Les journées et nuits plus fraîches de cette semaine ont parfois été accompagnées de vents forts, mais aucun dommage aux plants n'est rapporté et les désordres physiologiques restent limités. Les récoltes de primeur pour les tomates et le poivron commencent timidement.
Les précipitations ont été plutôt décevantes cette semaine. Si certaines régions rattrapent leur retard par rapport à l'année précédente, d'autres peinent à refaire les réserves d'eau du sol et le niveau des étangs d'irrigation baisse.
Environnement Canada prévoit des températures similaires pour la semaine prochaine et quelques périodes de pluie en milieu de semaine qui seront bienvenues.
Le bulletin Insecticides et acaricides homologués en 2026 dans les principales cultures maraîchères et fruitières en serre est maintenant publié sur Agriréseau.
Dans les grands tunnels, la Direction de la réglementation des pesticides (DRP) recommande de prioriser les produits homologués à la fois pour des utilisations au champ et en serre.
Également recommandé :
- Autant que possible, le profil d’emploi et le matériel d’application devraient correspondre le plus possible à ceux recommandés sur l’étiquette des produits pour l’utilisation en serre;
- Respecter le délai de sécurité le plus stricte de l’étiquette. Si aucun délai de sécurité n’est indiqué, respecter un délai de sécurité d’au moins 12 heures avant d’autoriser quiconque à retourner dans la structure.
Dans la tomate, les symptômes de moucheture sont en augmentation, mais se limitent le plus souvent aux tiges et aux feuilles. Contrairement au chancre bactérien et à la tache bactérienne qui préfèrent des températures entre 24 et 30 °C, la moucheture préfère les températures plus fraîches des derniers jours, soit entre 18 à 24 °C.
Les premiers cas de tache septorienne sont signalés en Capitale-Nationale et dans les Laurentides. Cette maladie peut être confondue avec l'alternariose, mais on peut la différencier par la présence de pycnides au centre des taches. Les pycnides sont de petites masses noires de la taille d'une tête d'épingle, qui peuvent être observées à la loupe au champ. Les taches sont brun pâle entourées d'une marge brun foncé, et peuvent être entourées d'un halo jaune.
Dans les solanacées, la maladie ne s'attaque qu'aux tomates et peut rapidement défolier les plants, mais elle affecte rarement les fruits.
La verticilliose dans l'aubergine et la tache cercosporéenne dans la cerise de terre sont à surveiller. Bien que les symptômes de ces maladies restent limités à certains champs, ils ont eu tendance à augmenter dans la dernière semaine.
Punaises
Tout comme la semaine dernière, les punaises ternes sont peu actives, mais les seuils sont atteints par endroits. Quelques dommages sur fruit par des punaises pentatomides sont signalés.
Altises
Plusieurs cas d'altises à tête rouge ayant causé des niveaux de dommage nécessitant des traitements sont signalés dans la tomate, le poivron et l'aubergine. Il s'agit d'un ravageur occasionnel et temporaire dans les solanacées.
Seuils d'intervention
Au Québec, le seuil d'intervention pour l'altise dans l'aubergine est lorsque les dommages atteignent 10 à 20 % de la surface foliaire. Il n'y a pas de seuil établi au Québec pour les autres solanacées, mais dans le Nord-Est américain, le seuil est le suivant pour la tomate et l'aubergine :
- Traiter si la défoliation est supérieure à 30 % OU
- Plants de 7,5 à 15 cm : > 4 altises par plant dépisté;
- Plants de plus de 15 cm : 8 altises par plant dépisté.
Source : Recueil des seuils d'intervention contre les insectes et maladies en cultures maraîchères édition 2021.
Les produits homologués dans les solanacées pour les altises sont indiqués dans le bulletin d'information Principaux insecticides et acaricides homologués dans les solanacées en 2026.
Autres insectes
Les tétranyques à deux points sont à surveiller dans l'aubergine et la cerise de terre : ce ravageur peut se développer rapidement, surtout par temps chaud. Des petits points blancs sur la surface du feuillage peuvent aider à repérer les foyers.
Les pucerons sont à surveiller dans le poivron, puisque les collaborateurs notent des augmentations de populations.
Le seuil d'intervention pour le poivron au Québec pour les plants bien développés est d'une moyenne de :
- 5 pucerons par feuille dépistée OU;
- Une colonie par plant, sur 25 plants dépistés.
Source : Recueil des seuils d'intervention contre les insectes et maladies en cultures maraîchères édition 2021.
À surveiller également les symptômes de virus, dont les pucerons ailés peuvent être vecteurs, ainsi que le dépôt de miellat sur les fruits.
DÉSORDRES PHYSIOLOGIQUES
Si les cas de pourriture apicale et de mauvaises pollinisations sont plus rarement observés cette semaine, une collaboratrice signale la présence de fruits sortis de leur enveloppe dans la cerise de terre. Ce phénomène est probablement dû à la chaleur élevée lors du développement des fruits.
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |


