
Météo : poursuite de la chaleur et rafraîchissement en fin de période, précipitations variables avec des cumuls généralement bas. Développement de la culture : stress thermique et hydrique dans certaines parcelles, bonne croissance avec l'irrigation. Ravageurs : doryphore actif dans l’ensemble des régions, hausse marquée par endroits de l’activité de la cicadelle de la pomme de terre avec début de symptômes, pression faible ou en légère hausse des autres ravageurs.
Pour la période du 10 juillet au 16 juillet 2026, du temps chaud (ouest et sud de la province) à plutôt chaud (ailleurs), avec quelques 30 °C et plus par endroits, a dominé, avec cependant une baisse notable du mercure à partir du 15 juillet pour se situer à des valeurs plus saisonnières (consultez le sommaire agrométéorologique). Des précipitations sont survenues surtout du 13 au 16 juillet, avec des cumuls généralement peu élevés. Les secteurs du centre comme la Mauricie, le Centre-du-Québec, la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches en ayant reçu un peu plus (voir la carte des précipitations cumulées au cours des sept derniers jours). Dans les autres paramètres météo d’intérêt, mentionnons la présence de fumée dans des secteurs sud et centre en fin de période, ainsi que de bons vents les 15 et 16 juillet en plusieurs endroits. Du vendredi 17 juillet au jeudi 23 juillet 2026, Environnement Canada prévoit des températures de saison, mais parfois sous les moyennes selon le secteur. Des précipitations sont attendues pour samedi et/ou dimanche, de même que pour mardi et/ou mercredi selon la région, avec des cumuls significatifs.
Le manque en eau se fait sentir un peu partout en province avec la poursuite du temps sec. Le stress thermique est devenu un stress hydrique plus ou moins important avec le retour de températures plus modérées dans les derniers jours. Des collaborateurs rapportent, entre autres, une végétation qui montre du flétrissement en journée, de l’enroulement et/ou du jaunissement du plus vieux feuillage de même qu’un remplissage moins rapide des tubercules. Du boulage est également observé localement. Des taches nécrotiques sont observables sur le feuillage. Cependant, la croissance est bonne en parcelle irriguée. D’ailleurs, l’irrigation est pratiquée partout en province, les précipitations survenues en début de semaine par endroits n’ont pas été suffisantes pour réhydrater le sol. Les réserves en eau sont à la baisse chez des producteurs, ce qui demande une bonne gestion de leurs utilisations. Des températures moins chaudes et des précipitations significatives dans les prévisions météo vont aider. Les effets sur la culture de la présence de fumée (qualité de l’air) dans les secteurs centre et sud de la province demeurent à vérifier (FIRESMOKE). Le buttage se poursuit dans des secteurs de l’est de la province. Des entre-rangs ne ferment pas dans les semis de pleine saison sans irrigation, laissant place à un développement de mauvaises herbes dans des allées. Le tableau 1 présente le développement de la culture de primeur dans différentes régions de la province.
| Régions | Stade de la culture (primeur)1 |
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| 2026 | 2025 | |
| Montérégie-Est et Montérégie-Ouest | Fin floraison à maturation2 Tubercules : 6-9 cm Poursuite ou début de récolte |
Postfloraison à maturation Tubercules : ND Récolte à début récolte sous peu |
| Outaouais | Fin floraison Tubercules : 5 cm |
Fin floraison Tubercules : 5-8 cm |
| Lanaudière | Fin floraison à maturation Tubercules : 7-9 cm Récolte à début récolte sous peu |
Postfloraison à sénescence Tubercules : 6-10 cm Récolte à début récolte sous peu |
| Centre-du-Québec et Mauricie | Fin floraison Tubercules : 5-7,5 cm |
Fin floraison à postfloraison Tubercules : 5-7 cm |
| Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches | Fin floraison Tubercules : 4-7 cm |
Pleine floraison à fin floraison Tubercules : 4-7 cm |
| Gaspésie, Bas-Saint-Laurent, Saguenay–Lac-Saint-Jean | Floraison à pleine floraison2 Tubercules : 2,5-5 cm |
Pleine floraison2 Tubercules : 2-4 cm |
2. Données partielles. ND = non disponible.
Doryphore de la pomme de terre
Le temps chaud et généralement ensoleillé en cours de période a grandement favorisé le doryphore de la pomme de terre, faisant progresser rapidement les stades de l'insecte. Dans le sud, des adultes de la deuxième génération sont davantage observés, avec un début de ponte. Mais il reste aussi des larves dans certaines parcelles nécessitant un suivi et une intervention au besoin. Plus au centre de la province, des larves de différents stades sont présentes dans certaines parcelles, alors que là aussi, un début d’émergence d’adultes estivaux est remarqué, mais avec surtout un enfouissement de grosses larves dans le sol. Plus au nord, tous les stades de l’insecte sont observés, alors qu’à l’est, c’est surtout la présence des adultes et de jeunes larves qui est rapportée. Les traitements effectués au semis (planton/sillon) ont perdu de leur efficacité partout. La nécessité d’une intervention doit être déterminée selon le dépistage et l'abondance de la biomasse foliaire. L’efficacité des dernières interventions phytosanitaires est rapportée comme très bonne, malgré le temps parfois très chaud, si le bon produit de contrôle a été utilisé au bon moment.
Cicadelle de la pomme de terre (CPT)
L’activité de la cicadelle de la pomme de terre (CPT) a évolué en cours de période, mais de manière bien variable selon la région et la parcelle. Cela démontre la nécessité de procéder à un dépistage à la ferme, et champ par champ (pièges collants et observations visuelles). Elle varie donc de faible à élevée, souvent en lien avec l’utilisation ou non d’un insecticide au semis. Des collaborateurs des secteurs sud et centre rapportent des décomptes en moyenne de 5 à 30 adultes/piège/semaine, parfois plus localement, atteignant 120 adultes/piège/semaine (Capitale-Nationale). La présence de nymphes sous le feuillage et un début de symptômes foliaires sont observés par endroits, et ce pour des parcelles sous régie biologique ou sans insecticide utilisé au semis. Cette situation demande donc un suivi plus serré. Il est bon de rappeler que les pièges doivent être changés au besoin si trop de contaminants (autres insectes, débris/saletés) y sont collés et de les ajuster à la hauteur de la canopée pour être visibles à une certaine distance.
Parmi les autres ravageurs suivis par le RAP Pomme de terre, voici quelques observations rapportées en cours de période :
- Altises : début d’activité des adultes de l’altise à tête rouge au Centre-du-Québec et dans Lanaudière, avec une surveillance en cours, alors que leur présence n’est pas encore signalée ailleurs. Ces insectes demeurent à surveiller dans les parcelles historiquement plus à risque, avec des infestations débutant principalement en bordures de parcelles.
- Punaise terne : pas de hausse de son activité, avec généralement une faible présence remarquée sur l’étage supérieur de plants.
- Pucerons : pas ou peu d’activité rapportée en parcelles commerciales, un peu plus pour des champs sans insecticide au semis. Captures ou observations variant de faibles à légères en zones semencières où des interventions préventives se poursuivent ou débutent selon le cas. À noter que selon le produit utilisé pour le contrôle de la CPT, cela peut aussi contrôler les pucerons en parcelles commerciales.
- Pyrale du maïs : ponte en cours au Saguenay–Lac-Saint-Jean.
- Scarabée japonais : adultes naviguant dans quelques parcelles des régions de Lanaudière et de la Montérégie, ne grignotant qu’un peu de feuillage.
Mildiou de la pomme de terre
Aucun symptôme de mildiou de la pomme de terre n’a été rapporté ou observé au Québec depuis le début de la saison, en incluant la culture de la tomate. En général, la météo de la dernière période n’a pas représenté des conditions favorables au champignon, sauf sous régie d’irrigation, qui a favorisé le développement de nouvelles pousses. De plus, avec le temps moins chaud et les précipitations prévues pour les prochains jours, une protection de la culture est nécessaire ou doit être maintenue. Le choix du produit doit assurer une protection complète du feuillage de la culture (dont les jeunes pousses en croissance active ou non) en lien avec la météo, entre autres. Une liste des produits homologués pour le contrôle du mildiou est disponible sur le site Web de SAgE pesticides et/ou celui du Profil ontarien pour la protection des cultures.
Même si les plants ont souffert de la sécheresse, le dépistage au champ devrait se poursuivre, car la détection hâtive d’un possible inoculum primaire du mildiou est importante. Si vous observez des taches suspectes, il ne faut pas hésiter à contacter votre conseiller ou le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ, au besoin, afin de bien identifier la maladie, car d’autres symptômes peuvent y ressembler, dont des nécroses de chaleur ou des taches de moisissure grise.
Selon le site Web PlantAid, aucun cas de mildiou de la pomme de terre n’a encore été rapporté en Amérique du Nord jusqu'à présent. La même situation vaut pour d'autres sources plus régionalisées sur le suivi de la culture de la pomme de terre en Amérique du Nord.
Concernant le suivi par capteurs de spores pour le mildiou, il n’y a pas eu de captures rapportées au cours de la semaine qui se termine (Maine, Île-du-Prince-Édouard, Nouveau-Brunswick), mais une poursuite du côté du Manitoba (sans déclaration de la maladie en champ). Il n’y a rien de nouveau cette semaine du côté de l’Ontario ni du Québec (ex. : Airspore).
Finalement, il ne faudrait pas oublier de poursuivre le suivi des volontaires dans les parcelles en rotation, en lien avec la migration des doryphores adultes vers les parcelles en production, de même que les risques de développement de mildiou.
Brûlure hâtive
Des collaborateurs de plusieurs régions rapportent une progression lente ou un début de symptômes associés à la tache alternarienne (brûlure hâtive) dans des secteurs du sud et du centre, et un début vers l’est de la province. Cela est principalement pour des champs de primeurs, dont avec les cultivars 'Envol' et 'Norland', en situation de sénescence et/ou de stress (donc absence dans plusieurs parcelles). En général, elle est restreinte sur le plus vieux feuillage (étage inférieur du plant). Une intervention avec un produit considéré comme plus spécifique contre cette maladie est le plus souvent justifiée si de tous premiers signes de la maladie sont remarqués dans l’étage médian des plants ou juste avant la fermeture des entre-rangs, selon la sensibilité du cultivar et la pression de la maladie sur la ferme. Il est bon de rappeler que l’alternariose n’est pas toujours facile à identifier au champ et elle peut être confondue avec d’autres taches comme celles de type abiotique. Dans le doute, il faudrait donc opter pour une analyse en laboratoire pour bien identifier la maladie avec de procéder à une intervention trop rapidement.
Concernant d’autres maladies d’intérêt, voici des observations qui ont été rapportées :
- Jambe noire : pas de nouveaux cas et peu ou pas de progression pour ceux déclarés. Cultivars 'Colomba', 'Norland', 'Viking' , 'Vivaldi', 'Chieftain' et 'Atlantic'.
- Dartrose : progression de symptômes au centre de la province et tout début localement plus au sud. Des plants couchés ou affaissés à la suite de la chaleur exposent les tiges plus facilement à une infection du champignon.
- Plants virosés : présence surtout stabilisée de symptômes apparentés ou identifiés en laboratoire, mais plus visibles avec le stress des plants lors des fortes chaleurs. Cultivars 'Caribou', 'Colomba', 'Norland', 'Chieftain', 'Reveille', 'Mountain Gem' et 'Atlantic'.
- Verticilliose : pas de progression observée de symptômes apparentés dans des secteurs du sud et du centre de la province, pour des cultivars plus hâtifs.
- Gale commune : hausse des observations sur les tubercules dans certaines parcelles du centre de la province.
- Moisissure grise : progression lente sur le feuillage du bas de plants, plus en situation d’irrigation (ex. : Lanaudière), principalement à la suite de chute de fleurs.
- Moisissure blanche : aucune activité rapportée pour le moment. Comme pour la moisissure grise, une plus forte biomasse foliaire contribue à son développement en créant un microclimat plus humide. Des symptômes peuvent être observés sur des feuilles en contact avec le sol ou sur du feuillage lors d’une chute de fleurs causant une pourriture en se décomposant. Un contrôle peut être nécessaire dans des situations particulières.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Patrice Thibault, agr. (RLIO). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseur du sous-réseau Pomme de terre ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.





