
Météo : températures sous la moyenne et nuits froides. Développement de la culture : les semis se poursuivent ou débuteront sous peu, croissance lente pour les semis d’avril. Ravageurs : très peu d’activité rapportée, modèle prévisionnel du doryphore. Maladies : prévention du mildiou, préparation de la semence. Mauvaises herbes : début d’intervention pour des semis de primeurs, choix du contrôle.
Pour la période du 8 au 14 mai 2026, le temps frais et même froid par endroits a dominé partout en province. Le mercure a été largement sous la moyenne saisonnière, à part pour une brève journée plus douce le 9 mai (avec 16 à 20 °C selon la région). Les nuits ont été souvent froides avec du gel au sol enregistré dans plusieurs régions, dont les 9, 12 et 13 mai (consultez le sommaire agrométéorologique). Du côté de la pluviométrie, elle a été faible en cours de période avant la venue de précipitations plus notables vers la fin, soit les 13 et 14 mai, plus au sud et au nord-ouest (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). À noter un épisode de petite grêle et/ou de neige roulée le 8 mai en plusieurs endroits de la province. Pour la prochaine période (soit du vendredi 15 au jeudi 21 mai), Environnement Canada prévoit de la variabilité en province, avec une hausse marquée du mercure dans le secteur sud (dont avec près de 28 °C le 19 mai), mais plus près de la moyenne ailleurs. Des précipitations plus fréquentes sont mentionnées pour les secteurs nord et est.
L'avancement des semis varie beaucoup selon la région, les marchés, les types de sol, la régie (ex. : types de planteur) et les types de plantons (entiers ou tranchés). Des collaborateurs rapportent un sol qui reste humide de manière inégale dans les champs avec un travail parfois difficile, ce qui a retardé les travaux de préparation de sol. Dans les secteurs plus au sud, les semis se déroulent généralement à la satisfaction des producteurs, considérant la météo froide. Pour les premières plantations du 25 au 28 avril, on observe un début de craquelage du sol par endroits, mais la croissance demeure ralentie, par manque de chaleur. Pour les secteurs plus centraux, la même situation est rapportée en sols légers, mais plusieurs producteurs ne font que débuter les semis depuis le 12-13 mai avec des sols qui tardent à bien se ressuyer. Plus à l’est et au nord, des producteurs sont encore en mode attente pour que les conditions s’améliorent (avec un possible début vers le 18 mai). Voir le tableau plus bas sur l’avancement des semis et le stade phénologique atteint pour la primeur.
La température du sol (à 10 cm) indique des valeurs sous la moyenne en plusieurs endroits, généralement sous les 10 °C tôt le matin du 15 mai. Cependant, avec la chaleur prévue dans les prochains jours, elle devrait remonter et avoir un impact positif sur le développement de la culture (germination et levée améliorées). Il est bon de rappeler qu’une levée rapide permet de limiter le développement de pourritures de plantons et du rhizoctone brun sur les germes, entre autres.
Du côté de la semence, les collaborateurs rapportent une belle qualité en général, avec quelques lots isolés présentant quelques irrégularités. Il est mentionné un calibre parfois plutôt gros (ex. : 'Reveille', 'Caribou', 'Viking'), ce qui demande une bonne gestion au tranchage pour éviter la formation de plantons « aveugles ». Peu de pourritures ont été observées, sauf localement (ex. : Fusarium). Des blessures physiques/mécaniques et une germination avancée sont aussi rapportées, selon la provenance du lot.
| Régions | Superficies ensemencées1 |
Stades de la culture 20263
(primeur)
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| 2026 | 2025 | ||
| Montérégie-Est et Montérégie-Ouest | 30 à 50 %2 | 35 à 50 % | Craquement du sol à germination avancée |
| Outaouais | 0 % | 0 à 40 % | S. O. |
| Lanaudière | 25 à 85 % | 20 à 85 % | Germination avancée |
| Centre-du-Québec et Mauricie | 0 à 30 % | 0 à 35 % | Germination avancée |
| Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches | 0 à 30 % | 0 à 35 % | Germination avancée à début germination |
| Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean et Abitibi-Témiscamingue | 0 à 1 % | 0 à 2 % | S. O. |
Les températures fraîches depuis le début du mois de mai n’ont pas été favorables aux insectes ravageurs. De plus, avec un retard dans des semis par endroits et aucune parcelle au stade de l’émergence, peu de visites au champ des collaborateurs du RAP ont débuté. La seule activité présentement rapportée est la présence sporadique de vers fil-de-fer sur quelques plantons mis en terre. Ces insectes préfèrent les sols plus légers et sont généralement plus actifs entre la mi-mai et la fin juin, selon la région, lorsque la température du sol à 10 cm de profondeur est supérieure à 9-10 °C.
Pour les producteurs ayant opté uniquement pour un contrôle foliaire du doryphore de la pomme de terre en 2026, l'utilisation d'un modèle prévisionnel peut aider à compléter les visites au champ en début de saison, avec une estimation des stades de développement de l’insecte. Par exemple, pour le secteur de la Montérégie, l’activité des premiers adultes devrait débuter vers le 27 mai.
Aucun cas significatif de pourriture de plantons n’est encore rapporté. Cependant, quelques infections par le rhizoctone brun sur des germes en élongation sont observées, mais localement (régions du centre de la province). Le temps froid qui perdure et les sols humides, combinés à une levée lente, pourraient initier plus d’infections et/ou des pourritures. La bonne gestion des semences tranchées est importante; il faut que les plantons soient bien séchés avant la plantation.
Selon le site Web de PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. Le mildiou peut avoir comme origine une semence infectée, un tas de résidus de vieux tubercules de la saison précédente et/ou des spores présentes dans l’air. C’est pourquoi, en début de saison, il est bon de rappeler que la prévention demeure essentielle pour lutter efficacement contre cette maladie par des pratiques qui peuvent être réalisées à la ferme :
- Une bonne gestion des volontaires (repousses de pomme de terre) présents dans les cultures en rotation, en priorisant le désherbage mécanique si possible, avant l’option d’un désherbant chimique. Normalement, la survie des volontaires à l’hiver est compromise si une température du sol sous -2,8 °C a eu lieu pendant au moins 120 heures, à 10 cm de profondeur (réf. : Wharton et Kirk, 2008). Ces volontaires sont à surveiller cette année à la suite de la couverture hâtive de la neige en novembre dernier et du plus petit calibre de tubercules lors des récoltes en 2025, laissant plus de déchets dans les champs.
- Une élimination des tas de rebuts ou déchets qui peuvent être présents sur l’entreprise. Cette pratique est obligatoire au Québec et elle est encadrée par l’article 5 du Règlement sur la culture de pommes de terre qui stipule qu’« Entre le début de la levée et le défanage complet des plants de toute culture de pommes de terre, le propriétaire ou le gardien doit, de manière à éviter la propagation du mildiou, éliminer les rebuts de pommes de terre ou les garder dans un endroit fermé ou sous une bâche ».
- Le choix des outils de détection et de prévention. Par exemple : dépistage régulier des parcelles, modèle prévisionnel (ex. : Miléos), capteurs de spores.
En 2026, le suivi de cas déclarés de mildiou se fera par un réseau de collaborateurs regroupant plusieurs intervenants des différentes régions, avec, entre autres, une identification du génotype présent en cours de saison, si un premier cas positif se présentait, pour en informer rapidement les producteurs.
Des applications de désherbants en prélevée de la culture ont débuté dans le sud de la province. Cela devrait s’intensifier au cours des prochains jours avec la venue de températures plus chaudes (à surveiller pour une possible levée rapide). Le choix du désherbant devrait se faire selon l’historique des types de mauvaises herbes présentes dans les champs et leur pression. Il faut tenir compte également de la tolérance de la culture, selon le cultivar présent (phytotoxicité). Un document touchant plus spécifiquement la métribuzine peut être consulté à ce sujet. Encore cette année, des producteurs devraient opter pour un ou des produits autres que le linuron, en considérant ses risques élevés pour la santé. Pour des alternatives efficaces et éprouvées chez des producteurs, consultez un conseiller agricole.
Avant l’utilisation d’un produit phytosanitaire, il est important de toujours bien lire l’étiquette.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

