
Le cas soupçonné de mildiou présenté dans l’alerte du 11 septembre dernier a finalement été confirmé par le Laboratoire d’expertise et de diagnostic en phytoprotection (LEDP) du MAPAQ. Il s'agirait du génotype US-23, selon les données obtenues actuellement. Il s’agit donc du premier cas de Phytophthora infestans rapporté pour la saison 2026. Ce dernier a été identifié dans la tomate de champ, dans la MRC du Haut-Saint-Laurent (Montérégie-Ouest).
Photos : Groupe PleineTerre inc.
Le mildiou se développe sur les tissus foliaires de 4 à 10 jours après l’infection. De nouveaux symptômes pourraient donc être observés dans la MRC du Haut-Saint-Laurent, dans la Montérégie ou même ailleurs. Les conditions favorables à la maladie sont :
- l'humidité relative élevée (> 90 %) ou une longue période de mouillure;
- les températures de jour entre 15 et 20 °C;
- les températures de nuit entre 10 et 15°C.
Les températures prévues dans les prochains jours pourraient encore être favorables à la maladie, particulièrement dans le sud de la province.
Actions recommandées
Présence de mildiou dans une de vos parcelles
- Raccourcir l’intervalle de traitements si les conditions sont favorables.
- Intégrer des produits ciblant spécifiquement le mildiou, dont des antisporulants. Les fongicides avec effet rétroactif peuvent aussi être utilisés.
- Lors du dépistage et des opérations culturales, visiter les champs atteints en dernier.
- Détruire rapidement et complètement les plants ou les champs atteints, sur une superficie deux fois plus grande que la zone atteinte. Le brûlage ou l’arrachage sont des options en culture biologique. Le mildiou ne survit pas sur le matériel végétal mort et desséché.
- Nettoyer la machinerie et les outils à la sortie du champ contaminé. Attention aux vêtements, chaussures et outils de récolte qui peuvent aussi être des vecteurs!
- Prévenez les voisins qui cultivent des pommes de terre, des tomates, des poivrons ou des aubergines afin qu’ils puissent vérifier si le mildiou est présent dans leurs cultures et prendre les mesures nécessaires.
Pour les producteurs de la région touchée
- Un dépistage plus serré permettra la détection des foyers d’infection dès leur apparition : si un suivi une fois par semaine de tous les champs n'est pas possible, prioriser les zones à risque.
- Rapprocher les pulvérisations préventives (aux 5 à 7 jours, selon les conditions météorologiques) en alternant fongicides de contact et fongicides pénétrants.
Pour les producteurs hors de la région touchée
- Un dépistage plus serré va permettre d’identifier des foyers d’infection dans vos champs dès leur apparition.
- Poursuite des traitements préventifs. Si les plants sont encore en croissance, assurez-vous que le fongicide utilisé protège les nouvelles pousses.
- Fréquence des traitements selon les conditions météorologiques :
- 5 à 7 jours : temps pluvieux, rosées abondantes favorisant le déplacement et la germination des spores;
- 7 à 10 jours : temps variable;
- 10 à 14 jours : temps chaud et sec.
À ce stade-ci de la saison, si la maladie est identifiée ou soupçonnée, il serait judicieux de détruire les plants et/ou la parcelle et de disposer de manière appropriée des résidus de culture.
Si vous soupçonnez la présence du mildiou, contactez votre agronome ou un conseiller du MAPAQ du bureau régional le plus proche pour obtenir de plus amples informations et prendre les mesures nécessaires. Bien que le mildiou ne soit pas une maladie à déclaration obligatoire en dehors des zones de culture protégées, notez qu'il s'agit d'un organisme nuisible réglementé en vertu du Règlement sur la culture de pommes de terre (RCPT). L’article 6 de ce règlement indique que le propriétaire ou le gardien d’un bien infecté (dont une parcelle en culture) doit prendre des mesures pour éviter la propagation du mildiou, notamment par la destruction des végétaux infectés.
Pour plus d’information sur les symptômes et les méthodes de lutte
- Fiche Le mildiou, une maladie à surveiller
- Solanacées, Fiche technique : Mildiou de la tomate en champ : biologie, dépistage, ne pas confondre, facteurs de risque, prévention et interventions
- Bulletin d'information Principaux fongicides et biofongicides homologués dans les solanacées en 2026
- Bulletin d'information Spécial phytoprotection bio
- Stratégies d’intervention contre le mildiou dans la tomate et dans la pomme de terre : le document ou la vidéo (Nadia Surdek, agr., Groupe PleineTerre) : détermination du niveau de risque et interventions à privilégier dans chaque cas
- Lutte au mildiou de la pomme de terre : mieux connaître les fongicides homologués afin de mieux les utiliser (Sébastien Martinez, agr., M. Sc. et Roger Reixach-Vilà, M. Sc., CIEL) : modes d’action et contexte d’utilisation optimal des fongicides homologués contre le mildiou dans la tomate et la pomme de terre
- Le mildiou de la PDT - pomme de terre et tomate bio (Denis Giroux, agr., Réseau de lutte intégrée Bellechasse, Club Agro en Horticulture)
- Productions végétales - Protocole de déplacement : biosécurité pour limiter la propagation des organismes nuisibles
| Toute intervention envers un ennemi des cultures doit être précédée d’un dépistage et de l’analyse des différentes stratégies d’intervention applicables (prévention et bonnes pratiques, lutte biologique, physique et chimique). Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) préconise la gestion intégrée des ennemis des cultures et la réduction des pesticides et de leurs risques. |
Cet avertissement a été rédigé par Marianne St-Laurent, agr., M. Sc. (MAPAQ) à partir de l'alerte N° 1 du 11 septembre 2026. Pour des renseignements complémentaires, vous pouvez contacter les avertisseurs du sous-réseau Solanacées ou le secrétariat du RAP. Édition : Cindy Ouellet (MAPAQ). La reproduction de ce document ou de l’une de ses parties est autorisée à condition d'en mentionner la source. Toute utilisation à des fins commerciales ou publicitaires est cependant strictement interdite.



