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Laitue et chicorée, Avertissement No 17, 27 août 2026


Poursuite des récoltes. Pucerons, vers gris, cicadelles et punaises en Montérégie. Pucerons, altises et cicadelles près de Québec. Mildiou près de Québec. Mildiou et tache bactérienne en Montérégie. Maladies de sol variables. Désordres physiologiques à la récolte, pertes rapportées. Cultures de couverture.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS 

 
Pour la période du 19 au 25 août, les températures de jour sont restées autour des normales, souvent légèrement en-dessous, et sans excès de chaleur. Les températures de nuit sont restées fraîches, autour des normales. Il y a généralement eu une nuit sous la barre des 10 °C.  

Les précipitations ont été variables; quelques pluies fortes sont survenues par endroits, voir la carte des précipitations. De la grêle est aussi rapportée de façon localisée dans Chaudière-Appalaches avec des dégâts parfois importants. 

L’humidité relative élevée de même que les pluies et la rosée ont occasionné des périodes de mouillure prolongées favorables aux maladies foliaires. Ces conditions risquent de se répéter dans les prochains jours. 

Des dommages de pluie forte (feuilles déchiquetées) ont été rapportés en Montérégie. 

 

AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 
 
Les récoltes se poursuivent dans toutes les régions avec une qualité bonne à correcte. Les dernières plantations sont effectuées en Montérégie. 
 

INSECTES
 
Punaises
Les populations de punaises ternes adultes ont justifié quelques nouveaux traitements en Montérégie, dans les laitues pommées et romaines. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, les populations de larves et d’adultes de punaises ternes sont en augmentation, sans nécessiter de traitement.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant afin de détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Habituellement, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles  7 individus pour 30 plants 
Plus de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles  3 individus pour 30 plants

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 
Pucerons
La pression des pucerons diminue légèrement en Montérégie, mais des traitements sont encore nécessaires. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, les pucerons sont en augmentation, avec des pressions allant de faibles à élevées.

Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information, les pages 10 et 11 ainsi que la Figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec pour faciliter le dépistage.


Autres insectes 
En Montérégie, les vers gris ont encore nécessité une intervention pour prévenir les dommages dans les pommes de laitues pommées. Quelques traitements ont aussi été effectués contre l’altise à tête rouge. La présence des altises demeure tolérable près de Québec (Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches). Les cicadelles et les thrips sont présents mais sans déranger dans toutes les régions.

La stratégie d’intervention contre la cicadelle et la jaunisse de l’aster est présentée à la page 9 de cet avertissement.
 
 

MALADIES FOLIAIRES 

 
Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)

En Montérégie, les rosées continuent de favoriser l’augmentation du mildiou, et des symptômes sont déjà rapportés sur de jeunes plants. La régie fongicide se poursuit. Un site en laitue romaine près de Québec (Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches) est aussi fortement affecté par la maladie.

Dépistage
Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager. 

Prévention
Pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants à la maladie sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Voir cette fiche technique pour plus d’information. 

Tache bactérienne (Xanthomonas campestris) et tache luisante (Pseudomonas cichorii
En Montérégie, l’incidence de la tache bactérienne demeure élevée dans plusieurs champs, étant favorisée par les pluies fortes et les rosées prolongées de la dernière période. La récolte peut être affectée. Des traitements préventifs sont effectués afin de tenter de limiter la propagation de la maladie. La tache luisante est présente en faible proportion dans certains champs en Montérégie. 

Prévention
La propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter le plus possible l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque puisqu’ils demeurent mouillés plus longtemps.

Autres maladies foliaires 
La tache cercosporéenne (Cercospora longissima) demeure présente localement en Montérégie. La propagation de cette maladie peut être réduite en évitant le déplacement des travailleurs et de la machinerie au champ lorsque le feuillage est mouillé.

 

MALADIES DE SOL 

 
Les maladies de sol (affaissement sec, affaissement sclérotique, pourriture basale, moisissure grise) demeurent faibles près de Québec (Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches). L’affaissement sec et l’affaissement sclérotique sont élevés dans certains champs en Montérégie, atteignant jusqu’à 15 % de plants porteurs chacun. Pour plus d’information, veuillez consulter les fiches techniques relatives à ces maladies à la fin de cet avertissement. 
 
En Montérégie, la pourriture molle bactérienne (Pectobacterium carotovorum) est en diminution mais demeure bien présente dans certains champs de laitue pommée près de la récolte.

 

GESTION DE LA RÉSISTANCE AUX FONGICIDES 

 
À partir de la saison 2026, le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection du MAPAQ (LEDP) met en place un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.

Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain. 

Les analyses sont actuellement offertes dans la laitue pour le champignon pathogène suivant : pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum).

Si vous soupçonnez de la résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les pulvérisations inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable! 


 
DÉSORDRES  

 
La montaison prématurée et la brûlure de la pointe sont en augmentation dans les champs plus avancés en Chaudière-Appalaches. Des symptômes de nervation brune sont aussi rapportés dans des champs en excès de maturité en Montérégie.  
 
Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention de la brûlure de la pointe, consultez la section « Stratégie d’intervention contre la nécrose marginale (brûlure de la pointe) dans la laitue et le cœur noir dans le céleri » présentée aux pages 4 et 5 de cet avertissement.

 

CULTURES DE COUVERTURE 


Avec l’avancement des récoltes, des champs se libèrent pour l’implantation de cultures de couverture. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, dont l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.

Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

 

  
 

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter l'avertisseure du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Sophie Bélisle (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Laitue et chicorée
Date de publication : 27 août 2026
Infolettre Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP)

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