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Laitue et chicorée, Avertissement No 5, 4 juin 2026


Les plantations continuent. Étranglement au collet causé par le vent. Dommages de vers gris localisés. Vers gris recherchés pour projet de recherche. Peu d’activité des punaises. Chenilles en Montérégie. Présence variable de Pythium, Sclerotinia et Botrytis. Foyers de tache bactérienne et prévention. 

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS


Les températures de jour ont été généralement près ou légèrement sous la normale pour la période du 27 mai au 2 juin. Elles sont restées sous les normales dans la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les nuits sont restées généralement fraîches, près ou sous les normales. Quelques régions ont connu des nuits plus fraîches près ou sous le point de congélation. Le gel n’aurait pas causé de dommages aux cultures. 

Les précipitations ont été variables et parfois sous forme d’orage; voir la carte des précipitations.

Des orages ont eu lieu dans plusieurs régions notamment le 29 et le 31 mai. Ceux-ci ont été accompagnés de grêle dans les régions de la Montérégie, de Lanaudière et de l’Estrie. 

En Montérégie-Ouest, on rapporte des dommages de vent à la suite des orages de la dernière période, particulièrement dans les plantations effectuées juste avant les épisodes de vent. Dans certaines zones de champ, des pertes de densité importantes ont été observées.

 

AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 
 
Les plantations se poursuivent dans toutes les régions. Dans la région de Québec (Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale), les laitues les plus avancées ont 5 feuilles. En Montérégie, les plants atteignent jusqu’à 15 feuilles hors bâche et la pomme des laitues iceberg mesure jusqu’à 8 cm de diamètre.
 
 
INSECTES 
 
En Montérégie-Ouest, un plus grand nombre de vers gris ont été rapportés en comparaison avec la période précédente, mais les dommages étaient localisés et ont nécessité peu de traitements. Des chenilles ont été transmises au Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) pour identification. 
 
Le suivi des adultes de ver-gris noir se poursuit. Après un léger ralentissement, les captures continuent d’augmenter en Montérégie-Ouest et ont atteint 22 papillons par piège en moyenne, bien que l’activité des papillons diminue ou reste faible dans certains champs. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, les captures ont bondi de 10 à 23 papillons par piège. 
 
Pour dépister les vers gris faucheurs, il faut vérifier la présence de plants coupés dans le champ. En fouillant le sol autour d’un plant récemment endommagé, il est souvent possible de retrouver la chenille responsable. Cette surveillance est importante dans les deux à trois premières semaines suivant la levée ou la plantation.
 

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Avis aux intéressés, le Centre de recherche sur les grains (CÉROM) souhaite récolter des larves de vers gris, dans le cadre d’un projet de recherche. 

Punaises
L’activité des punaises ternes et brunes demeure plutôt faible dans toutes les régions, ne nécessitant aucun traitement. Avec le temps qui se réchauffe, un plus grand nombre de larves de punaise terne et d’adultes de punaise brune sont observés en Montérégie-Ouest. L’activité et les dommages de punaises sont à suivre de près, particulièrement en périodes de grande chaleur.


Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant pour la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Souvent, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles 7 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles 5 individus pour 30 plants
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles 5 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles 3 individus pour 30 plants

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Autres insectes 
Des chenilles de type fausse-arpenteuse ont causé des dommages dans quelques champs en Montérégie-Ouest, justifiant une intervention. 


Des altises, cicadelles, collemboles, pucerons et thrips sont aussi observées en faible nombre, les dommages demeurent tolérables. 

 
MALADIES DE SOL 

Traitements fongicides préventifs
À noter que les traitements fongicides pour préserver les laitues de l’affaissement sclérotique (aussi appelé pourriture blanche et causé par Sclerotinia sclerotiorum et Sclerotinia minor) et de la moisissure grise (Botrytis cinerea) doivent être appliqués au plus tard au stade 10 feuilles des laitues, afin de s’assurer que la pulvérisation atteigne le collet à la base des plants. Les champs qui ont subi des conditions difficiles (excès d’humidité, feuillage endommagé, etc.) présentent un risque accru de développement de maladies.

Affaissement pythien (Pythium tracheiphilum)
En Montérégie, les cas d’affaissement pythien vont de faibles (moins de 5 %) à modérés (5 à 10 %) selon le champ. 
 
  • Dépistage : outre le flétrissement du plant, un brunissement des vaisseaux lors de la taille transversale de la racine pivot est observable. Le collet de la plante ne présente pas nécessairement d’étranglement. L'agent pathogène pénètre plus facilement dans la plante par les racines endommagées suite à un sarclage. 
  • Stratégie d'intervention : les champs présentant un historique élevé de la maladie sont à éviter, particulièrement ceux qui sont moins bien drainés. Plusieurs laboratoires offrent le service de détection de Pythium tracheiphilum, dont le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) et le Consortium PRISME. Ce dernier offre un accompagnement dans la cartographie et l'évaluation de la sévérité de la maladie. Les résultats permettent d'identifier l’inoculum et de connaître la sévérité de la maladie, ainsi que d’évaluer la nécessité de traiter ou non les transplants avant la plantation. Si un traitement est recommandé, il est possible de sélectionner un biofongicide à base de Trichoderma harzianum selon les conditions météorologiques à venir.

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pourriture blanche (Sclerotinia sclerotiorum ou Sclerotinia minor
L’incidence de pourriture blanche reste modérée en Montérégie (moins de 10%). Les traitements fongicides préventifs se poursuivent.
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et un mycélium blanc et cotonneux peut être observé au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium. 
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 

Moisissure grise (Botrytis cinerea)
Les cas de moisissure grise sont faibles en Montérégie (moins de 5%) et les traitements fongicides préventifs se poursuivent. Dans les nouvelles plantations, peu de plantules sont affectés.

Dans quelques champs seulement, la moisissure grise s’attaquant aux jeunes plants a causé des pertes notables peu après la transplantation. On soupçonne aussi que l’infection soit débutée en serre. La gestion de l’humidité et de la température des serres ainsi que le nettoyage des plateaux de transplants font partie des bonnes pratiques permettant d’éviter les maladies en serre. 
 
  • Dépistage : sur les plants affectés, les vieilles feuilles ou le plant complet sera flétri et on peut observer un mycélium blanc et cotonneux au collet du plant, accompagné d’une pourriture aqueuse blanc crème à brunâtre sur les tissus atteints. Des sclérotes noirs peuvent aussi être visibles dans le mycélium.
  • Veuillez consulter la fiche technique pour plus d'information. 
 


MALADIES FOLIAIRES 


Tache bactérienne (Xanthomonas campestris) 
Des foyers de tache bactérienne sont rapportés dans certains champs en Montérégie. L’incidence est généralement faible. La maladie a probablement été favorisée par :
- les épisodes de temps chaud
- les précipitations ayant causé l’éclaboussure du sol sur les vieilles feuilles
- les dommages de gel, d’herbicide et de machinerie sur les vieilles feuilles 
 

  • Prévention : la propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque étant donné qu’ils demeurent mouillés plus longtemps. 
      
 
Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc et Lise Bélanger (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Laitue et chicorée
Date de publication : 04 juin 2026
Infolettre Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

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