
Carottes et céleris-branches en récolte. Insolation dans la carotte et le céleri-rave. Deuxième génération de la mouche de la carotte. Punaises et altises dans les céleris. Peu d’autres insectes. Cercosporose stable. Désordres physiologiques dans les céleris. Cultures de couverture.
Pour la période du 29 juillet au 4 août, les températures ont été chaudes pour les régions les plus au sud, avec une faible variation autour des normales de saisons. Les régions plus au nord-est ont connu des jours plus frais avant un réchauffement dans la dernière partie de la période. Les températures de nuit sont restées dans ou légèrement au-dessus des moyennes pour la majorité des régions.
Les nuages et les précipitations ont été plus présents et certaines régions ont reçu des pluies abondantes (voir la carte des précipitations). La pluie est tombée sous forme de fortes averses et parfois d’orages. De la grêle a été rapportée notamment en Montérégie.
Les travaux au champ ont été ralentis dans plusieurs régions.
En Montérégie, certains champs de céleri-rave ont été affectés par l’insolation. Près de Québec (Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale) et en Montérégie, le vent et la chaleur (insolation) ont causé des pertes de densité dans certains champs de carotte moins avancés. Des symptômes de fendillement des racines des carottes sont encore observés en faible nombre.
Carottes
Les semis de carottes sont terminés dans toutes les régions, sauf pour la carotte nantaise en Montérégie. Les récoltes se poursuivent, avec une qualité satisfaisante.
Tableau 1 : Stade d’avancement des cultures pour les régions où l’information est disponible
| Région | Stade d'avancement le plus avancé |
|
Capitale-Nationale |
Récolte |
|
Chaudière-Appalaches |
Récolte |
|
Lanaudière |
8 feuilles à récolte |
|
Montérégie |
Cello : 2 feuilles à récolte Nantaise : semis à récolte |
|
Saguenay–Lac-Saint-Jean |
ND |
ND : donnée non disponible
Céleris
Les plantations de céleri-branche s’achèvent tandis que les récoltes se poursuivent en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale, le développement du céleri-branche est bon. En Montérégie, la rave des céleris-raves les plus avancés mesurait jusqu’à 10 cm de diamètre.
Charançon de la carotte
Quelques traitements sont encore réalisés contre le charançon dans les champs à risque en Montérégie. Les pièges sont retirés des champs.
Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information.
Mouche de la carotte (première génération)
Les résultats du piégeage des adultes de la première génération de la mouche de la carotte sont présentés au tableau 2.
L’installation des pièges pour le suivi de la deuxième génération de la mouche de la carotte est commencée en Montérégie. Une première capture a déjà été rapportée. Si la méthode de lutte choisie est l’installation de filets d’exclusion, il est maintenant temps de les installer puisque les captures des adultes de la deuxième génération débutent historiquement vers la deuxième semaine d’août.
| Région |
24 au 30 mai |
31 mai au 6 juin |
7 au 13 juin |
14 au 20 juin |
21 au 27 juin |
28 juin au 4 juillet |
5 au 11 juillet |
12 au 18 juillet | 19 au 25 juillet | 26 juillet au 1 août | 2 au 8 août |
Total |
|
Lanaudière |
2 |
18 |
11 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 | 0 | 0 | ND |
31 |
|
Saguenay–Lac-Saint-Jean |
ND |
ND | ND |
6 |
3 |
6 |
0 |
0 | 0 | 0 | ND |
15 |
|
Gaspésie |
ND |
ND |
13 |
29 |
7 | 2 |
8 |
3 | 9 | 1 | ND |
72 |
|
Îles-de-la-Madeleine |
ND | ND | 0 | ND |
0 |
ND |
0 |
0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
|
Bas-Saint-Laurent |
ND |
ND |
13 |
5 |
6 |
1 |
1 |
0 | 0 | 0 | 2 |
27 |
|
Capitale-Nationale |
ND |
ND |
0 |
0 | 0 | 0 |
0 |
0 | 0 | ND | ND | 0 |
|
Chaudière-Appalaches |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 |
0 | 0 | 0 | 0 |
0 |
|
Estrie |
2 |
12 |
24 |
1 |
0 |
1 |
0 |
0 | 0 | 2 | ND |
39 |
|
Montérégie |
ND |
ND |
1 |
0 | 0 | 0 |
0 |
0 | 0 | 0 | 0 |
1 |
1. Données validées par le LEDP ND : donnée non disponible
Cet avertissement (pages 2 et 3) fournit davantage d’information sur la stratégie de lutte contre la mouche de la carotte.
Punaise terne
En Montérégie, la pression des punaises a justifié de nouveaux traitements dans les céleris-branches et les céleris-raves. Aucun traitement n’a été nécessaire dans le céleri-branche de la Capitale-Nationale.
Tableau 3 : Seuils d'intervention en fonction du stade du céleri-branche
| Moins de 10 cm | 1 individu par plant |
| De 10 à 45 cm | 1 individu par 5 plants |
| Plus de 45 cm | 1 individu par 10 plants |
Autres insectes dans la carotte
Les populations de cicadelles demeurent faibles dans toutes les régions, et les cas de jaunisse de l’aster sont stables dans les régions affectées (Lanaudière et Montérégie). Aucun nouveau traitement n’a été effectué contre l’altise à tête rouge. Les traitements effectués durant la période précédente ont été efficaces. Dans la Capitale-Nationale, on observe encore le papillon du céleri. Des pucerons et des scarabées japonais sont aussi rapportés dans Lanaudière. Finalement, des dommages typiques causés par les nématodes ont été observés dans un champ près de Québec. L’espèce en cause n’a pas été confirmée.
Autres insectes dans les céleris
En Montérégie, des interventions ont été nécessaires contre les altises à tête rouge dans le céleri-rave, ainsi que contre les thrips qui causaient des dommages au cœur de jeunes céleris-branches. Sinon, des cicadelles, des limaces, des mineuses et des pucerons sont observés, sans être problématiques. Dans la Capitale-Nationale, les altises à tête rouge et les pucerons n’ont pas nécessité d’intervention.
Carotte
Tache cercosporéenne (Cercospora carotae) et tache alternarienne (Alternaria dauci)
Les symptômes de tache cercosporéenne demeurent relativement faibles dans toutes les régions, avec des augmentations localisées dans certains champs. Les symptômes demeurent plus élevés en Montérégie que dans les autres régions. La tache alternarienne est peu ou pas observée. La régie fongicide se poursuit dans les champs les plus affectés
Les traitements débutent dès l’apparition des premières taches étant donné que le marché exige un feuillage parfait.
Carottes hâtives vendues en cellophane (sans feuillage)
Il peut être justifié d’intervenir au besoin selon l’intensité de l’infestation. La plupart du temps, la maladie ne se répand pas suffisamment pour nuire à la croissance de la carotte ou à la récolte.
Céleri
Cercosporose
La cercosporose demeure sous contrôle dans le céleri-branche en Montérégie.
Des interventions fongicides sont essentielles pour stopper la progression de ces maladies. Dès que des symptômes sont observés dans un champ, on recommande de :
- Commencer les traitements dans tous les champs de céleris de la ferme, que la maladie y soit présente ou non;
- Répéter les traitements tous les 7 jours si l’humidité à l’intérieur du feuillage demeure élevée;
- Circuler le moins possible dans les champs lorsque le feuillage est humide;
- Toujours commencer, lors des opérations culturales (pulvérisation, désherbage, etc.), par les champs sains et terminer par les champs les plus affectés. La machinerie agricole représente la source principale de dissémination de la maladie d’un champ à l’autre.
Anthracnose (Colletotrichum acutatum)
L’anthracnose a augmenté dans certains champs de céleri-branche en Montérégie, justifiant des traitements
Cet avertissement fournit plus d’information sur cette maladie.
Autres maladies dans le céleri
En Montérégie-Ouest, de la pourriture bactérienne a été observée dans le céleri-branche. On soupçonne quelques cas de jaunisse de l’aster dans le céleri près de Québec (Chaudière-Appalaches, Capitale-Nationale).
DÉSORDRES DANS LES CÉLERIS
En Montérégie, la gerçure du pétiole (carence en bore) et le cœur noir (carence en calcium) sont élevés dans certains champs de céleri-branche et des symptômes de carence en bore assez sévères (cœurs creux) ont été observés dans le céleri-rave. Quelques cas de montaison hâtive sont aussi rapportés dans le céleri-branche.
Des interventions (irrigation, apports foliaires) peuvent être effectuées afin de limiter les dommages. Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention du cœur noir, consultez les pages 4 et 5 de cet avertissement. Pour la gerçure du pétiole, consultez les pages 2 et 3 de cet avertissement.
CULTURES DE COUVERTURE
Avec le début des récoltes, il est temps de planifier l’implantation des cultures de couverture. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, dont l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol.
Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.
Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique :
-
Engrais vert (Guide de gestion globale de la ferme maraîchère biologique et diversifiée);
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Carotte et céleri ou le secrétariat du RAP. Édition : Amélie Picard, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

