins une larve par quatre plants, et avant que les larves n’atteignent une longueur de 2 cm. Lorsque les larves sont sur le point d’être matures, elles cessent de s’alimenter et s’enfoncent dans le sol pour se transformer en chrysalides. Avant d’envisager un traitement, il faut aussi tenir compte de la présence d’ennemis naturels qui peuvent assurer un bon contrôle de la légionnaire uniponctuée au stade larvaire. Il est donc essentiel d'évaluer le niveau d'infestation, la taille des larves et le parasitisme avant d’intervenir.

Pour plus d’information sur le dépistage et la gestion intégrée de ce ravageur, consultez la fiche technique Légionnaire uniponctuée : identification, dépistage et stratégie d'intervention.

 
FUSARIOSE DE L’ÉPI CHEZ LE BLÉ DE PRINTEMPS : RISQUES VARIABLES            
T. Copley1 et B. Duval2
1. Chercheuse (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

Le stade du blé de printemps varie selon les régions et les dates de semis. Dans certains secteurs, les champs se situent actuellement entre la montaison et la floraison. Il est donc important de suivre l'évolution des stades afin de bien cibler, s'il y a lieu, la période d'intervention contre la fusariose de l'épi.

Les conditions météorologiques demeurent variables d'une région à l'autre et peuvent évoluer rapidement. Consultez régulièrement les cartes interactives de risque de la fusariose de l'épi sur le site Web d'Agrométéo Québec afin de suivre l'évolution du risque.

Les températures élevées sont peu favorables à la germination des spores et à l'infection, malgré une humidité relative élevée et les précipitations annoncées au cours des prochains jours.

Pour savoir comment interpréter ces cartes et connaître les principaux facteurs de risque de la maladie, consultez l’avertissement N° 9 du 9 juin 2026.
 
Image Agri-Réseau

Risques d'infection par Fusarium graminearum pour le 3 juillet 2026, en date du 3 juillet 2026, 8 h 30
Source : Agrométéo Québec

 
Image Agri-Réseau

Risques d'infection par Fusarium graminearum pour le 4 juillet 2026, en date du 3 juillet 2026, 8 h 30
Source : Agrométéo Québec
 

Image Agri-Réseau

Risques d'infection par Fusarium graminearum pour le 5 juillet 2026, en date du 3 juillet 2026, 8 h 30
Source : Agrométéo Québec

 

ROUILLE JAUNE DU BLÉ : DES CAS SIGNALÉS, MAIS DES CONDITIONS ACTUELLEMENT PEU FAVORABLES
T. Copley1 et B. Duval2
1. Chercheuse (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

Des cas de rouille jaune ont été rapportés dans du blé de printemps en Montérégie-Est (MRC de la Vallée-du-Richelieu). Cette maladie peut entraîner des pertes importantes lorsque les conditions sont favorables à son développement, soit des températures fraîches (5 à 20 °C), de la pluie et un stade du blé qui n’a pas encore atteint la floraison (stade Zadoks < 70). La rouille jaune se disperse par le vent, parfois sur de longues distances. Toutefois, la canicule observée dans plusieurs régions crée actuellement des conditions peu favorables à son développement. Le risque pourrait néanmoins augmenter si les températures diminuent et que des conditions humides perdurent.
 

Lorsque la rouille jaune est présente au champ, il est recommandé d’effectuer au moins deux dépistages par semaine afin de surveiller la progression de la maladie et d’intervenir si le seuil économique d’intervention est atteint. Une intervention est suggérée lorsque 5 % des feuilles du champ présentent des symptômes, mais avant que les lésions n’occupent plus de 5 % de la surface de la feuille étendard. Une surface de 5 % de la feuille étendard correspond environ à quatre lésions d'au moins un centimètre de longueur.

Pour une liste de principaux fongicides homologués pour le contrôle de la fusariose de l’épi et les maladies foliaires, consultez l’avertissement N° 6 du 30 mai 2025. Pour plus d’information, consultez le bulletin d'information La rouille jaune du blé et l’avertissement N° 13 du 26 juin 2026.

 
POURRITURE À SCLÉROTES DU SOYA : ÉVALUEZ LE RISQUE EN FONCTION DE LA FLORAISON ET DES CONDITIONS DU CHAMP
T. Copley1 et B. Duval2
1. Chercheuse (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

Les modèles prévisionnels de la pourriture à sclérotes du soya indiquent un risque élevé d’apparition d’apothécies dans les MRC suivantes : du Granit (Estrie), de la Jacques-Cartier et Charlevoix (Capitale-Nationale), des Collines-de-l’Outaouais (Outaouais), de Montmagny, de Beauce-Centre et de Beauce-Sartigan (Chaudière-Appalaches) et du Fjord-du-Saguenay (Saguenay–Lac-Saint-Jean).

Dans plusieurs autres régions, les températures élevées créent des conditions défavorables à l'apparition des apothécies. Ces secteurs ne sont donc pas considérés à risque, même lorsque le soya est en floraison.

Les prévisions de risque sont basées sur les modèles disponibles en date du 2 juillet 2026, qui intègrent les prévisions météorologiques jusqu'au 7 juillet 2026.

Les spores infectent le soya à travers les fleurs flétrissantes. Une application de fongicide peut être envisagée aux stades de la floraison (R1 à R3), lorsque les conditions sont favorables à la maladie. Même si le risque est élevé dans certaines régions, aucune intervention n'est justifiée si le champ n’est pas encore en floraison. Ce sont donc principalement les champs semés tôt qui sont actuellement à risque.

Comment déterminer si vos champs sont à risque et si une application de fongicide est réellement justifiée? Plusieurs facteurs favorisent l’apparition et le développement de la maladie, notamment :
 
  • un historique de la maladie dans le champ
  • un sol humide dans les cinq premiers centimètres
  • le stade de développement du soya (seuls les champs en floraison [R1 à R3] sont à risque);
  • le niveau de résistance du cultivar;
  • des rangs fermés à plus de 50 %, ce qui favorise le maintien d'une humidité élevée à la surface du sol;
  • des températures fraîches (< 22 °C);
  • une forte densité de peuplement, qui favorise également le maintien d'une humidité élevée.

Rappelons que les sclérotes doivent demeurer dans un sol humide pendant au moins dix jours, dans les cinq premiers centimètres du sol, pour produire des apothécies. À l'inverse, des températures élevées et des vents soutenus favorisent l'assèchement de la surface du sol, particulièrement lorsque les rangs ne sont pas encore fermés.

Il est donc important de suivre l’évolution des champs en portant une attention particulière :
 
Pour plus d’information, consultez la fiche technique La pourriture à sclérotes chez le soya.
 
Image Agri-RéseauApothécies de la pourriture à sclérotes dans un entre-rang de soya
Photo : T. Copley (CÉROM)
 

PUCERON DU SOYA : PREMIÈRES OBSERVATIONS, MAIS RIEN D’INQUIÉTANT
S. Boquel1, J. Saguez1, B. Duval2, S. Mathieu2 et G. Régimbald2
1. Chercheur (CÉROM)  2. Agronome (MAPAQ)

L’observation des premiers pucerons du soya a été rapportée au RAP Grandes cultures. Les populations sont très faibles et des coccinelles sont présentes. Aucune inquiétude à avoir pour le moment.

Des pucerons du soya ont été observés dans certains champs de soya en Montérégie-Ouest. Les données reçues jusqu’à présent montrent des populations encore faibles (0 à 5,5 pucerons/plant en moyenne). Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, d’autant plus que des coccinelles (ennemis naturels) sont déjà présentes.

Dès la mi-juin, il est normal de commencer à observer ces insectes. Il peut même y avoir quelques foyers localisés avec un nombre élevé d’individus par plant de soya. Dans les prochaines semaines, les populations vont augmenter avec la formation de colonies et l’apparition de pucerons ailés qui permettront à l’espèce de se déplacer dans les champs ou de migrer vers d’autres champs.

Dans les champs semés plus tardivement, les plants de soya pourraient être à un stade plus à risque de dommages par les pucerons, selon la pression du ravageur. De plus, la gestion du puceron du soya doit se faire au cas par cas, puisque les niveaux d’infestation varient selon :
 
  • la présence et de l’abondance des ennemis naturels;
  • les conditions propres à chaque année;
  • les régions et même les champs.

Compte tenu de ces particularités, le dépistage des champs s’avère essentiel. Pour ce faire, examinez au moins 30 plants bien distribués dans le champ afin de déterminer l’abondance moyenne de pucerons par plant et la présence d’ennemis naturels. La présence de coccinelles et de fourmis peut vous aider à repérer les colonies de pucerons. Les fourmis s'alimentent du miellat qu'ils produisent, tandis que les coccinelles en sont des prédateurs.

Le RAP Grandes cultures débutera le dépistage du puceron du soya la semaine prochaine (6 juillet) et vous informera régulièrement de l’évolution des populations.
 
Image Agri-Réseau
Observation des premières colonies de pucerons sur des plants de soya
Les fourmis et les coccinelles sont des indicateurs utiles pour les localiser.
Photos : S. Mathieu, agr. (MAPAQ)

Pour plus d’information, consultez la vidéo Le dépistage du puceron du soya en cinq points. Si vous avez des observations à partager, communiquez avec vos responsables régionaux RAP Grandes cultures du MAPAQ ou avec le RAP Grandes cultures à l’adresse rapcerom@cerom.qc.ca.

 
MAÏS : CONSIDÉRATIONS POUR DES APPLICATIONS TARDIVES D'HERBICIDES
S. Mathieu1 et B. Duval1
1. Agronome (MAPAQ)

Avec la chaleur des derniers jours, la croissance du maïs va bon train. Selon les régions, la date et les conditions dans lesquelles le semis a été réalisé, dans certains champs, la culture est au stade 6 à 9 feuilles.

Avant que les interventions de désherbage ne soient plus possibles, il importe de dépister les champs afin de vérifier l’efficacité des traitements précédents, de répertorier les cas de résistance et d’évaluer si la pression des mauvaises herbes nécessite un dernier passage.

Bien évaluer le stade physiologique du maïs
Un des principaux éléments à considérer lors de l’application des herbicides de postlevée est le stade du maïs. Le stade maximal de la culture inscrit à l’étiquette est celui au-delà duquel des dommages de phytotoxicité sur la culture peuvent se produire.

Différentes méthodes existent pour compter le nombre de feuilles du maïs. La plus commune est la méthode de la feuille recourbée. Elle consiste à compter le nombre de feuilles sorties du cornet qui sont déployées à 50 % et dont la pointe commence à se recourber (figure 1).

Vérifiez sur l’étiquette du produit la méthode de décompte utilisée. Parfois, le stade du maïs est indiqué à l’étiquette d’un produit des deux façons. Dans un tel cas, la situation la plus restrictive doit être respectée.

Image Agri-Réseau

Figure 1 : Stades foliaires du maïs (méthode de la feuille recourbée)
Source : Guide de lutte contre les mauvaises herbes, 2021 (MAAARO)


Considérez qu’environ 75-80 unités thermiques sont nécessaires au plant de maïs pour produire une nouvelle feuille. À des températures de 20 °C le jour et de 10 °C la nuit, une nouvelle feuille apparaît tous les 5-6 jours. À 30 °C le jour et 20 °C la nuit, une nouvelle feuille apparaît aux 2-3 jours.

Applications tardives de glyphosate
De façon générale, le glyphosate peut être appliqué dans le maïs tolérant au glyphosate jusqu’au stade 8 feuilles ou jusqu’à ce que la culture ait atteint une hauteur de 76 cm (consultez l’étiquette). Si le stade maximal de la culture n’est pas respecté, il peut en résulter des dommages aux grains en formation, même si les plants sont tolérants au glyphosate.

Les grains atteints auront d’abord une apparence de bulle d’eau et ensuite, ils s’affaisseront. Les grains voisins prendront la place, ce qui donnera des rangs de grains qui ne sont pas droits. Les pertes de rendement peuvent être très faibles, mais dans certains cas, elles peuvent atteindre environ 10 %. Pour plus d’information, vous pouvez consulter la fiche technique Crop focus : corn ear injury risk with off-label glyphosate applications (en anglais).
 

Image Agri-Réseau

À gauche : trois épis de maïs avec grains endommagés par une application tardive de glyphosate;  À droite : épi sain
Photo : Alexandre Couture, agr.

 
LA DÉRIVE CAUSÉE PAR LES INVERSIONS DE TEMPÉRATURE
S. Mathieu1, J. Breault1 et M. St-Laurent1
1. Agronome (MAPAQ)

Les pulvérisations d'herbicides, et particulièrement ceux du groupe 4 (2,4-D, dicamba), qui ont eu lieu dans les derniers jours, en conditions très chaudes, pourraient créer de la phytotoxicité par dérive. Les symptômes pourraient apparaître dans les jours à venir, s'il y a lieu.

Malgré l’amélioration des formulations, certains herbicides plus volatils, tels que ceux du groupe des auxines synthétiques (groupe 4), comme le dicamba et le 2-4 D, sont plus enclins à la dérive causée par les inversions de température. Avec l’augmentation des superficies cultivées en soya tolérant les herbicides comme le dicamba et le 2,4-D, ces herbicides sont utilisés de plus en plus couramment. Il est donc important de bien comprendre ce phénomène de dérive, afin de prendre de bonnes décisions en lien avec les conditions au moment de la pulvérisation.

L'inversion de température se produit lorsqu’une masse d’air froid se retrouve piégée à la surface du sol sous une masse d’air chaud. Dans cette situation, la masse d’air froid, plus dense que la masse d’air chaud, ne peut s’élever et se disperser dans l’atmosphère.

Lorsqu’une pulvérisation de pesticides est réalisée dans ces conditions, les gouttelettes d’herbicides restent concentrées dans la couche d’air frais près de la surface du sol. Cette masse d’air frais et dense reste en suspension et peut se déplacer latéralement avec des vents légers, pouvant atteindre des cultures sensibles.

Les conditions propices aux inversions de température sont :
 
  • les périodes prolongées durant lesquelles le ciel est généralement dégagé le soir ou la nuit;
  • l'absence de vent ou légère brise (ex. : vent de moins de 3 km/h);
  • les écarts importants de température entre la période de jour et la nuit précédente;
  • la présence de systèmes de haute pression atmosphérique et de faible humidité relative au moment prévu de la pulvérisation;
  • la présence de rosée ou de gel au sol;
  • la présence de brouillard, de fumée ou de poussière en suspension ou qui se déplace latéralement;
  • lorsque des odeurs intenses se répandent sur de longues distances.

Pour plus d’information sur ce phénomène, consultez la fiche technique La dérive des pesticides causée par les inversions de température.

 
ÉPISODES DE GRÊLE
B. Duval1 et Y. Faucher1
1. Agronome (MAPAQ)

Des épisodes de grêle, parfois importants, ont été rapportés le 28 juin dernier dans certaines régions, notamment au Centre-du-Québec. Malgré l'aspect souvent impressionnant des dommages foliaires, il est généralement préférable d'attendre de 7 à 10 jours avant d'évaluer la reprise des cultures. Les blessures causées par la grêle constituent généralement davantage des portes d'entrée pour certaines maladies bactériennes que pour les maladies fongiques. Ainsi, l'application préventive de fongicides ou de fertilisants visant à favoriser la reprise de la culture n'est généralement pas recommandée à la suite d'un épisode de grêle, à moins qu'une autre problématique justifie une intervention.
 
Pour plus d'information sur l'évaluation des dommages selon les cultures et les stades de développement, consultez l'avertissement Après la grêle : évaluez la reprise avant de prendre une décision, publié le 2 juin 2026.

 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l’avertisseure du sous-réseau Grandes cultures ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Grandes cultures
Date de publication : 03 juillet 2026
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