
Les plantations continuent. Bâches retirées avant les grandes chaleurs. Pas de dommages de vers gris, mais activité des adultes. Peu d’autres insectes. Pourriture blanche en augmentation, moisissure grise faible. Traitements fongicides préventifs contre ces maladies.
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS
À partir du 16 mai, une hausse des températures a été observée, atteignant les normales saisonnières, avec une journée particulièrement chaude le 19 mai. Les nuits sont toutefois demeurées froides en début de période, avec un réchauffement graduel par la suite. Dans certaines régions, des températures sous zéro ont même été enregistrées durant la nuit. Plusieurs journées venteuses ont également marqué la période.
De façon générale, les températures devraient se maintenir près des normales au cours des prochains jours, bien que des nuits fraîches soient encore attendues. Des avis de gel sont d’ailleurs en vigueur pour certaines régions pour la nuit de jeudi à vendredi.
Cette année, les données phytosanitaires qui servent à la rédaction des avertissements hebdomadaires proviennent des régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de la Montérégie.
Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Les laitues les plus avancées ont 4 feuilles dans la région de Québec (Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale). En Montérégie, les plants atteignent jusqu’à 8 feuilles hors bâche et 13 feuilles sous bâche. Les bâches ont été retirées avant les températures élevées du 19 mai.
Vers gris
Peu de nouveaux dommages de vers gris ont été observés.
- Des pièges à papillons équipés de phéromones pour le ver-gris noir (Agrotis ipsilon) ont été installés depuis la mi-avril dans plusieurs champs du Québec. Dans les dernières années, cette espèce migratrice a été responsable de dommages importants dans les champs de laitue et d’autres cultures maraichères. Les captures de ver-gris noir adulte augmentent depuis l’installation des pièges, passant de 1,2 papillons par piège dans la semaine du 20 avril à 17,4 papillons par piège dans la semaine du 11 mai, avec des captures maximales de 38 papillons dans certains pièges en Montérégie.
- Dans le maïs-grain, on calcule de 29 à 44 jours entre la ponte et les premiers dommages de vers gris. Dans la laitue, les premiers dommages de vers gris sont donc attendus vers la fin avril au début mai, avec un pic pouvant s’étendre du début à la fin juin.
- Dépistage : Pour dépister les vers gris faucheurs, il faut vérifier la présence de plants coupés dans le champ. En fouillant le sol autour d’un plant récemment endommagé, il est souvent possible de retrouver la chenille responsable. Cette surveillance est importante dans les deux à trois premières semaines suivant la levée ou la plantation.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Punaises
Les punaises restent peu actives en Montérégie, malgré le temps plus chaud. Aucune intervention n’a été nécessaire.
Mouches des semis
Des dommages de mouches des semis causant le flétrissement des plants ont été rapportés dans de jeunes plantations de laitue en Montérégie.
- Prévention : La prévention demeure la meilleure stratégie pour lutter contre les mouches des semis. La ponte des mouches des semis est favorisée par les sols humides et riches en matières organiques. Idéalement, il faut détruire et enfouir les résidus de cultures plusieurs semaines avant une plantation ou un semis et tuer les mauvaises herbes (en particulier les vivaces et les bisannuelles) ainsi que les repousses de culture.
Autres insectes
En Montérégie, des vers fil-de-fer se sont attaqués à la racine pivot de jeunes plants de laitue, causant leur flétrissement. Ce ravageur cause occasionnellement des dommages dans la laitue. Ses dommages peuvent être confondus à première vue avec ceux du ver gris ou de l’affaissement pythien. Les champs avec un historique de graminées sont plus à risque. Les vers fil-de-fer peuvent résider dans le sol de 1 à 6 ans avant de devenir adultes. Une longue rotation de cultures, sans graminées, aide à réduire les populations de vers fil-de-fer.
Des collemboles ont causé des dommages sur une proportion élevée de plants dans certains champs en Montérégie. Les collemboles sont de petits insectes noirs, bruns ou ocres, aussi gros qu’une tête d’épingle, qui sautent lorsqu’on les dérange. Ils causent généralement peu de dommages à la culture et les traitements sont rarement justifiés. Les conditions dans lesquelles il faut les surveiller sont les périodes sèches avec une forte présence sur de jeunes plantules. Même dans ces conditions, les traitements seraient rarement justifiés et il serait préférable de s’assurer de maintenir des conditions de croissance adéquates (irrigation et fertigation).
À noter que les traitements fongicides pour préserver les laitues de l’affaissement sclérotique (aussi appelée la pourriture blanche et causé par Sclerotinia spp.) et de la moisissure grise (Botrytis cinerea) doivent être appliqués au plus tard au stade 10 feuilles des laitues, afin de s’assurer que la pulvérisation atteigne le collet à la base des plants. Les champs qui ont subi des conditions difficiles (excès d’humidité, feuillage endommagé, etc.) présentent un risque accru de développement de maladies.
Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
Aucun symptôme d’affaissement pythien n’a été observé pour l’instant.
- Dépistage : Outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées après un sarclage.
- Stratégie d'intervention : Les champs présentant un historique élevé de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection du Pythium tracheiphyllum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent de connaître l’inoculum et la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Pourriture blanche (Sclerotinia spp.)
Les symptômes de pourriture blanche augmentent en Montérégie-Ouest, particulièrement dans les plantations bâchées. Les traitements fongicides préventifs ont débuté dans les plantations plus avancées et les plantations dont les bâches ont été retirées.
- Dépistage : Sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Moisissure grise (Botrytis cinerea)
De nouveaux symptômes de moisissure grise ont été observés en Montérégie, en quantité modérée. Ceux-ci ont principalement été rapportés dans les plantations bâchées. Les traitements fongicides préventifs ont débuté dans les plantations plus avancées et les plantations dont les bâches ont été retirées.
- Dépistage : Sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
- Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

