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Laitue et chicorée, Avertissement No 19, 10 septembre 2026


Poursuite des récoltes. Altises, cicadelles, chenilles et pucerons en Montérégie. Pucerons et cicadelles en suivi près de Québec. Mildiou et tache bactérienne. Affaissement sclérotique et moisissure grise en Montérégie. Montaison et brûlure de la pointe (« tip burn ») près de la récolte. Remerciements aux collaborateurs.

 
RÉSUMÉ MÉTÉOROLOGIQUE ET RISQUES ASSOCIÉS 

 
Pour la période du 2 au 8 septembre, les températures ont été fraîches et habituellement dans les normales saisonnières, de jour comme de nuit.  

Les précipitations ont été variables et certaines stations météo ont reçu plusieurs millimètres en peu de temps. Voir la carte des précipitations. L’humidité relative est restée élevée dans la majorité des régions.

L’ensoleillement a été bon en Montérégie, mais les autres régions ont connu des jours avec un mauvais ensoleillement en début de période.

 

AVANCEMENT DES SEMIS ET DES PLANTATIONS 
 
Les récoltes se poursuivent dans toutes les régions avec une qualité de correcte à bonne.
 

INSECTES
 
Punaises
La présence de punaises ternes (adultes et larves) est en augmentation en Chaudière-Appalaches et dans la Capitale-Nationale, sans toutefois nécessiter de traitement. En Montérégie, la pression des punaises diminue et aucun nouveau traitement n’a été nécessaire.

Dépistage des punaises
Pour dépister les punaises dans la laitue, on doit observer le dessus et le dessous de toutes les feuilles du plant afin de détecter la présence de l’insecte ou de dommages. Lors du dépistage, les punaises adultes ont tendance à s’envoler rapidement, tandis que les larves sautent sur le sol et cherchent plutôt à se cacher, rendant le dépistage difficile. Habituellement, les dommages sont constatés avant d’observer l’insecte. Les dommages sont souvent observés sur la nervure principale de la feuille. Il faut bien observer la base des feuilles de laitue (jonction avec la tige). Les punaises ternes sont généralement plus nombreuses près des bordures de champs. 
     
Le seuil d’intervention contre les punaises dans les laitues varie selon le type de laitue et le stade phénologique. Notez cependant qu’il peut être justifié d’intervenir plus rapidement si les punaises causent des nécroses et des déformations importantes ou si elles s’attaquent au point de croissance. 
 
Laitue pommée Moins de 10 feuilles  7 individus pour 30 plants 
Plus de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants
Laitue romaine et en feuille Moins de 10 feuilles  5 individus pour 30 plants
Plus de 10 feuilles  3 individus pour 30 plants

Veuillez consulter la fiche technique pour plus d’information. 
 

Pucerons
Des traitements sont encore effectués contre les pucerons en Montérégie. Dans la Capitale-Nationale et en Chaudière-Appalaches, la pression des pucerons est variable, sans justifier de traitement.

Dépistage et prévention
Le dépistage des plants est essentiel pour un bon contrôle des pucerons de la laitue : regardez les feuilles du cœur des laitues afin d’y détecter les pucerons ailés et le début des colonies de pucerons aptères. Les insecticides à faible risque offrent un bon contrôle des pucerons lorsque les colonies sont encore petites et que la pomme de la laitue n’est pas encore formée. Des cultivars résistants au puceron de la laitue sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Veuillez consulter la fiche technique Pucerons pour plus d’information, et les pages 10 et 11 ainsi que la figure 11 de la page 26 du Guide d’identification des pucerons dans les cultures maraîchères au Québec pour faciliter le dépistage.



Autres insectes 
En Montérégie, des interventions sont effectuées contre les altises à tête rouge, les cicadelles et les chenilles s’attaquant au feuillage. Dans cette région, des thrips et des vers fil-de-fer sont aussi observés, sans conséquence. Près de Québec (Chaudière-Appalaches et Capitale-Nationale), la pression des altises et des chenilles augmente dans certains champs, sans justifier d’intervention.

La stratégie d’intervention contre la cicadelle et la jaunisse de l’aster est présentée à la page 9 de cet avertissement.
 
 

MALADIES FOLIAIRES 

 
Mildiou de la laitue (Bremia lactucae)

La maladie demeure élevée en Montérégie, mais bien contrôlée par la régie fongicide. Aucun nouveau cas n’est rapporté dans la Capitale-Nationale ou en Chaudière-Appalaches.

Dépistage
Il faut prendre soin d’inspecter les deux côtés de toutes les feuilles du plant, en portant une attention particulière au feuillage près du sol (sous le plant), car la maladie y est souvent latente. Les principaux symptômes observés sont des taches jaunes délimitées par les nervures sur le dessus de la feuille, accompagnées de sporulation blanche semblable à du sucre en poudre. C’est la présence de cette sporulation blanche qui indique que la maladie est encore active et qui justifie la décision d’intervenir ou non. Les taches séchées ou qui ne sporulent pas ne permettent pas à la maladie de se propager. 

Prévention
Pour retarder la progression du mildiou, il est recommandé de planter les laitues dans le sens inverse des vents dominants afin d’éviter que le vent transporte les spores de mildiou des plantations plus âgées vers les plantations plus jeunes. Des cultivars résistants à la maladie sont aussi disponibles pour certains types de laitue.

Voir cette fiche technique pour plus d’information. 


Tache bactérienne (Xanthomonas campestris) et tache luisante (Pseudomonas cichorii
La tache bactérienne demeure problématique en Montérégie, particulièrement dans la laitue romaine, et des interventions sont effectuées. Aucun nouveau cas de tache luisante n’est rapporté.

Prévention
La propagation de cette maladie peut être rapide en conditions favorables. Comme elle se transmet facilement par contact et par éclaboussures, il faut éviter le plus possible l’irrigation par aspersion et la circulation de la machinerie et des employés dans le champ lorsque le feuillage est mouillé. Les champs où le volume foliaire est important sont particulièrement à risque, puisqu’ils demeurent mouillés plus longtemps.

 

MALADIES DE SOL 

 
En Montérégie, l’affaissement sec est en diminution, mais l’affaissement sclérotique augmente encore dans certains champs, et des traitements préventifs sont effectués. La moisissure grise est stable dans la Capitale-Nationale et en diminution en Montérégie. Cette maladie est généralement contrôlée par les fongicides préventifs appliqués contre l’affaissement sclérotique. Pour plus d’information, veuillez consulter les fiches techniques relatives à ces maladies à la fin du présent avertissement.

 

GESTION DE LA RÉSISTANCE AUX FONGICIDES 

 
Depuis 2026, le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ a mis en place un nouveau service spécialisé de détection de la résistance des champignons phytopathogènes aux fongicides reposant sur des bioessais.

Ce service vise à soutenir les producteurs et les conseillers agricoles dans l’adoption de stratégies de phytoprotection plus efficaces, durables et adaptées aux réalités du terrain. 

Les analyses sont actuellement offertes dans la laitue pour la pourriture sclérotique (Sclerotinia sclerotiorum).

Si vous soupçonnez de la résistance dans vos champs, la première chose à faire est d’en confirmer le diagnostic. Rappelons que vérifier la présence de champignons phytopathogènes résistants aux fongicides de manière à éviter les pulvérisations inutiles, c’est utiliser les pesticides de façon responsable! 


 
DÉSORDRES  

 
La montaison prématurée et la brûlure de la pointe (« tip burn ») sont toujours rapportées dans les laitues près de la récolte en Chaudière-Appalaches, ainsi que dans certains champs en Montérégie. 
 
Pour plus de détails sur les symptômes, les causes et la prévention de la brûlure de la pointe, consultez la section « Stratégie d’intervention contre la nécrose marginale (brûlure de la pointe) dans la laitue et le cœur noir dans le céleri » présentée aux pages 4 et 5 de cet avertissement.

 

CULTURES DE COUVERTURE 


Avec l’avancement des récoltes, des champs se libèrent pour l’implantation de cultures de couverture. Celles-ci jouent plusieurs rôles importants, dont la protection contre les érosions hydriques et éoliennes, surtout en terre noire. Cette pratique permet aussi d’accumuler les éléments nutritifs qui seraient autrement perdus par lessivage, comme l’azote, et d’accroître la biodiversité et l’activité biologique du sol. Les cultures de couverture jouent ainsi un rôle dans la gestion des mauvaises herbes et la lutte contre les agents pathogènes du sol. 

Plus l’implantation se fait tôt dans la saison, plus il y a de choix d’espèces disponibles.

Quelques documents permettent de mieux connaître les espèces végétales à privilégier et de comprendre les bénéfices de cette pratique : 
 

 
 
DERNIER AVERTISSEMENT ET REMERCIEMENTS AUX COLLABORATEURS
 

À moins que des événements particuliers ne surviennent au cours des prochaines semaines, cet avertissement devrait être le dernier de la saison. Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) repose sur un vaste réseau de conseillers agricoles qui acceptent généreusement de mettre leur expertise au service de la collectivité et de fournir des données. 

Voici la liste des principaux collaborateurs du sous-réseau Laitue et chicorée en 2026 :

Organisme Collaborateurs
Club Agroenvirotech Anne Leblond, technologue professionnelle
Mustapha Kerdjou
Eve-Marie Cyr
Isabelle Martineau, agronome
Club Les Productions Écolo-Max François Demers, agronome
DG Agri-Consultants inc. Danielle Gardner, technologue professionnelle 
Mélanie G.Thériault, technologue professionnelle 
Orion Sessou, agronome
Léontine Ndour
Armand Paquin
PRISME Carl Dion Laplante, agronome 
Emma Fortin  
Jacinthe Ricard-Piché  
Mireille Morin, agronome  
Roxanne Letendre 
Samuel Tremblay 
Réseau de lutte intégrée Bellechasse Denis Giroux, agronome
Andrée-Anne Rochon, agronome
Réseau de lutte intégrée Orléans Patrice Thibault, agronome
Anne-Marie Lefrançois, agronome
Alexandre Pouliot, agronome

 

  
 

Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques.



Cet avertissement a été rédigé par Carl Dion-Laplante, agr. (PRISME) et Eve Abel, agr. (MAPAQ). Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Laitue et chicorée ou le secrétariat du RAP. Édition : Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. et Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.

Organisation : Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ)
Auteur(s) : RAP - Laitue et chicorée
Date de publication : 10 septembre 2026
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